Cinéma | LA VIE D’UNE FEMME – 14/20

Par Taibbo

De Charline Bourgeois-Tacquet
Avec Léa Drucker, Mélanie Thierry, Charles Berling

Chronique : La Vie d’une Femme est le « Léa Drucker movie » de la rentrée. On peut définir le genre comme un drame social, généralement humaniste, où l’actrice endosse le costume d’une profession bien identifiée (flic, avocate, prof…). La Vie d’une Femme entre dans la catégorie du film médical, avec une pointe de comédie romantique. Mais ne voyez aucun snobisme ni moquerie dans cette appellation, au contraire. Le « Léa Drucker movie » est une sorte de label et le plus souvent un gage de qualité. Le film de Charline Bourgeois-Tacquet ne déroge pas à la règle.
La comédienne campe avec son habituelle intelligence et un naturel épatant, Gabrielle, une chirurgienne bourreau de travail, ambitieuse par convenance plus que par conviction, qui a toujours fait passer les besoins de ses proches et le serment d’Hippocrate avant ses propres désirs. Elle va sentir son cœur palpiter un peu plus vite que d’habitude lorsqu’une écrivaine venue l’observer à l’hôpital pour son prochain livre lui fait des avances. Cette situation insensée pour elle va la déconcerter, la déstabiliser, tout le sujet du film étant de savoir si elle va finir par céder à ce trouble inédit.
La réalisatrice déploie une mise en scène au réalisme brut, sa caméra filmant au plus près son actrice principale, mais traversée parfois de moments très poétiques, comme cette scène de flirt intense dans un appartement transformé en scène de ballet, ou lors d’une pause romantique dans les montagnes italiennes. La structure en courts chapitres permet d’appréhender et de justifier les ellipses du scénario, et confère au récit une certaine harmonie, que de très jolies chansons en guise de bande-son renforcent. Elle rythme aussi l’intrigue en son cœur, le rapprochement professionnel, affectif et finalement charnel entre Gabrielle et Frida, une belle histoire d’éveil à une nouvelle sensualité, déroulée naturellement et sans à-coup malgré le bouleversement intime qu’elle implique.
Léa Drucker et Mélanie Thierry l’incarnent avec une passion simple et une justesse d’interprétation ne souffrant d’aucune contestation. On y croit. Drucker est de bout en bout magistrale, ce qui est tout sauf surprenant, que ce soit dans la découverte de cet élan amoureux inédit ou dans son rôle de Cheffe de service à l’hôpital.
La Vie d’une Femme est un portrait délicat, pointu et nuancé, très ancré dans son époque et incarné avec maestria.
Eh oui, on aime beaucoup les « Léa Drucker movies » par ici

Synopsis : Gabrielle se consacre corps et âme à son métier. Chirurgienne et cheffe de service dans un hôpital public, elle court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Il lui reste peu de temps pour sa vie privée — un mari qui l’aime et une mère dont elle doit s’occuper. Lorsqu’une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre vacille. Dans le quotidien que Gabrielle s’est construit, y a-t-il de la place pour l’inattendu ?