Jurassic World

Jurassic World
L'Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d'attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude.

Jurassic World – 10 Juin 2015 – Réalisé par Colin Trevorrow
Les mayas avaient prévu la fin du monde pour fin 2012 mais pas celle de nos souvenirs d'enfance en 2015 !!! Et je pense que vous avez deviné des films dont je parle. Terminator Genysis (Que Je chroniquerai un jour) et bien sur de «Jurassic World » qui est à l'heure actuelle, le troisième plus gros succès de tout les temps. Une surprise totale car rien ne laissait présager un tel raz de marée … Mais est-ce un gage de qualité ? Hélas non, car avec un développement de près de treize ans, le résultat n'est pas à la hauteur des attentes …
Cela fait plus de 20 ans qu'un grand rêveur, un certain John Hammond cru en un rêve au demeurant impossible. Celui d'ouvrir un parc à thème dont les attractions seraient des dinosaures. Une seule visite pouvait rendre cela concret mais rien ne se passa comme prévu.
Car la nature repris ses droits, bien aidée par l'avidité de l'homme et par son incommensurable arrogance. Quatre années plus tard c'est le neveu de John Hammond qui voulu créer un parc sur le continent mais tout comme les événements survenus sur Isla Nublar précédemment, ce fut un fiasco coûteux en vies. Et apprend t’on vraiment de ses erreurs ? Non vu que quinze ans après la catastrophe de San Diego, le parc tant rêvait par Hammond prenait enfin vie sur lsla Nublar. Porté par le milliardaire Simon Masrani le parc allait réaliser les rêves les plus fous des visiteurs …
Dirigé avec beaucoup de maîtrise par Claire Dearing, le parc est un vrai parc d'attractions moderne. Ou l'on ne donne pas ce que le public veut mais bien ce que le public n'a jamais encore imaginé. Et poussés par un patron à en faire toujours plus, à maintenir un haut niveau de fréquentation, ils créent le premier dinosaure hybride. Plus grand et plus terrifiant qu'un T-Rex, l'Indominus Rex fera faire des cauchemars a tous les visiteurs. Ce que Masrani et Dearing n'ont pas prévu, c'est qu'ils allaient en perdre le contrôle ….
A quelques exceptions près bien évidemment cela me rappelle un autre film ?
Un riche milliardaire (re)construit un parc avec des dinosaures ou des généticiens manipulent l'adn pour créer des dinosaures de plus en plus gros quand un incident fait de ce rêve un cauchemar.
Mais bien sur c'est Jurassic Park Bis ! On ouvre le parc et on modifie quelques trucs pour faire croire que c'est original.

Jurassic World

"Jurassic Park ? Non Jurassic World"

Ce que j'ai du mal à comprendre aux vues du parcours de développement. Au début le scénario est confié a William Monahan pour une sortie prévu en 2005 toujours réalisé par Joe Johnston. En 2004 le script est réécrit une fois, repoussant le tournage de six mois pour une sortie à l'hiver 2005. Et puis il y eu les nombreuses réécritures du script demandées par Spielberg, que confie Stan Winston quand il parle du retard du film. Puis viennent les inévitables drames de la vie avec en 2008 le décès de Stan Winston, puis celui de Michael Crichton, ce qui compromet grandement la réalisation d'un nouveau film. Un an plus tard, Johnston évoque la possibilité de la relancer le projet avec une nouvelle trilogie. Et c'est en 2011 au Comic Con de San Diego que Spielberg dévoile que le projet est bien avancé. Les scénaristes du reboot de la Planete des Singes sont engagés, deux ans plus tard Colin Trevorrow est engagé comme réalisateur et le projet à un nom officiel « JURASSIC WORLD » !

Et c'est le 10 Juin que le film débarque en salle, avec son lot d'inquiétudes. Me concernant, je n'ai toujours pas trouvé l’intérêt de cette suite que je n'ai pas aimé. Toutefois j'y reconnais deux qualités, celles d'avoir enfin porté a l'écran le parc tel qu'il était rêvé en 93 puis d'avoir assumer son statut de pur produit d'entertainment.

Jurassic World

"Bienvenue au Club Me... Non a Jurassic World"

Le parc à enfin ouvert 22 ans après Jurassic Park et il est évidemment éloigné de ce que l'on avait vu avant et c'est ce qui est intéressant. Dans une optique typiquement capitaliste, le parc en met plein la vue, avec les hôtels de luxe majestueux, les nombreuses boutiques de souvenirs, les attractions gigantesques (comme les gyrosphères qui permettent aux clients de se promener parmi des dinosaures ou encore le parc aquatique avec le masosaures), les moyens de locomotions modernes et les dinosaures génétiquement modifiés. Tout est fait pour surprendre a chaque fois un client avide de nouveauté. Une course terrible à l'innovation qui montre «simplement » les dérives de la génétique mais aussi celui d'un modèle ou seul l'argent prévaut. Un scène très drôle est symptomatique de ce mal, quand Claire Dearing explique le pourquoi du nom « Indominus Rex » et ironiquement c'est de lui que partira l'action …
Passées les scènes d'expositions qui montrent le parc et les personnages, on rentre très vite dans le vif du sujet. L'Indominus Rex sème la mort et le chaos sur son passage. Ce qui s’avère être un terrain fertile pour développer plusieurs scènes d'actions, a base de gyrosphères, d'embuscades, de lâcher de dinosaures pour finir sur une battle royale. Colin Trevorrow ne perd jamais de temps et enchaîne ainsi avec rythme cette folle poursuite à travers Isla Nublar. Sauf que malgré tout cela n'en fait pas un bon film pour autant. A cause notamment d'une écriture paresseuse qui fait de ce film un Jurassic Parc low-cost (Et pas du bon low-cost).

Jurassic World

"Pourquoiii on a signé !!!" 

Pourtant cela aurait pu être bien car avec Rick Jaffa et Amanda Silver qui ont écrit La Planète des singes : Les Origines, ils avaient tout en main pour faire quelques choses de neuf avec quelques références ici et là. Une histoire ou l'on se serait tourné vers l'avenir avec un regard tendre porté en arrière mais ils ont joué la facilité en calquant tout les éléments principaux de l'intrigue sur celle du film de 1993. Un milliardaire ouvre un parc avec des dinosaures (Masrani/Hammond), deux enfants viennent voir l'un de leurs parents (Hammond/Dearing), une visite de sécurité qui tourne au fiasco (Grady/Grant, Malcolm, Satler), un dinosaure en liberté (Trex/Indominus Rex), les deux enfants en danger, (Neveux de Dearing/Petits enfant de Hammond), bloqués dans un véhicule (Gray, Zack/ Lex, Tim)complot dans le dos du gérant du parc (Nedry/Wu et Hoskins) et final au bâtiment principal de l'ile (Trex/TRex vs Indominus Rex vs Velociraptor). Il faut ajouter à ça toutes les références sur Jurassic Park , elles sont tellement nombreuses qu'elles en deviennent indigestes et surtout elles sont balancées à la gueule du spectateur avec si peu de finesse que cela en devient ridicule !
Mais au delà d'un simple calque, le film est d'un basique hallucinant. Colin Trevorrow fait dans le fonctionnel et ne s’embarrasse pas avec tout ce qui est ambiance, suspense ni des personnages. Il rend tout ça très artificiel et tout se repose sur un héritage très mal digéré. Prenons le thème de John Williams. Fait-il rêvé ? Non et on n 'est jamais touché par son utilisation, ce que l'on voit est trop simple pour que l'on y adhère.

Jurassic World

"Mon pote le raptor et moi"

Ensuite les quelques rares bonnes idées ne sont jamais exploitées à 100%, on voit très peu le fonctionnement du parc par exemple comme toutes les petites attractions annexes qui font tout le charme d'un parc ou encore le dressage des raptors qui sur le papier est une idée « valable » mais qui ne dépasse pas ici celle du vulgaire gadget.

Le cas de l'Indominus est à part. Certes il est la principale menace du film mais on a du mal à la voir comme tel car les scénaristes ne semblent pas non plus avoir pris le temps d'en définir les contours, cantonnant ce dinosaure à une pure bête de foire trop « cool ». Dommage car c'est une bête hybride au comportement de psychopathe, voire un peu trop et a chaque fois qu'elle apparaît, ils semblent s’être juste dit « Rajoutons une nouvelle caractéristique » car nous ne savons pas quoi faire et c'est idiot car cela désamorce toute la tension amenée par un Indominus Rex en liberté. Et cela handicape clairement l'action car avec une telle caractérisation, on a zéro surprise et zéro moment fort.

Jurassic World

"C'est pas très Finley de me faire jouer si peu Colin"

Ensuite les personnages semblent tout droit sortis des années 80 ! Chris Pratt joue le mâle alpha de base machiste avec les relents sexistes qui vont bien, Bryce Dallas Howard est la femme qui ne s'affirme jamais sauf a la fin ; Vincent d'Onofrio est un méchant très méchant, zéro nuance ! Irrfan Khan un milliardaire qui ne réfléchit jamais et qui semble tout le temps à l'ouest. Ty Simpkins et Nick Robinson sont des caricatures à eux seul s ... Et cela se sent dans leurs façon de jouer, on est soit dans le trop sérieux ou dans l'exagération.
Puis comment ne pas rire du comportement des personnages ?
- Grady qui rentre dans l'enclos de l'Indominus Rex par une petite porte pour vérifier ce qu'il s'est passé, sans être sure d’où se trouve ce méchant psychopathe de dinosaure !
Alors que mince s'il était vraiment sorti, invisible ou pas, il aurait fait un bordel pas possible non ? Pour ensuite voir Grady courir comme un dératé vers le grand portail qui s'ouvre …
Et la petite porte ?
- Claire Dearing qui est confiante quant aux succès de l'unité de confinement. N'a t-elle pas entendu parler de ce qui c’était passé précédemment ?

- L'échange ubuesque entre Masrani et Wu sur l'Indominus Rex ou chacun se renvoi la balle avec un air surpris à chaque fois au sujet de « Qui est responsable ? ». Ce qui ne rassure pas sur le sort que connaîtront peut être les voyageurs du parc …
- Ou encore le T-Rex qui attend sagement Claire Dearing à la fin pour aller botter le cul de l'Indominus Rex …
J'ai eu beau en rire, cela me navre profondément donc je ne continuerai pas …
Toutes la faiblesse du film est ici ! Colin Trevorrow n'a jamais digéré l'héritage laissé par Spielberg coincé qu'il est par son statut de fan. Il ressert ce qu'il a vu en plus « gros » mais sans la maîtrise ni l'imagination qui caractérisait l’œuvre de 1993.

Jurassic World

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