Un homme et un destin ordinaire au service d’un film banal
Quel engouement critique pour ce film ! Prix du scénario à Cannes, il est élevé au rang de meilleur film français de l’année par l’intelligentsia cinéphilique hexagonale. Et bien, çà me laisse pantois, tant d’éloge pour un film avec autant de carence et de défauts. Emmanuel Marre veut nous raconter l’histoire de son arrière grand-père ; comment un homme assez moyen pensant être un penseur de la France de demain au lendemain de la débâcle de 40 et va se retrouver à servir le Régime Vichyste sans scrupule et sans recul. Il est pétainiste au départ, il ne condamnera pas le régime nazi dans un second temps ; quoi de plus logique. On n’y voie pas la lente infusion d’idées dans un esprit faible ou arriviste comme le dise certains. C’est juste l’histoire d’un homme ordinaire se croyant extraordinaire et qui comme fonctionnaire va faire tourner la collaboration. Pour écrire son scénario, sa matière est la correspondance entre ses deux arrières grands parents ; et la voix accompagnant leurs échanges épistolaires sont peut-être le plus intéressant du film. Pour le reste, il est difficile d’être élogieux. La mise en scène n’a guère d’intérêt, l’image est dégueu bien souvent, le cadrage approximatif, les mouvements de caméra aléatoire, les surexposition lumière ponctuelles incompréhensibles, des ellipses brutales,.. donc pour la forme déjà, ce n’est pas glorieux. Peut-être souhaitait-il donner un accent film de famille à son long métrage ? Mais cela ne marche pas, car il dévie aussi souvent de cette ligne esthétique. Et pourquoi les morceaux des 80’s, au nombre de 3 ponctuent-ils certaines scènes ? Peut-être pour donner un accent intemporel au discours. Et bien voilà malgré tout un aspect positif de « Notre salut », la mise en abyme de la France d’aujourd’hui par le regard porté par la France pétainiste fait froid dans le dos. Emmanuelle Marre aurait prévu un final cut initial de 6 heures, 2h40 c’était bien assez long vu le peu que raconte le film. Des rushq à profusion dont il n’a pas su que faire durant les 28 semaines de montage (hallucinant !!!) durant lesquelles il tourna des scènes supplémentaires ; il n’avait donc pas suffisamment de matière (hallucinant bis !!!). Mais le plus mystérieux, c’est que malgré la durée, sur des événements historiques essentiels qui constituent des enjeux narratifs essentiels, le film met de tels coup d’accélérateur qu’il nous laisse de côté et dans l’incompréhension. Malgré tout on ne s’ennuie pas ferme non plus, car quelques scènes bien écrites nous font tenir la durée ; même si souvent certaines paraissent aussi bien improvisées.
Sur la collaboration, « Des rayons et des ombres » avaient subi un sort moins enviable par la critique à sa sortie ; alors que ce dernier me parait plus indispensable et surtout il revêt un caractère romanesque qui nous emporte.
Je passe mon tour sur celui-ci.
Sorti en 2026
Ma note: 8/20