[CRITIQUE] Waste Land réalisé par Pieter Van Hees

Waste-Land

« Léo Woeste est inspecteur à la brigade criminelle de Bruxelles. Il vit avec Kathleen et leur fils Jack, 5 ans. Jour après jour, il explore les bas-fonds de la ville, le « Waste Land ». Sa famille lui permet de garder pied. Mais l’enquête sur le meurtre d’un jeune congolais amène Léo à rencontrer la soeur de la victime, une femme magnétique et déterminée. Entre rituels, fascination et vieux démons, l’équilibre de Léo semble plus que jamais menacé…« 

Le cinéma belge est loin d’être le plus célèbre en Europe. Le dernier vrai exemple de grand film fait au plat Pays remonte à il y a déjà deux ans avec Alabama Monroe, alors que ses homologues nordiques foncent tête baissée dans la réussite et ceux français enchaînent les succès populaires. Waste Land est censé offrir un cinéma de genre original qui marquerait peut-être de son empreinte l’année 2015. En effet, il le marque, mais pas dans le bon sens. Car Waste Land est un très beau navet. Presque malhonnête, mal écrit, fade et ennuyeux, incompréhensible, une intrigue qui fait du surplace malgré la belle performance de Jérémie Rénier. Dommage, il y avait vraiment de quoi faire.

Waste Land, c’est l’histoire de Leo Woeste, un flic engagé et téméraire, n’hésitant pas à fouiller dans les bas-fonds des quartiers chauds de Belgique, le « Waste Land », afin de servir sa brigade. Mais lorsqu’il fait la rencontre d’une jeune femme congolaise, sœur d’un jeune tué, va le faire basculer dans la folie. Waste Land part de belles intentions, mais s’arrête hélas juste devant. Le film cherche à enter dans la profondeur mentale de son héros sans jamais réussir à faire ressentir une once de peur ou de désorientation au spectateur. Enfin si, un peu. Parce que le film est extrêmement décousu. A force d’empiler les références, allant d’un Seven ultra-cheap à un KillList avec encore moins de saveur en passant par du Black Swan, le film se complique lui-même sans comprendre ses propres références, patauge dans la semoule, recopie bêtement et perd de son intérêt, tant et si bien que la dernière demi-heure est incompréhensible. Les relations entre personnages, que ce soit familiaux ou professionnels, sont aussi grotesques les unes que les autres. Les émotions changent à chaque plan, on ne sait pas pourquoi, on ne comprend pas, et pas sûr que les scénaristes arriveraient à nous répondre… Et, dernière chose: pourquoi les personnages passent du flamand au wallon dans les dialogues? Waste Land, vous l’aurez compris, n’est scénaristiquement pas intéressant et encore moins original, autant dans son intrigue que dans la caractérisation des personnages.

Mais techniquement, Waste Land est encore pire tant il sent l’esbroufe à des kilomètres. Outre le fait que Jérémie Renier se démène tant bien que mal pour sauver le long-métrage du naufrage complet, le reste est terriblement mauvais. Aucun second rôle ne tire son épingle du jeu. Encore pire: le casting secondaire est tellement exécrable que le montage ne semble s’axer que sur Rénier afin de les cacher à tout prix! Si sur certaines prises, tout est regardable et présente de l’intérêt au récit, les autres, qui sont très nombreuses, gâchent le rythme et détruisent toute idée d’émotion possible. Déjà que l’on ne s’attachait pas au personnage, là c’est carrément le pompon…

Autrement, la caméra portée, en immersion, est le parti-pris évident du film lors de séquences policières, préférant cadrer l’imprévu que l’intention, comme le font depuis de nombreuses années les nouveaux prodiges danois tels que Tobias Lindholm et Michael Noer. En soi, c’est fortement recevable comme idée. Sauf qu’au Danemark, le sens du cadre provoque un effet vertigineux et empathique envers les personnages, en adéquation avec un scénario solide et incisif dans ses dialogues. Ici, la caméra portée, alternée à des plans fixes aussi laids qu’inutiles, n’apporte rien qu’une sensation de hasard total et désagréable. Idem pour un montage, qui ne sait vraisemblablement pas quoi faire de ce qu’il a sous la main, optant pour un étalonnage crasseux qui n’offre aucune sensation non plus. Tout est donc complètement raté.

En clair, Waste Land est bien une torture, qu’il faut à tout prix éviter en salles mercredi prochain. Un enchaînement honteux de déjà-vu, d’une vacuité hallucinante autant dans la forme que dans le fond, que seul Rénier tente de sauver mais qui n’arrive pas à capter toute l’attention du spectateur. Mais afin de ne pas trop me faire d’ennemis, j’ai décidé e finir cette critique avec un smiley sourire.

« :) »

Voilà.

1/5

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