
Dark Water (2002), affiche japonaise — © 2002「仄暗い水の底から」製作委員会.

Copyright The Jokers / Les Bookmakers

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Pourquoi voir Dark Water ?
Il y a des réalisateurs qui balancent des litres de sang à la figure des spectateurs pour montrer qu'il s'agit bien d'un film d'horreur, Hideo Nakata ne fait absolument pas parti de ces cinéastes, son truc à lui c'est plutôt de laisser le spectateur seul dans une ambiance pesante au possible avec cette désagréable impression que quelque chose vous observe, aucun besoin de voir un monstre pour commencer à voir la peur monter au fur et à mesure du métrage.
Né le 19 juillet 1961 à Okayama, au Japon, Hideo Nakata n'était pas particulièrement destiné à devenir l'un des grands noms de l'horreur nippone, après des études à l'université de Tokyo, il s'intéresse au cinéma et fréquente notamment le séminaire du critique Shigehiko Hasumi.
Une formation qui lui permet de développer son regard sur le septième art, avant d'intégrer les studios Nikkatsu, où il travaille comme assistant réalisateur, notamment sur des films érotiques à petit budget.
Il passe ensuite par la télévision et le marché de la vidéo, c'est en 1996 qu'il réalise son premier long métrage, Ghost Actress, également connu sous le titre Don't Look Up, on y trouve déjà plusieurs éléments qui reviendront dans ses œuvres suivantes, les fantômes, les traumatismes du passé, les images qui dissimulent une présence et cette façon de faire surgir l'étrange au milieu d'un environnement parfaitement banal.
Deux ans plus tard, Hideo Nakata livre au monde Ring, une adaptation du roman de Kōji Suzuki, un véritable phénomène cinématographique qui va participer à l'explosion internationale de la J-horror.
En 2002, Hideo Nakata revient à l'adaptation d'une œuvre de Kōji Suzuki avec Dark Water, inspiré de la nouvelle L'Eau flottante, publiée dans le recueil Dark Water, Ring avait appris au spectateur à ce méfier des téléviseurs, ce nouveau film va nous apprendre à nous méfier des plafonds, des canalisations et des immeubles mal entretenus.
Le point de départ du film est assez simple, Yoshimi Matsubara, une jeune mère en instance de divorce, tente de reconstruire sa vie avec sa petite fille Ikuko, entre les démarches judiciaires, les difficultés financières et la bataille pour conserver la garde de son enfant, elle emménage dans un immeuble vétuste où l'humidité s'infiltre partout.
Une tache apparaît au plafond, l'eau devient trouble, des bruits se font entendre, pour couronner le tout, une mystérieuse fillette semble rôder dans les parages, tandis qu'un petit sac rouge réapparaît de manière inquiétante.
Avec Dark Water, Hideo Nakata ne cherche pas à asséner aux spectateurs des sursauts en permanence, ici l’horreur s’installe doucement, à la manière de cette fameuse fuite qui finit par envahir tout l’appartement.
Le réalisateur privilégie les ambiances pesantes, les couloirs déserts, les ascenseurs inquiétants et les pièces plongées dans une lumière pas réellement joyeuse, rien de franchement spectaculaire au premier abord, mais chaque détail contribue à installer un sentiment de malaise, on finit par se méfier d'un simple plafond, d'un robinet ou d'une flaque d'eau.
La photographie de Jun'ichirō Hayashi, directeur de la photographie qui avait déjà travaillé avec Hideo Nakata sur Ring, livre ici une une atmosphère dominée par des teintes froides et ternes, ce qui renforce un peu plus cette impression d’enfermement.
L’immeuble paraît presque vivant, comme s’il absorbait peu à peu l'âme de ses occupants, la pluie omniprésente donne également au film une atmosphère mélancolique qui colle parfaitement à son histoire.
On pourrait reprocher à Dark Water de reprendre quelques figures familières du cinéma fantastique japonais, la petite fille inquiétante aux cheveux sombres, les phénomènes inexpliqués et l’immeuble lugubre, mais le cinéaste donne une véritable dimension émotionnelle au métrage.
Derrière le récit surnaturel, Hideo Nakata dresse le portrait d'une mère isolée et confrontée à une société qui ne lui facilite pas l'existence, Yoshimi ne lutte pas uniquement contre une présence venue d'outre tombe, elle se bat aussi contre la précarité, contre l'indifférence et contre la possibilité de perdre la seule personne qui lui donne la force d'avancer.
Le film n'est donc pas un film d'horreur où le sang coule à flot et où les membres volent à travers la salle, Dark Water est un savant mélange de drame et d'horreur, la réussite du film tient aussi à ses interprètes, notamment Hitomi Kuroki (Kaidan, 20th Century Boys), l'actrice donne à Yoshimi une vulnérabilité profondément humaine.
Son personnage n'est absolument pas une héroïne invincible, elle est fatiguée, inquiète, parfois dépassée par les événements, c'est précisément ce qui rend son combat aussi touchant, car profondément humain.
Face à elle, la jeune Rio Kanno (The Curse, Lesson of the Evil) apporte une vraie douceur au personnage d’Ikuko, dont l’innocence contraste avec l’univers sombre et oppressant qui l’entoure, le film est plus triste qu’effrayant, les moments les plus marquants ne sont pas nécessairement ceux qui provoquent un sursaut, mais ceux qui nous serrent le cœur.
Le rythme, volontairement lent pourra en décourager certains, ceux qui cherchent un film d’horreur riche en apparitions spectaculaires et en scènes chocs, risque de trouver le temps long.
Avec Dark Water, Hideo Nakata signe un film d’horreur atmosphérique, mélancolique et profondément humain, loin de miser uniquement sur les effets faciles, il construit son récit autour d’une angoisse quotidienne qui se transforme peu à peu en véritable cauchemar.
Un classique

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Synopsis :
Yoshimi Matsubara, une jeune mère en instance de divorce, tente de reconstruire sa vie avec sa petite fille Ikuko, entre les démarches judiciaires, les difficultés financières et la bataille pour conserver la garde de son enfant, elle emménage dans un immeuble vétuste où l'humidité s'infiltre partout.
Une tache apparaît au plafond, l'eau devient trouble, des bruits se font entendre, pour couronner le tout, une mystérieuse fillette semble rôder dans les parages, tandis qu'un petit sac rouge réapparaît de manière inquiétante.

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Anecdotes :
Au Festival international du film fantastique de Gérardmer, le film a remporté le Grand prix du festival, le Prix du jury jeunes et le Prix de la critique internationale.

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Un remake américain a vu le jour en 2005, réalisé par Walter Salles avec Jennifer Connelly.

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Le budget du film est estimé à 4 000 000 $.

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Les décors ont été construit en studio.

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