[critique série] DIX POUR CENT

Série créée par Fanny Herrero d'après une idée originale de Dominique Besnehard, Michel Vereecken et Julien Messemackers, diffusée à partir du 14 octobre 2014 sur France 2.

Réalisé par Cédric Klapisch, Lola Doillon et Antoine Garceau

Avec Thibault de Montalembert, Camille Cottin, Grégory Montel, Liliane Rovère...

[critique série] DIX POUR CENT

Après Un Village français, Fais pas ci, fais pas ça ou encore Ainsi soient-ils, les scénaristes français confirment qu'il est possible d'innover sans imiter les Américains ! Puisant leur inspiration dans notre paysage socio-culturel, l'équipe de scénaristes (ils sont dix !) de DIX POUR CENT nous introduit dans le petit monde fantasmatique mais mystérieux des agents d'acteurs. " Dix pour cent " correspond à la commission empochée par un agent lorsqu'un de ses " talents " signe un contrat. Moitié copain des stars, moitié requin, entre cynisme, cool attitude ou passion un peu brutale pour le cinéma, chaque agent aborde le métier de manière -très- personnelle. On suit dans la série les membres de l'agence ASK, Mathias Barneville ( Thibault de Montalembert), Andréa Martel ( Camille Cottin), Gabriel Sarda ( Grégory Montel) et Arlette Azéma ( Liliane Rovère), dans leur quotidien overbooké par les dîners, tournages et sévères négociations avec des artistes de tous bords.

[critique série] DIX POUR CENT

Les six épisodes de cette première saison s'enchaînent parfaitement, se grignotent telles de délicieuses friandises. Les répliques, justes et piquantes, sont parfaitement servies par les premiers rôles. Mais ces derniers sont secondés par une flopée d'acteurs. Laure Calamy, Fanny Sidney ou encore Nicolas Maury amènent une grande diversité de personnages, attachants ou horripilants. A chaque épisode sa ou ses guest star, qui n'hésitent pas à railler leur propre milieu. Jeunes acteurs ou vieilles gaillardes, les artistes se mettent eux-mêmes en boîte, souvent de manière jubilatoire. On assiste par exemple à de mémorables joutes entre Line Renaud et Françoise Fabian qui se disputent violemment un rôle. Le mélange d'humour et de documentation, amenée probablement par Dominique Besnehar, ancien agent artistique et instigateur de cette production, rend DIX POUR CENT profondément originale. Il attise notre curiosité, qu'elle soit cinéphile ou profane.

Cédric Klapisch à la baguette pour plusieurs épisodes, on retrouve le rythme si percutant qu'on lui connaît quand il réalisait Un air de famille. Le cinéaste parvient, comme il le faisait dans ce film, à aborder les sujets les plus sérieux dans la série (l'intimité, le désœuvrement lié à l'âge ou les relations familiales) avec un humour toujours percutant. La nervosité de la mise en scène introduit une constante ironie, interpelle et divertit à la fois, par ses propos comme par sa forme.

[critique série] DIX POUR CENT

Le script nous emmène donc vers des questionnements profonds, sur la transmission ou les limites à ne pas dépasser pour obtenir ce que l'on veut. A ce moment, le scénario gagne en subtilité. L'écriture acide et les situations parfois burlesques posent un regard critique sur le milieu du cinéma. Elles nous rappellent que le 7ème Art est et a toujours été, depuis sa création, une véritable industrie, une véritable économie.

L'édition en DVD et Blu-Ray de DIX POUR CENT est disponible depuis peu chez TF1 Vidéo. Vous retrouverez dans la version Blu-Ray l'excellente photographie de la série en Haute Définition, comme à sa diffusion. Une version sous-titrée pour personnes sourdes et malentendantes est disponibles pour chaque épisode. En revanche, grosse déception : aucun bonus ! Comme dans toutes bonnes séries, on s'attache aux personnages et aux acteurs (la palme à la décapante Camille Cottin), on découvre de nouveaux visages parmi les interprètes (la magnifique Stéfi Selma). On s'attendait ainsi à découvrir dans le DVD/Blu-Ray au moins quelques suppléments. Ici, rien !

Bien que la pauvreté des contenus annexes nous laisse, pour la présente édition, sur notre faim, DIX POUR CENT vaut vraiment le détour !

Pauline R.