Dominicalement vôtre – Le Diable par la queue

Par Z. @Bizardbizard

Philippe De Broca, 1969

Diffusion dimanche 13 décembre, 20H55, D8

Après un mois d'absence dominicale, Bizard Bizard est bien décidé à revenir dans sa zone de confort, soit un canapé à l'ombre de la télé. N'allez pas penser que ce come back a été orchestré de façon synchronisée avec le programme télévisé de Noël, parce qu'on vous le dit, les festivités ne sont pas les reines de la soirée. Bien qu'on ne puisse pas parler de catastrophe, force est de constater que ce n'est pas franchement la grosse fiesta sur les chaînes télé.

Mais vous savez désormais, que dans la joie comme dans la peine, vous avez un fidèle serviteur dominicale dont la seule tâche est de trouver comment vous divertir en ces veilles de lundi matin. Et c'est mission accomplie ! Bizard Bizard a trouvé la petite pépite de ce soir : Le Diable par la queue.

Dans un château en état de délabrement avancé vit une marquise (Madeleine Renaud), son fils le comte (Jean Rochefort), sa femme la comtesse (Maria Schell) et leur fille (Marthe Keller) la baronne de Coustines. Las de devoir survivre dans ces ruines et dans leur routine, en plaçant des tasses pour éviter l'inondation des combles, la famille de châtelains décide de mettre les petits plats dans les grands. Profitant de la passion qu'éprouve le garagiste du village (Xavier Gélin) pour la jeune baronne, les malheureux aristocrates font appel à son concours afin d'attirer des voyageurs au château. La méthode est simple : il trafique leur voiture afin qu'ils ne puissent pas repartir et soient obligés de payer ne nuit d'hôtel dans la demeure " historique ". Mais lorsqu'un beau gangster (Yves Montand) franchit les portes du château avec une valise pleine de billets, il ne faut pas plus d'un conseil de famille improvisé sur les bancs de l'église, pour décider les héritiers désargentés à s'en emparer, quitte à devoir le tuer.

Le Diable par la queue est la comédie parfaite dont tout un chacun a besoin. Grâce à ce film le reste de l'existence se mettra naturellement en mode avion afin de vous offrir une évasion étonnante durant une heure trente.

En effet, la loufoquerie des dialogues et des personnages so 60's est absolument délicieuse. La décadence de leurs existences est mise en scène de façon drôle et décalée en s'appuyant sur les contrastes, entre passé et modernité (la baronne en mini-jupe qui ne cesse de se tenir dans des positions mi-enfantines mi-tendancieuses en ces lieux " historiques ") ou encore entre héritage aristocratique et pauvreté (la famille tient à son domaine et à ses valeurs tout en devant s'adapter aux nouvelles mœurs et à leur situation financière compliquée). Ce film nous ouvre les portes de l'oisiveté et du n'importe quoi de la façon la plus comique qui soit, grâce à ces protagonistes, son ambiance et son esthétique particulière où le beau qui commence à pourrir a besoin de vie pour se maintenir.

Ajoutez à ça un casting parfait, des punchlines à foison, une mamie aristo-déglinguée et vous tenez la parfaite soirée.

Pour achever de vous convaincre nous conclurons par les mots du comte de Coustines " vous allez connaître la vraie volupté, celle de ne rien faire ".

(Et vous serez désormais condamnés à rire bêtement chaque fois que vous entendrez le mot " historique ")

Crédits images: phillippedebroca.com (couverture) - cinema.nicematin