SILO S3 (AppleTV) – 16/20 : Cette saison 3 sert de parfait rebond à Silo, dont la saison 2, un peu paresseuse, pouvait être poliment qualifiée de saison de transition. En divisant sciemment et équitablement le temps d’écran entre les deux timelines (la vie dans le silo 18 et ce qui semble être ses origines), la série se régénère et redevient éminemment addictive. La partie en flashbacks est bien plus intéressante qu’attendu, bien plus spectaculaire. L’arc principal reste l’histoire de Juliette, que le scénario a la bonne idée de ramener au Silo 18, mais cela donne l’impression de suivre deux séries simultanément, en sachant qu’elles finiront par se croiser à un moment donné. Silo devient alors une série bicéphale, un polar futuriste en même temps qu’un thriller politique.
Ses deux derniers épisodes proposent l’un des meilleurs twists sériels de ces dernières années, et promettent une 4ème et dernière saison explosive. Well done.
THE IMMIGRANT (FranceTV) – 13/20 : The Immigrant pousse vraiment très loin les curseurs de la dystopie. La série décrit un monde où la Flandre a fait sécession et décrété la pureté territoriale : toute personne non née sur le territoire est arrêtée et déportée. Sauf, peut-être, l’heureux gagnant de la télé-réalité The Best Immigrant. Un jeu TV qui convoque les plus bas instincts de l’humanité, entre cynisme, humiliation et absence totale de compassion.
Sous ses airs de Black Mirror belge, le récit est peut-être un peu trop extrême pour être tout à fait réaliste, mais il atteint ce qui est sans doute son but : provoquer et faire réagir.
À défaut d’être totalement maîtrisée et souffrant d’un évident manque de moyens, The Immigrant questionne, et confirme le talent de Jennifer Heylen, déjà vue dans Oh, Otto!.
ALICE & STEVE (Disney+) – 14/20 : Une romcom au pitch original et piquant, qui voit deux amis quinquagénaires se déchirer lorsque Steve se met en couple avec la fille d’Alice. La méchanceté et la mesquinerie d’Alice est au niveau de sa déception et s’avère un excellent ressort de comédie. Si la série est centrée sur ce duo, elle ne néglige pas les autres rôles, tous bien écrits. Alice et Steve est une sorte de guerre des Rose entre amis, où l’amour et la rage cohabitent, où les pires crasses sont permises. C’est vraiment drôle, mais aussi parfois très triste, surtout lorsqu’on ressent l’affection derriere l’aigreur. On veut bien une saison 2 tiens.