Yves Saint-Laurent, critique

Yves Saint-Laurent, critique

Dans la série des biopics français plutôt réussis, voici celui sur Yves Saint Laurent, valant le coup d’œil en particulier pour la performance du duo Pierre Niney et Guillaume Gallienne.

Yves Saint-Laurent, critiqueCette année, ils sont deux à s’être intéressés à la figure incontournable de la mode, Yves Saint Laurent. Alors le film de Laurent Bonello avec Gaspard Ulliel qui a la prétention de vouloir être présenté à Cannes, c’est Jalil Lespert qui défile en premier dès janvier avec Pierre Niney dans le rôle du créateur de mode adoubé par l’ancien compagnon Pierre Bergé. Le réalisateur nous replonge donc dans les années 50 pour vivre une vingtaine d’années de la vie d’Yves Saint Laurent, de sa reprise de la Maison Dior à ses collections plus personnelles qui ont participé à donner le pouvoir au femme à travers le vêtement, en passant par sa rencontre avec Pierre Bergé et la création de sa propre maison de haute couture.

Ainsi, le film ne va pas de la naissance à la mort du personnage mais s’attache à une période en particulier, sans doute la plus intéressante puisque qu’il s’agit de l’ascension d’Yves Saint Laurent faite d’embûches et qui permettent de comprendre sa personnalité avant son déclin personnel (qui ne reflète en rien le déclin de sa créativité et de sa maison). En s’attachant à cette période, le film ne donne pourtant pas l’impression qu’il s’agit d’une anecdote mais, au contraire, en profite pour nous montrer le créateur sous de nombreuses facettes avec ses joies, ses peines mais aussi ses points forts comme ses grandes failles tout en parlant d’amour et de création sans tabou.

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Jalil Lespert est loin du portrait complaisant puisque nous avons bien ici, en plus de la timidité maladive d’Yves Saint Laurent, ses tromperies, son addiction progressive à la drogue e une certaine descente aux enfers d’un homme qui a besoin de créer pour vivre. Plus qu’un simple artisan de haute couture, le réalisateur s’intéresse aussi à l’artiste et ses contradictions et obsessions, celle de vivre pour créer et l’envie de mourir qui en découle lorsque cela lui est impossible. Mais en plus, il y a une véritable histoire d’amour entre Yves Saint-Laurent et les femmes qui est développée, autant que l’histoire du couple Saint Laurent & Bergé.
Évidemment, tout cela aurait pu être plus approfondi, notamment sur l’influence du créateur mais aussi sur son travail quotidien, mais c’est déjà traité de manière suffisamment intéressante pour approfondir soi-même la réflexion ensuite.

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Si le réalisateur ne fait pas de grands effets de mise en scène (de ce côté, nous ne sommes pas encore à la maitrise de Florent Emilio Siri sur Cloclo), il reste tout de même d’une grande élégance, si bien que même lorsque le personnage tombe, il garde la tête haute car il reste toujours passionnant à suivre, mais sans être non plus dans sa glorification. En fait, Lespert est surtout là pour donner de la matière à ses deux comédiens principaux qui sont exceptionnels.
En effet, Pierre Niney trouve dans Saint-Laurent un certain parallèle avec la carrière qu’il est en train de construire et rend son personnage passionnant avec un jeu diablement prenant. C’est bien simple, il est Yves Saint Laurent, à la fois physiquement mais aussi dans sa façon d’être et sa manière de penser, rendant le personnage plus palpable que jamais.
Face à lui, Guillaume Gallienne, solide comme un roc, seule ancre de Saint Laurent dans le rôle de Pierre Bergé est tout aussi parfait et même les secondes rôles à l’image de Charlotte Le Bon se révèlent surprenants.

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Avec ce premier biopic sur Yves Saint Laurent, Lespert rend donc un bel hommage au créateur autant qu’à la personne. Le portrait est juste et prenant tout en étant un écrin parfait pour faire briller le jeu de Pierre Niney et Guillaume Gallienne.


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