« NAZA » de Yuval Abraham & Rachel Szor

Par Boustoune

Lire notre critique de NAZA, publiée lors de la dernière Mostra de Venise, où le film était présenté en compétition officielle.
Il y a remporté le Prix Spécial du Jury et 25 minutes d’ovation à l’issue de sa projection officielle, après avoir été sélectionné en dernière minute, afin de protéger au mieux ses auteurs.

Il s’agit d’un documentaire qui s’appuie sur les témoignages anonymes d’Israéliens liés à l’armée ou aux services secrets israéliens pour démontrer que le gouvernement de Benyamin Netanyahou a ordonné un génocide du peuple palestinien dans la Bande de Gaza.
L’accusation est forte et les propos tenus, échangés la nuit, sur les toits de Tel Aviv, sont absolument édifiants. Ils mettent en avant tout un système de surveillance et de destruction qui a pour but d’empêcher de nuire les terroristes du Hamas, mais aussi de pousser les Palestiniens à abandonner la bande de Gaza et les territoires de Cisjordanie.

Le film, d’un point de vue politique, est inattaquable. Il repose sur un travail journalistique minutieux, commandé par le journal britannique The Guardian et mis en scène par deux réalisateurs israéliens aujourd’hui menacés de déchéance de nationalité pour avoir osé dénoncer les dérives politiques de leur pays et les crimes de guerre commis au nom de la sécurité nationale.

Sur le plan cinématographique, c’est un peu moins réussi, car les séquences s’avèrent un peu trop répétitives sur le long terme et le dispositif est des plus austères (des toits de nuits, des rapports évoquant les victimes civiles collatérales). D’où notre réserve après sa projection vénitienne. Mais c’est assurément l’un des films importants de l’année.
Il ne passe au cinéma que les 12 et 13 octobre 2026, avant une diffusion gratuite en ligne.


NAZA
NAZA

Réalisateurs : Yuval Abraham, Rachel Szor
Avec : –
Genre : Documentaire perutant
Origine : Royaume-Uni
Durée : 1h17
Date de sortie France : 12 et 13/10/2026

Contrepoints critiques :

”La force du film vient de sa sobriété absolue. Les réactions qu’il génère avant sa sortie montrent à quel point il est dérangeant. Ce film choc est important par sa forme comme par son fond.”
(Caroline Vié – 20 minutes)

”Le film fait en sorte de présenter ces accusations comme des faits avérés, sans vérification ni contextualisation, ce qui ne manque pas de soulever des questions sur l’origine des sources.”
(Emanuel Fabian et Nurit Yohanan – The Times of Israel)

Crédit photos : Copyright The Guardian