Plus Forts que le Diable (2026) de Graham Guit

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Surtout à ne pas confondre avec le Classique "Plus Fort que le Diable" (1953) de John Huston... Retour tout en discrétion du réalisateur Graham Guit avec son cinquième long métrage après une longue traversée après "Le Ciel est à Nous" (1997), "Les Kidnappeurs" (1998), "Le Pacte du Silence" (2003) et"Hello Goodbye" (2008). En fait ce projet est presque dû à un accident, à savoir que Manuel Molina, producteur belge lancé avec "Music Hole" (2022) de Gaëtan Liekens et David Mutzenmacher, a voulu revoir le premier film de Graham Guit mais étant introuvable il a contacté le réalisateur vie les réseaux sociaux pour pouvoir obtenir une copie, ce dernier lui répondit en lui envoyant un scénario inscrit dans la continuité de ses deux premiers films. Evidemment Manuel Molina se jeta sur l'occasion pour produire le nouveau film. Graham Guit cite comme référence le cinéma des réalisateurs Jean-Pierre Melville, Martin Scorcese, les frères Coen et les frères Safdie, ainsi que le film plus récent "The Insider" (2025) de Steven Soderbergh. Film interdit au moins de 12 ans... Valentin, un homme paumé et fauché retrouve son fils Joseph après plus de vingt ans d'absence. Mais les retrouvailles vont vite virer vers un chaos total... 

Valentin est incarné par Melvil Poupaud acteur fétiche de Raoul Ruiz qui l'a révélé, il retrouve aussi Graham Guit justement après "Le Ciel est à Nous" (1997), "Les Kidnappeurs" (1998), et vu plus récemment dans le très beau "Marcello Mio" (2024) de Christophe Honoré et "Les Règles de l'Art" (2025) de Dominique Baumard, tandis que son fils est joué par Nahuel Perez Biscayart vu entre autre dans "Les Leçons Persanes" (2020) de Vadim Perelman, "Un An, Une Nuit" (2022) de Isaki Lacuesta ou "Les Gens d'à Côté" (2024) de André Téchiné et retrouve après "Si tu Voyais son Coeur" (2017) de Joan Chemla sa partenaire Marine Vacth vue dans "ADN" (2020) de et avec Maïwenn, "Mascarade" (2022) de Nicolas Bedos ou "Badh" (2025) de Guillaume de Fontenay. Citons ensuite l'italienne Asia Argento fille de Dario Argento pour qui elle tourna plusieurs fois, vue dans ses propres films "Scarlet Diva" (2000) et "Le Livre de Jérémie" (2004), mais vue aussi dans "La Reine Margot" (1994) de Patrice Chéreau, "Marie-Antoinette" (2006) de Sofia Coppola ou "Une Vieille Maîtresse" (2007) de Catherine Breillat, Raïka Hazanavicius fille de l'acteur Serge Hazanavicius et nièce du réalisateur Michel Hazanavicius qui la fit tourner dans "Coupez !" (2022) et vue ensuite dans "La Venue de l'Avenir" (2025) de Cédric Klapisch, Julie Chen vue dans "Astérix et Obélix : l'Empire du Milieu" (2023) de et avec Guillaume Canet et "La Promesse Verte" (2024) de Edouard Bergeon, puis enfin Harpo Guit qui joua dans les films de son père  "Le Ciel est à Nous" (1997) et "Le Pacte du Silence" (2003), et qui va devenir lui-même réalisateur-scénariste avec son frère Lenny et qui a dirigé son père donc dans leur court-métrage "Nathalie vous Nique tous" (2016) et dans leur récent long métrage "Aimer Perdre" (2025)... Joseph/Guit, fiancé à Alice/Vacth retrouve complètement par hasard un père qu'il n'a jamais vraiment connu, Valentin/Poupaud, marginal pique-assiette, sans se douter que ce père qui a  a priori besoin d'aide va être le déclencheur d'une succession de drames. Le scénario s'avère très décousu, avec un faux rythme avec un chapitrage superficiel car inutile et gratuit, on est bien loin des frères Coen ou de Tarantino. Ce chapitrage met moins en évidence pourtant un récit qui évolue constamment de façon malicieuse. Ce qui débute comme une sorte de chronique familiale vire bientôt en délire mafieux sur fond de traite des femmes.

Dans tout ce délire et jeu de massacre, on souffre d'une B.O. trop cacophonique, des musiques souvent fortes mais surtout qui ne colle pas toujours à la scène, tandis que les écarts de traitement entre personnages et entre acteurs créent des décalages peu agréables, et parfois un manque de crédibilité. Ainsi, certains personnages méritaient d'être mieux et/ou plus écrit comme Gigi/Hazanavicius ou la commaditaire/Chen, d'autres surjouent ou cabotinent trop vis à des autres comme Mila/Argento, le seul a vraiment être épatant en quasi contre emploi reste Valentin/Poupaud, un savoureux parasite égoïste et lâche sous couvert d'une gentillesse ou d'une innocence feinte ; néanmoins, il est incompréhensible que Valentin soit aussi détaché et stoïque face à certains événements. C'est sur ces différents point qu'on peut se dire que la direction d'acteurs et/ou les choix du réalisateur ne sont pas judicieux. En conclusion un polar déjanté, qui manque encore de truculence et de fluidité pour convaincre, mais quelques scènes et surtout un Melvil Poupaud en grande forme font que le film n'est pas dénué de tout intérêt.

Note :   

09/20