Marguerite et Julien (2015) de Valérie Donzelli

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Après "La Reine des Pommes" (2010), "La Guerre est déclarée" (2011) et "Main dans la main" (2012) Valérie Donzelli retrouve sa muse et co-scénariste Jérémie Elkaïm (et accessoirement son ex) pour leur quatrième film en commun. Cette fois ils quittent leur univers contemporain pour s'atteler à un scénario de Jean Gruault qui était destiné à l'origine au réalisateur François Truffaut ! À l'instar d'autres réalisatrices dont certains se font un malin plaisir à jouer la mauvaise foi la plus détestable (on pense à Maïwenn dernièrement) nul doute que Valérie Donzelli sera d'emblée critiquer comme une présomptueuse, une prétentieuse qui ose s'approprier un projet du grand François Truffaut... Mais leur en déplaise Valérie Donzelli a, jusqu'ici, signé des films originaux et riche d'une vraie richesse.

Note :

Finalement le sujet ne pouvait qu'être pour le duo Donzelli-Elkaïm, une thématique qui n'est pas si éloignée de ses autres films, à savoir l'amour passionné et désiré mais impossible. Adapté de l'histoire vraie de Marguerite et Julien de Ravalet Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm y ont ajouté leur grain de sel, leur grain de folie, leur petit plus à eux pour en tirer un conte romanesque et funeste en modernisant le plus possible en se jouant notamment des époques. La réalité historique n'est certainement pas dans la reconstitution "technique" des détails familiaux, des costumes et des décors (bienn que tourné dans le vrai château de Ravalet !) mais les faits intimes aux couples et l'essence même de cette histoire est assurément assez bien ressentie. Malheureusement joué avec les époques donnent obligatoirement des anachronismes. Si la plupart reste plutôt bien intégré au récit on reste perplexe par exemple sur l'hélicoptère, un peu de mesure et de cohérence aurait été plus judicieux. La grande réussite est d'être resté intelligemment neutre sur la question de l'inceste. Sujet au combien litigieux auquel le couple, joué par Jérémie Elkaïm et Anaïs Demoustier, donne une dimension accidentelle et "maladif" idéale. Il manque aussi une dimension romanesque et lyrique un peu plus assumée. Un petit manque de rythme aussi sans doute due à une première partie qui prend trop son temps. La toute fin, l'épilogue philosophique, est sans doute pas des plus inspiré, on cherche encore le lien tangible avec le film qu'on vient de voir. Néanmoins le duo Donzelli/Elkaïm offre une nouvelle fois un film entre tragique et fantaisie qui souffle un air de mélancolie touchant. Dans le même temps, il s'agit sans doute du film le moins abouti des quatre...

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