Critique : Les Minions (2015)

Les Minions 1

Mignon mais pas trop.

Ils sont jaunes comme des citrons, pas tout à fait rond comme des ballons, ce sont les Minions, des crétins hauts comme trois pommes, amateurs de bananes et célèbres pour avoir secondé un savant fou, moche et méchant. Face à leur popularité grandissante auprès du jeune public, ces mascottes, issues de l’imaginaire de l’animateur français Pierre Coffin (cocorico !), ont désormais droit à leur propre show, l’occasion pour leur créateur de les faire grimper, non sans humour, l’échelle du temps. Dotés d’une capacité d’adaptation hors du commun, ces shadocks trognons ont traversé les âges et les civilisations, proposant leurs services aux plus grands prédateurs que l’Histoire n’ait jamais porté afin d’en aiguiser les longues dents et de satisfaire leurs soifs de dominations et de conquêtes. Mais la maladresse légendaire de ces petites créatures est une Bérézina que ne saurait traverser le plus coriace des vilains. Alors expulsés de ce vil monde par la force des baïonnettes, Les Minions décident de prendre leur retraite et de vivre en troglodyte dans les plaines reculées de Sibérie, laissant peu à peu la morosité du quotidien gagner le moral des troupes. Difficile en effet pour des êtres nés pour servir (minion est un serviteur dans la langue de Shakespeare) d’exister sans maître, sans autorité supérieure. Alors, pour échapper à cette torpeur qui les mine, trois représentants de leurs espèces, Kevin, Stuart et Bob, mettent fin à leur hibernation et partent à l’aventure afin de dénicher le boss qui leur redonnera le goût de la servitude. Dans leur quête, ils rencontrent une rose écarlate, élégante et piquante en diable, une nouvelle prêtresse de la cambriole adulé par l’ensemble du syndicat du crime qu’ils ne tardent pas à suivre dans son noir projet de subtiliser la couronne d’Angleterre. Une belle occasion également pour le film de suivre sa route après avoir errer, vingt minutes, dans un désert narratif joyeusement désopilant. Il faut dire que ces bestioles sont véritablement craquantes. Leurs trognes de ravi de la crèche et cette panade de langues dans lequel baigne leur galimatias suffisent presque à nous entrainer dans leur danse. « Parle !! Tant pis pour la syntaxe ! ». Comme le persiflait, à l’heure des Temps Modernes, Charlie Chaplin, qui gringottait son charabia sur la scène d’un petit cabaret en faisant gondoler la panse de son auditoire, le rôle de ces créatures se limitent à ramener bêtement leurs fraises avec leurs irrésistibles intonations nasillardes. Des facéties qui ne manquent pas de faire fendre la poire des plus (ou moins) jeunes spectateurs. Mais la forme slapstick où celle d’un voyage initiatique n’est pas suffisante. Il faut créer de l’histoire, de la narration, des personnages pour donner le change et tenir la distance sur un format cinématographiquement plus ambitieux. Un cocktail qui se serait révélé terriblement explosif si le film avaient eu la pêche suffisante pour poursuivre sur cette dynamique. Malheureusement, la qualité du script et du mouvement burlesque, dévitalisé par la performance d’une insipide distribution de protagonistes humains à laquelle contribue très largement l’exaspérante exubérance du couple de super-méchants (superbement exhaussée par la flaccidité vocale de Guillaume Canet) et le manque de virtuosité dans l’enchainement et la conception des gags, sont autant de pépins ne permettant pas ces Minions de se hisser au dessus de la mêlé. (2.5/5)

Les Minions 2

Minions (2015, États-Unis). Durée : 1h31. Réalisation : Pierre Coffin, Kyle Balda. Scénario : Brian Lynch. Montage : Claire Dodgson. Musique : Heitor Pereira. Distribution Vocale (VO) : Pierre Coffin (Stuart, Kevin et Bob), Sandra Bullock (Scarlett Overkill), Jon Hamm (Herb Overkill), Jennifer Saunders (la Reine d’Angleterre), Michael Keaton (Walter Nelson), Allison Janney (Madge Nelson), Geoffrey Rush (le narrateur). Distribution Vocale (VF) : Pierre Coffin (Stuart, Kevin et Bob), Marion Cotillard (Scarlett Overkill), Guillaume Canet (Herb Overkill).



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