Réalisateur britannique parmi les plus talentueux et prometteurs des années 2000 avec le chef d'oeuvre "Kill List" (2011), ou encore "Touristes" (2012) ou "Englis Revolution" (2013), Ben Wheatley a malheureusement glissé un peu trop vers Hollywood avec notamment le remake "Rebecca" (2020) et la suite "En Eaux Très Troubles" (2023) s'éloignant ainsi de son style naturalistes, décalés et son humour très noir de ses débuts. Son nouveau film est à l'image de ce constat, il accepte un film de commande qui a l'avantage d'être prometteur puisque derrière il y a l'équipe qui a signé l'excellent dyptique "Nobody" (2021-2025). Ainsi, le producteur-scénariste-acteur Bob Odenkirk retrouve son producteur-scénariste Derek Kolstad connu pour avoir écrit juste avant la saga "John Wick" (2014-2019) - rappelons d'ailleurs ici que les "Nobody" (2021-2025) sont supérieur aux "John Wick" (2014-2019) ! La parenthèse étant fermée, le duo fait donc appel à Ben Wheatley ce qui est tout aussi judicieux, il reste un magnifique réalisateur, encore faut-il qu'il ne se laisse pas aller à trop de facilités pour cette histoire inédite qui reprend le canevas du bon flic qui ne se trouve pas au bon endroit en bon moment... Le shérif Ulysse vient d'arriver dans la petite ville de Normal pour une remplacement de quelques semaines. Tout semble aller pour le mieux jusqu'arrive un braquage de banque qui va littéralement exploser la communauté, Ulysse comprend alors que la ville est une fait un coffre-fort pour des yakuzas...
Le shérif Ulysse est donc incarné par Bob Odenkirk vu entre autre dans "Nebraska" (2013) de Alexander Payne, "Pentagon Papers" (2017) de Steven Spielberg ou "Les Filles du Docteur March" (2019) de Greta Gerwig avant de connaître une renaissance inattendue dans le pur action movie avec les excellents "Nobody" (2021-2025). Il rencontre donc dans cette petite ville le maire Henry Winkler à jamais Fonzy dans la série TV "Happy Days" (1974-1984) et vu autrement dans "Scream" (1996) de Wes Craven, "The French Dispatch" (2021) de Wes Anderson ou "Black Adam" (2022) de Jaume Collet-Serra, puis Lena Headley vu par le plus grand nombre dans la série TV "Game of Thrones" (2011-2019) mais aussi et avant tout au cinéma dans "Les Vestiges du Jour" (1993) de James Ivory, "300" (2006) de Zack Snyder, "American Nightmare" (2013) de James DeMonaco ou "Bloody Milkshake" (2021) de Navot Papushado, Ryan Allen aperçu essentiellement à la télévision et le film "Ordinary Angels" (2024) de Jon Gunn, Billy MacLellan surtout aperçu à la télévision outre le film "Silence" (2019) de Martin Scorcese, Brendan Fletcher apparu dans "The Revenant" (2015) de Alejandro Gonzales Inarritu ou "Violent Night" (2022) de Tommy Wirkola, Peter Shinkoda remarqué dans "I Robot" (2004) de Alex Proyas, "Godzilla" (2014) de Gareth Edwards, "The Predator" (2018) de Shane Black ou "Midway" (2019) de Roland Emmerich puis Jess McLeod apparu dans "Death Note" (2017) de Adam Wingard ou "Impardonnable" (2021) de Nora Fingscheidt... Certains y voient un "plagiat" plus ou moins véritables de l'excellent "Hot Fuzz" (2007) de Edgar Wright, à ce tarif tous les polars ressemblent à tous les autres. Alors effectivement on note des flics pas tous très malins dont un seul est a priori intègre, un village et des habitants a priori sympas et heureux puis en fait un secret bien caché trop vite dévoilé va faire sortir les méchants de leur tanière face à un flic qui va s'avérer moins bête et moins fragile que prévu et le tout avec un humour parfois burlesque parfois gentiment noir.
La scène d'ouverture dévoile sans doute le pot-aux-roses un peu trop vite... ATTENTION SPOILERS !... des yakusas sont punis et doivent se trancher un doigt puis envoyer un mission dans un village américain, dont logique, on sait que les yakuzas y ont des intérêts et que donc le combat final sera avec les mafieux du Soleil Levant... FIN SPOILERS !... Mais ce prologue est efficace, donne la mesure du danger et un contraste saisissant entre les costards yakuzas leur sens de l'honneur et leurs traditions face à un village typique américain, leur santiags et un amour déconsidéré pour les billets verts pour les armes en tout genre. Le shérif Ulysse/Odenkirk fait son job au minimum syndical, pas de vagues et tout ira bien, idéal pour sa petite routine que ce nouveau job qui ne dure que quelques semaines. Evidemment on pense à "Nobody" à la petite différence près qu'ici le shérif n'est pas en dépression, il bosse mais nu veut juste pas trop en faire, il n'a pas de famille donc pas peur de perdre ses proches et il est un flic de base pas de passé d'agent secret ou autre et a donc des compétences plus limités. Résultat, Ulysse/Odenkirk est moins adepte de la brutalité à mains nues et reste dans l'utilisation primaire des armes à feu à quelques exceptions près, question pratique de survie ! Conséquences aussi, pas de castagne et de baston aux chorégraphies impressionnantes, pas de duel à la durée inenvisageable ailleurs que dans un film, les morts se font plus directs et plus expéditives ici ce qui ne retire rien au rythme et à la nervosité de cette "guerre civile", certaines morts et autres exécutions de manquent pas de sels et de créativité (ou plutôt de malchances !) avec une sens de l'efficacité certain. Certe pas franchement innovant ou original, mais un mix entre les frères Coen et Edgar Wright plutôt sympa, avec un scénario solide qui amène un dernier acte de façon maligne mais pas moins tragique et drôle. Un bon moment.
Note :
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