[Critique] Jurassic World réalisé par Colin Trevorrow

Jurassic-World

« L’Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d’attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude. »

En 1993, Steven Spielberg révolutionnait le cinéma. Révolutionner est un terme qui est utilisé volontairement puisqu’il exagère la réalité, mais n’en est finalement pas bien loin. Regardez aujourd’hui n’importe quel film à grand spectacle qui a plus de 10 ans et cherchez-lui des défauts techniques. Vous en trouverez à tous les coups. Des effets spéciaux vieillissants, des « perfect shot » qui ne font plus le même effet et des faux raccords sur lesquels vous vous focalisez et qui vous cachent une à deux séquences. Ces défauts sont présents dans une grande majorité des films hollywoodiens parus entre 1990 et 2000, mais pouvez-vous en dire autant de Jurassic Park ? Évidemment que non. Ce long-métrage fait partie des rares œuvres cinématographiques qui ne vieillissent pas et dont on connaît les quelques défauts mineurs, mais ne nous dérangent pas, au contraire ce sont eux qui font augmenter notre petit plaisir et ajoute un léger sourire sur notre visage. Deux suites après, Steven Spielberg est toujours crédité au générique, mais simplement en tant que producteur exécutif et les films n’ont pas la même saveur. Aujourd’hui, nous savons que nous, qui avons grandi avec Jurassic Park, ne retrouverons pas un film équivalent donc pourquoi ne pas simplement chercher un bon film. N’essayons pas de faire de comparaison ou d’analyse comparée entre Jurassic Park et l’une de ses suites. Cherchons plutôt à savoir si ce fameux Jurassic World est un bon film tout simplement.

Lorsqu’on parle de Jurassic Park, l’une des premières choses qui nous vient à l’esprit n’est autre que l’original soundtrack composée par John Williams. Un thème prodigieux qui résonne encore dans les mémoires de chacun et qui peut littéralement porter un film. Cette musique procure un grand frisson puisqu’elle exacerbe la vision des personnages. Dans Jurassic Park, la musique sert à décupler les émotions et sensations des personnages. Du suspense à l’émerveillement, chaque émotion devient plus importante par la musique, là où un Jurassic World possède une bande sonore qui va chercher à dynamiser l’action. Les compositions sont nombreuses et sont majoritairement bonnes, mais elles ne sont pas forcément en adéquation avec la séquence en question, ainsi que les réactions des personnages. On retrouve une original soundtrack qui ne marquera pas les esprits, car elle n’arrive pas à se détacher des anciens films, notamment lorsqu’est repris le thème principal composé par John Williams. Le thème fait toujours son petit effet, mais il est ajouté simplement parce qu’il le faut. De plus, celui-ci est utilisé trop fréquemment pour que son utilisation paraisse nécessaire. On est là pour servir le fan qui veut l’écouter, mais pas pour servir le film. C’est un bémol, mais finalement si le thème n’avait pas été utilisé est-ce qu’on ne l’aurait pas reproché à Michael Gicchino ?

Jurassic Park est un film qui a été vu par des centaines de millions de personnes au travers le monde. Beaucoup en sont fans et Colin Trevorrow lui-même en fait partie (qui n’en fait pas partie…). Grand fan du film de Steven Spielberg, il a forcément été influencé par le travail du cinéaste, mais il n’a pas pour autant réalisé son Jurassic Park. Jurassic World n’est pas un reboot du premier film. En effet, là où l’on pouvait avoir des craintes, Colin Trevorrow les a soufflées avec un film qui n’est pas une redite du long-métrage de 1993, mais bien un nouveau commencement dans un monde que l’on connaît déjà. Le réalisateur américain à repris les codes instaurés par la saga et s’en sert dans le but d’offrir aux spectateurs un film grand spectacle qui peut se suffire à lui-même et qui est accessible à chacun. Néanmoins, là le grand public ne verra qu’un blockbuster de plus, les fans de la saga auront des frissons et verront à plusieurs reprises des clins d’œil aux premiers films. N’en disons pas plus et gardons les surprises sous silence. Jurassic World instaure de nouvelles bases et plonge le spectateur dans un parc qui fait fortune. Un parc au cœur duquel les dinosaures sont des bêtes de foire utilisées par les humains pour faire de l’argent. Afin de ne pas retomber au cœur de la trame scénaristique principale des deux premiers films, celle-ci se focalise sur la dénonciation de la bêtise humaine, non pas par le biais du parc et de sa valeur commerciale, mais par le biais de la technologie.

La technologie représente le cœur fondateur de ce nouveau film. Grandissant exponentiellement chaque année, la technologie permet de plus en plus de choses et l’être humain l’exploite au mieux afin de réaliser l’impossible. On aimerait se prendre pour un créateur tout puissant et Colin Trevorrow exploite ce filon afin d’inscrire ce Jurassic World dans l’ère du temps.

« Dieu crée les dinosaures. Dieu détruit les dinosaures. Dieu crée l’homme. L’homme détruit Dieu. L’homme crée les dinosaures »

A l’image du premier film de la saga, ce nouvel opus s’inscrit dans sa continuité en reprenant la célèbre citation du Dr Ian Malcolm, sauf que cette fois il l’implémente de la mégalomanie de l’homme. Là où l’homme est une bête qui ne pense qu’à s’enrichir au détriment des autres, l’animal s’avère plus intelligent en communiquant avec ses congénères pour s’en sortir. Poussé par sa bêtise, l’homme en veut toujours plus et use de la technologie pour manipuler et croire qu’il a le contrôle sur ceux qui l’entourent, hommes comme animaux. C’est à ce stade qu’il est intéressant de voir quelle est la place du dresseur de raptors dans ce récit. Possédant le caractère d’Alan Grant et le charisme du professeur Jones, ce nouveau personnage ne va être qu’un prétexte afin de mettre davantage en valeur les raptors, personnages secondaires à part entière. Dans ce Jurassic World, tout est bon à faire du spectacle. Les raptors sont plus que présents, notamment grâce à la relation qui est fondée entre eux et le personnage interprété par Chris Pratt, les dinosaures sont plus gros que jamais (l’Indominus Rex et le Mosasaur en tête), mais surtout les nouvelles technologies sont de chaque plan. Alors qu’on nous promettait quelques mouvements de dinosaures réalisés en Animatronic, ce qui est peut-être le cas, nous avons surtout une abondance d’effets visuels numériques. Effets numériques qui sont loin d’être moches et désagréables. Jouant énormément sur l’usage abusif des technologies dans son récit, cette même utilisation de la technologie pour permettre la production d’un grand spectacle, à l’image de ce que veulent faire les hommes avec Jurassic World (la séquence avec le Mosasaur en est l’exemple type), le spectateur a lui-même l’impression d’assister à un spectacle pyrotechnique dans lequel sont impliqués les spectateurs. Une jolie mise en abime du spectacle et du spectateur, même si tout est relatif et nous restons en face d’un blockbuster somme tout, très conventionnel.

Au-delà du simple blockbuster de l’été qu’il est Jurassic World est un film qui a attisé toutes les craintes à cause d’un troisième opus de très mauvaise facture. Colin Trevorrow a beau ne pas être un cinéaste de renom tel que l’est Steven Spielberg, ce dernier a réussi avec l’aide de son équipe techniqueet de scénaristes, à faire de ce Jurassic World un bon film. Un spectacle pyrotechnique impressionnant et devant lequel chaque Ardoisespectateur qui a grandi avec la saga redeviendra un enfant. Le récit est aussi linéaire que prévisible, les personnages sont stéréotypés à souhait, les dialogues manques de finesse, mais reposant une un principe de course poursuite, les évènements s’enchaînent un à un avec dynamisme grâce à un montage de qualité et on ne s’ennuie pas une seule seconde. Visuellement très réussi grâce à de beaux effets visuels et une réalisation qui malgré quelques maladresses, soigne ses cadres et joue sur la profondeur de champ afin d’inclure une petite plus value à la 3D, le film offre un beau spectacle pour les yeux, là où les oreilles auraient méritées mieux. Ceux qui vont chercher la comparaison avec le premier film vont forcément le critiquer puisque oui ce n’est qu’un blockbuster grand spectacle, mais si tu juges le film sur pièce, tu prends ton pied. C’est spectaculaire, efficace et comme dirait l’autre : « Mommy’s very angry » (Dr Ian Malcolm).

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