STEVE JOBS (Critique)

STEVE JOBS (Critique)STEVE JOBS (Critique)SYNOPSIS: Situé dans les coulisses de trois lancements de produits emblématiques et se terminant en 1998 avec le dévoilement de l'iMac, Steve Jobs nous entraine dans les coulisses de la révolution numérique pour peindre un portrait intime de l'homme brillant à son épicentre.

Danny Boyle est l'un des réalisateurs à la filmographie la plus variée et la plus intéressante du moment. La drogue ( Trainspotting, en 1996), la soif de liberté absolue ( La plage, 2000), la pauvreté en Inde ( Slumdog Millionnaire, 2008et 8 Oscars, dont celui, surprise, du meilleur film), le huis-clos spatial ( Sunshine, 2007) ou encore le thriller psychologique ( Trance, 2013), le réalisateur Britanniquen'a peur d'aucun sujet, et joue sa carte toute personnelle, en avant des tendances (il était l'un des premiers à relancer et à moderniser le classique film de morts-vivants dans 28 jours plus tard en 2002) et avec son style à lui. A savoir, un montage audacieux ( Slumdog Millionaire est en majeure partie une succession de flash backs, Trance est un labyrinthe autant psychologique que visuel) et des acteurs, têtes d'affiches ( Di Caprio pour son premier film post- Titanic, James MacAvoy à peine auréolé de son rôle de Professeur Xavier dans X-Men) ou quasi inconnus ( Dev Patel et Freida Pinto révélés par Slumdog Millionaire, Cillian Murphy par 28 jours plus tard, Ewan Mc Gregor par Petits Meurtres entre amis et Trainspotting) en mesure de donner toute l'étendue de leur talent pour de personnages et des histoires qui sortent de l'ordinaire. Bref, Boyle est un artisan qui connait ses forces et n'hésite jamais à prendre des risques. Mise en danger qu'il réitère avec ce tant attendu Steve Jobs, dont on entendra à coup sûr parler aux Oscars 2016.

STEVE JOBS (Critique)

Aucun personnage contemporain n'a généré autant de commentaires, de son vivant comme après sa mort, que Steve Jobs, le charismatique fondateur d' Apple. Polémique, Jobs l'est par son caractère hors-norme, ses colères, son exigence, qui ont autant participé à son succès qu'elles l'ont exposé à des torrents de critiques de ses collaborateurs, de ses détracteurs comme de ses proches. Passionnante, la vie de celui qui est aussi à l'origine des Studios Pixar l'est indubitablement lui qui, orphelin d'origine, passera de la bricole des premiers ordinateurs personnels dans son garage à la création d'Apple, avant de se faire renvoyer de sa propre compagnie, pour mieux y revenir quelques années plus tard et lancer l'iMac, l'iPhone et l'iPad, et ainsi changer la vie de millions de consommateurs. Sa vie est un roman, lui qui, dans sa jeunesse, a failli tout quitter à l'occasion d'un voyage en Inde afin de méditer, considérait que la consommation de LSD était l'une des expériences les plus importantes de sa vie, et a appelé son premier projet d'ordinateur du nom d'une fille qu'il ne voulait pas reconnaître, LISA. Une mine d'or pour le cinéma donc. Après un premier passage à l'écran sous les traits de l'insipide Ashton Kutcher, Steve Jobs a enfin ce qu'il mérite, avec un film aussi ambitieux que lui, un acteur habité, et surtout un scénario particulièrement original, qui ne manquera pas de désarçonner ceux qui pensent aller voir un biopic classique.

STEVE JOBS (Critique)

Car le film de Danny Boyle se concentre sur les quelques minutes précédent 3 conférences (les fameuses Key Notes) essentielles de la vie de Jobs : le lancement de son ordinateur LISA en 1984, de son projet NEXT en 1988, après avoir été viré de son entreprise, et de l'iMac en 1998, après son retour triomphal à la tête d'Apple. 3 actes, chacun ayant son unité de lieu (les salles de conférence), de temps (tout se passe en temps réel) et de personnages. Le scénario, signé Aaron Sorkin (oscarisé pour The Social Network) et basé sur l'excellente biographie, officielle mais non complaisante, de Walter Isaacson fait en effet le choix de traiter de front plusieurs sujets, chacun plus ou moins porté par un personnage important de la vie de Jobs. Ainsi Steve Wozniak apparaît à chaque fois pour parler de la place des collaborateurs dans la réussite de l'entreprise ; son ex-compagne et sa fille Lisa apparaissent pour aborder sa vie sentimentale et familiale ; John Sculley, CEO d' Apple, est là pour évoquer les relations tendues entre Jobs et les actionnaires de sa société.. Le film pourrait presque être une pièce de théâtre, tant les personnages entrent et sortent du cadre, se croisent et s'évitent, le tout orchestré par la responsable du marketing de Jobs, Joanna Hoffman. D'abord déstabilisant, le procédé s'avère rapidement gagnant, car sa fluidité permet sans aucun accroc d'introduire des flash backs essentiels à l'histoire, tout en permettant aux acteurs de s'exprimer de leur mieux. Plonger dans le film de Boyle, c'est aussi se fondre dans l'esprit hyperactif de son personnage principal : on en sort presque épuisé.

STEVE JOBS (Critique)

De très nombreux acteurs ont été annoncés successivement pour le rôle de Steve Jobs : George Clooney (!), Leonardo DiCaprio, et surtout Christian Bale, lorsque le projet était porté par David Fincher. C'est finalement Michael Fassbender qui s'y colle, et avec quel talent ! Aussi sec que le vrai Jobs, charismatique, manipulateur, froid, cynique, colérique, mais aussi charmeur, drôle, touchant, l'acteur Germano-Irlandais a de fortes chances de décrocher sa 2e nomination aux Oscars (sa 1ère en tant qu'acteur principal). Autour de lui un casting sans faute qui de Kate Winslet ( Joanna Hoffman) à Jeff Daniels ( John Sculley), ou encore Seth Rogen ( Steve Wozniak) pourraient également prétendre à une nomination à la statuette. Bref, vous l'aurez compris, ce Steve Jobs vaut le coup !

STEVE JOBS (Critique)

Titre Original: STEVE JOBS

Réalisé par: Danny Boyle

Genre: Biopic, Drame

Sortie le: 03 février 2016

STEVE JOBS (Critique)EXCELLENT