Cinéma | L’INVITATION – 13/20

Par Taibbo

De Olivia Wilde
Avec Seth Rogen, Olivia Wilde, Penélope Cruz

Chronique : Seconde réalisation d’Olivia Wilde après le chaotique mais néanmoins intéressant Don’t Worry Darling, L’Invitation confirme que la comédienne possède un vrai talent de mise en scène. Elle y démontre un sens du rythme qui lui permet d’éviter l’écueil du théâtre filmé et fait preuve d’une vraie personnalité dans son montage, aussi inspiré qu’inventif.
Malgré la construction du film en huis-clos, Wilde trouve les angles, les jeux de caméra qui lui permettent de créer un mouvement permanent et de dynamiser son récit.
Pour le dynamiter, elle peut compter sur des dialogues incisifs et féroces qui lui permettent d’explorer plusieurs registres. Le scénario prend en effet parfois des chemins inattendus et creuse les traits de ses personnages au gré de leurs découvertes et de leurs interactions. L’hostilité initiale de Joe et le sens de l’hospitalité excessif d’Angela font progressivement place à la gêne puis à la curiosité au contact de leurs entreprenants voisins, avant de prendre un tour plus nostalgique et même un peu mélancolique. Joe est sans doute celui qui évolue le plus ce soir-là, confronté à son égoïsme, ses frustrations, ses contradictions et une attitude d’enfant gâté qui lui revient en pleine figure. C’est un registre dans lequel Seth Rogen excelle et il ne déçoit pas. Olivia Wilde en fait quant à elle des tonnes et donne de la consistance aux insécurités d’Angela, qui s’active en permanence comme si s’arrêter signifiait s’effondrer. Le couple de voisins est plus frontal (Penelope Cruz, magnifique de sensualité, Edward Norton joliment désabusé), et montre l’assurance et la transparence qui manquent à leurs hôtes, à travers leur sexualité libre et assumée mais aussi en dévoilant leurs failles. Cette rencontre provoque une sérieuse remise en question pour notre couple et fait progressivement évoluer leur regard sur leur relation. D’une piquante comédie de boulevard, L’Invitation se mue en réflexion douce-amère sur le mariage, sur ce qu’on a été et ce qu’on est devenu.
S’il est un poil trop long, le film est la plupart du temps très drôle, un peu sulfureux aussi parfois, et finit même par être touchant. C’est surtout une belle démonstration des qualités de metteuse en scène d’Olivia Wilde et un formidable terrain de jeu pour quatre excellents comédiens qui s’en donnent à cœur joie et semblent beaucoup s’amuser.

Synopsis : Angela et Joe invitent leurs mystérieux nouveaux voisins du dessus à dîner. La soirée va alors rapidement faire voler en éclats toutes leurs certitudes.