Spider-Man – Turn off the Dark, critique

Par Fredp @FredMyscreens

Récemment, nous avons passé une bonne semaine dans les rues de New-York, sur les traces des lieux cultes du cinéma qui font partie de la culture populaire et même maintenant de notre inconscient collectif de cinéphile. Central Park, l’immeuble de Friends, la caserne de Ghostbusters, Times Square, l’Empire State Building (sans son King Kong), la gare de Grand Central et le Chrysler Building (toujours intacts malgré les films catastrophe les ayant détruit), le pont de Manhattan vu depuis Brooklyn comme dans Il était une fois en Amérique, plein d’instants que vous pouvez retrouver en photo sur la page facebook du blog. Et évidemment, au milieu de tout ça, en plus de tester Gravity sur dans un véritable Imax 3D, il était indispensable d’aller voir une comédie musicale. Et connaissant notre culture geek, notre choix s’est naturellement porté sur Spider-Man, Turn off the Dark.

C’est après le triomphe de la trilogie de Sam Raimi que l’on avait entendu parler de ce projet de comédie musicale autour de Spider-Man mais il aura fallu traverser de nombreux problèmes de production afin de le mener à bien. En effet, si sur le papier, tout pouvait nous amener à un superbe spectacle rock sur le héros le plus représentatif de l’esprit new-yorkais, dans la pratique, l’accouchement s’est révélé particulièrement difficile.
Tout d’abord, il y a la participation de Bono et the Edge (U2) sur l’écriture et la composition des chansons qui ne seront pas les gros tubes en puissance attendus. Ensuite, la réalisatrice Julie Taymor (Across the Universe), a de grandes ambitions visuelles pour le spectacle mais va claquer la porte en fin de parcours. Et puis il y a de nombreux problèmes sur les cascades du show qui auront fait des blessés. Dès lors, les premières du show sont assez désastreuses et il aura fallu bien remanier le show (le plus cher de Broadway) pour arriver à un résultat convaincant et maintenant bien rôdé que nous pouvons apprécier maintenant et se révèle particulièrement rentable, faisant toujours salle comble depuis 2011.

Spider-Man Turn off the Dark reprend évidemment le célèbre combat de Peter Parker contre le Bouffon Vert en racontant également les origines du héros sur 2h30 de spectacle sans temps mort. S’inspirant autant des films de Sam Raimi que des comics (surtout Ultimate Spider-Man mais aussi l’arc de Straczynski avec Arachne), la comédie musicale développe rapidement son propre univers (en prêtant une femme à Norman Osborn par exemple).
La première partie racontant les origines se révèle évidemment la plus intéressante
, reprenant le malaise de Peter Parker et son amour naissant pour Mary-Jane, la mort d’Oncle Ben, les premiers faits héroiques de Spider-Man et la création du Bouffon Vert. La seconde, sur le combat de Spider-Man contre son ennemi et les Sinister Six avec également la présence de JJ Jameson, sera quand à elle plus spectaculaire avec de véritables shows de voltige entrainant le public au cœur du combat.

Ce qui frappe dès le départ, c’est évidemment le parti pris visuel audacieux de Julie Tamor dans sa mise en scène et dans l’utilisation des décors. On a en effet tout de suite l’impression de se retrouver dans une bande-dessinée live avec des décors qui se déplient comme on en tournerai les pages (devenant même très spectaculaire quand l’Empire State Building se déploie devant nous). Un esprit que l’on retrouve même dans les costume qui ont parfois l’air dessinés. Dès lors, le ton léger nous embarque et nous laisse apprécier ce spectacle familial accessible à tous.
Et même lorsque le show est complètement kitsch avec les costumes grossiers des Sinister Six et du Bouffon Vert, il la joue second degré avec justement l’ennemi qui se met à blaguer avec le public pour faire astucieusement passer la pilule. On retrouve bien ici la patte de la réalisatrice, que ce soit dans les costumes, le port de certains masques même dans certaines mises en scènes de chorégraphies mais il faut aussi noter l’incroyable conception des cascades souvent impressionnantes et qui ont de quoi emporter l’enthousiasme du public.

Côté musical, on reconnait évidemment la patte de Bono et The Edge (Bono avait d’ailleurs déjà travaillé avec Julie Taymor sur Across the Universe, ce n’est donc pas étonnant qu’ils poursuivent ici leur collaboration), en particulier dans les titres phares comme Boy fall from the Sky ou Picture This, mais ils s’adaptent aussi au concept de la comédie musicale avec des titres plus emprunts au genre comme DIY World avec parfois des accents éléctro tel A freak like me.
C’est assez varié pour ne jamais nous ennuyer mais on peinera à trouver de véritables hymnes pour nous emporter et seul Rise Above provoquera d’intenses frissons. En fait, la bande-originale chantée par des comédiens justes et qui n’en font pas trop n’est pas ce qu’il y a de plus mémorable mais reste juste efficace pour raconter l’histoire et servir le spectacle visuel et c’est bien ce qui compte pour apprécier le show.

Spider-Man Turn off the Dark n’est sans doute pas la meilleure des comédies musicales présentées à Broadway mais les fans et les familles seront particulièrement heureux devant le spectacle visuel impressionnant et réjouissant qui est offert tout en respectant le mythe. Le show vaut véritablement son prix (100€) quand on voit le travail qu’il y a derrière et pendant plus de 2h30, on passe un très bon moment, plus proche que jamais de la toile de Spider-Man.