Séries | OXYGEN MASKS (…) – 14/20 | MARGO A DES PROBLÈMES D’ARGENT – 13/20 | LANTERNS – 13/20

Par Taibbo

OXYGEN MASKS WILL (NOT) DROP AUTOMATICALLY (Canal+) – 14/20 : Oxygen Masks Will (Not) Drop Automatically nous plonge dès ses premières minutes au coeur du monde de la nuit brésilienne, à la fin des années 80, dans un night club où la clientèle gay, trans et drag danse sur du Jimmy Sommervile. Une époque de fête intense et décomplexée vite assombrie par l’explosion des cas de SIDA.
Après avoir longtemps refusé de voir la vérité en face, Nando, steward sur la compagnie Fly Brasil, va transformer son petit business de contrebande entre New York et Rio pour importer la trithérapie, l’AZT étant interdite au Brésil.
Le sujet de l’épidémie de SIDA a déjà largement été traitée, mais le cas du Brésil, trop longtemps privé de médicaments, offre un angle différent. Il n’est par ailleurs jamais inutile de faire une piqure de rappel sur les combats passés des minorités LGBT et ce qu’elles ont enduré : ’aveuglement — souvent volontaire — des pouvoirs en place, la stigmatisation, l’angoisse des tests, les amis qu’on enterre, les mensonges, les vies brisées et les familles détruites. La série aborde aussi le sort des épouses contaminées, ce qui est assez rare.
La réalisation est assez basique, jouant beaucoup d’un effet « image d’archive » assez cheap. On est très loin de la terrassante puissance narrative d’It’s a Sin, mais cela est compensé par l’indispensable devoir de mémoire et une émotion qui grandit au fil des épisodes, à mesure qu’on s’attache aux personnages.

MARGO A DES PROBLÈMES D’ARGENT (AppleTV – 13/20) : Margo a des Problèmes d’Argent suit une jeune mère célibataire qui se résigne à ouvrir un compte OnlyFans pour joindre les deux bouts. Une dramédie dans la lignée des succès d’Apple TV+, qui reposent largement sur l’empathie qu’ils suscitent. On s’intéresse ici à une relation mère-fille singulière. L’énergie d’Elle Fanning est communicative, et on aime voir Michelle Pfeiffer et Nick Offerman, en parents tout sauf modèles, se chercher tendrement des noises. La playlist est top et la série aborde des thèmes assez costauds, mine de rien : le harcèlement en ligne, l’addiction, le coût de la vie et l’équilibre fragile qui permet de ne pas basculer dans la misère. C’est parfois drôle, mais le « dram » l’emporte sur la « médie » au fil des épisodes. C’est surtout touchant, porté par la qualité générale de l’interprétation.

LANTERNS (HBO) – 13/20 : Après le très fun Peacemaker, le DCU de James Gunn lance une deuxième série au ton sensiblement plus sombre. Lanterns met en scène le Green Lantern Corps et repose sur une recette déjà bien éprouvée : le duo mal assorti entre un ancien et un rookie. Sans être transcendante ni particulièrement généreuse en effets spéciaux, la série est plutôt agréable à suivre. Sans plus. L’intrigue tient la route, mais reste un peu brouillonne, surtout avec cette histoire de Manhunters, dont les enjeux ne sont pas toujours très clairs. Elle vaut surtout pour le potentiel émotionnel de ses personnages, dans l’ensemble plutôt bien exploité, malgré quelques facilités.