Au cinéma : «Le Petit Prince»

Après avoir co-réalisé « Kung Fu Panda » des studios DreamWorks Animation, Mark Osbourne nous livre son deuxième long-métrage d’animation avec « Le Petit Prince ». Riley Osborne, Mackenzie Foy, Jeff Bridges prêtent leur voix aux personnages principaux. Irena Brignull et Bob Persichetti signent le scénario d’après l’œuvre littéraire homonyme d’Antoine de Saint-Exupéry. Le long-métrage fût présenté en sélection officielle, hors-compétition, lors du 68ème Festival de Cannes. « Le Petit Prince » sort dans nos salles françaises le 29 juillet 2015.

Synopsis : C’est l’histoire d’une histoire. C’est l’histoire d’une petite fille, intrépide et curieuse, qui vit dans un monde d’adultes. C’est l’histoire d’un aviateur, excentrique et facétieux, qui n’a jamais vraiment grandi. C’est l’histoire du Petit Prince qui va les réunir dans une aventure extraordinaire.

Nouvelle adaptation de l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry, « Le Petit Prince » tient plus de l’adaptation « très » libre, que de la transposition fidèle. En effet, la narration est découpée en deux parties distinctes avec d’un côté le quotidien d’une petite fille, dont la mère a tracé l’avenir à coups de grandes écoles et d’assiduité dans son travail, et d’un autre côté l’histoire du Petit Prince. Le rythme entre les deux parties fonctionne assez bien, laissant assez de place à chacune d’entre elles, même si cela s’automatise un peu trop vite. De même, si celle, plus classique, du Petit Prince ne possède aucun problème d’écriture, celle, plus moderne, de la petite fille jongle entre influences Pixar et leçons de morale (très) mal amenées. De manière générale, le scénario de Irena Brignull et Bob Persichetti manque de finesse, dans le traitement de ses personnages et la façon de mettre en place ses différents rebondissements. Un comble pour un long-métrage apportant autant d’importance à « l’histoire ».

« Le Petit Prince » possède cet atout, et à la fois féroce difficulté, de mettre en scène une multitude de personnages. Si cette palette de protagonistes fonctionne assez bien, créant un ensemble hétéroclite et haut en couleur, on ne peut pas en dire de même du degré de qualité d’écriture de chaque personnage. Des clichés et idées pré-conçues, l’image de vieil homme hurluberlu et reclus de la société en tête, viennent gâcher la spontanéité présente, dans le comportement et psychologie des personnages. Néanmoins, le casting vocal est formidablement réfléchi, offrant à chacun une personnalité très forte par le simple biais de la voix. Le renard doublé par Vincent Cassel, le serpent, dont Guillaume Gallienne assure la voix, André Dussolier dans le rôle de l’aviateur, ou encore le business-man interprété par Vincent Lindon permettent au long-métrage d’animation de trouver une identité très forte, conférant un charme non-négligeable à l’ensemble dans sa sonorité.

N.B. : Les commentaires sur le travail de doublage ne concerne que la version française. L’auteur de cette critique n’a pas eu la chance de voir le long-métrage en version originale.

La réalisation de Mark Osborne se trouve être peu inspirée, et laisse la désagréable impression de s’appuyer uniquement sur les qualités d’animation du long-métrage. La mise en scène, par ses choix de cadres et de mouvements, n’essaye jamais d’offrir du relief au long-métrage. Ce manque d’inspiration contaminera également la composition musicale de Hans Zimmer, Richard Harvey et Camille Dalmais, bien trop fade malgré quelques thèmes qui restent en mémoire par leurs sonorités agaçantes. Au final, seul ce mélange d’animation numérique et de stop-motion se révèle être un succès artistique. Si l’animation numérique est clairement marquée par une influence des studios Pixar, surtout dans les traits des personnages, elle n’en est pas moins très soignée. Quant à celle en stop-motion, elle reste le meilleur élément technique, marquée par une douce poésie dans son processus tout comme dans sa texture. « Le Petit Prince » reste, avant tout, une merveille pour les yeux.

« Le Petit Prince » se démarque par un mélange d’animation à la beauté bluffante et vecteur d’une douce poésie. Malheureusement, l’animation ne doit pas tout faire dans un long-métrage d’animation. Comment doit être le scénario ? Essentiel, lui aussi.

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Le Petit Prince. De Mark Osborne. Avec les voix originales de Riley Osborne, Mackenzie Foy, Jeff Bridges, James Franco, Benicio Del Toro, Ricky Gervais, Marion Cotillard, …

Sortie le 29 juillet 2015.