Une jeunesse indienne

Un million d'indien, et moi et moi et moi...

Dans l’Inde contemporaine, deux amis d’enfance font devoir faire face aux carcans persistants édictés par la société indienne. Même si le système de caste est aboli par la Constitution, les vieux réflexes ont la dent dure ; le musulman et la caste inférieure n’ont guère de chance de bénéficier de l’ascenseur social. Ce film présenté à Cannes dans la section « Un certain regard » a le mérite de montrer très frontalement cette société fracturée et les dégâts humains qu’elle occasionne. Ce film politique ne peut faire naitre que de l’indignation et de la colère ; et en çà ce film est indispensable. Et je préfère ne retenir que la portée politique du propos, car pour le reste j’ai trouvé le film très démonstratif, didactique et appuyé. Le scénario fait vivre aux deux jeunes hommes tout ce qui possible et inimaginable afin d’enfoncer le clou et de montrer toutes les injustices possibles. A trop vouloir asséner son propos, il sombre lentement vers un pathos un peu facile. Et pourquoi toutes les trois minutes vouloir provoquer une émotion qui est en plus souvent artificielle. Tout est verbalisé ; il est impossible pour le spectateur de générer sa propre émotion, puisque l’on nous dit sans cesse ce qu’il convient de ressentir.

Donc ce film est essentiel pour sa ferveur politique et il permet aussi de voir , au travers d’une grande séquence, comment l’épidémie de Covid et le confinement dans les pays peu développés a provoqué comme désastre sur une population démunie.

A voir pour la photographie de l’Inde d’aujourd’hui et le manque de perspective de ses jeunes mal nés.

Sorti en 2026

Ma note: 10/20