De Martin Darondeau, Bertrand Usclat
Avec Pauline Clément, Laurent Stocker, Julien Frison
Chronique : Plongée truculente et trépidante dans les coulisses « du Français » un jour de première, De La Comédie Française est une courte parenthèse cinématographique (1h15) drôle et joyeuse, une petite bulle de fraîcheur en cet été caniculaire.
Remarquablement bien réalisée, notamment lors de quelques plans séquences bien sentis, la comédie repose sur une mise en scène menée tambour battant, vive et ingénieuse, et un rythme qui ne faiblit jamais, sans pour autant épuiser le spectateur. C’est frénétique, certes, mais pas hystérique, les réalisateurs Bertrand Usclat et Martin Darondeau s’appuyant sur un montage au cordeau pour parfaitement orchestrer le chaos.
Dialogues incisifs, personnages parfaitement croqués et immédiatement identifiables, comique de répétition bien exploité, on retrouve la patte de Darondeau et Usclat, auteurs de la pastille humoristique Broute qui détournait les clichés de notre époque et moquait ses travers avec élégance (en étant parfois en dessous de la réalité !).
Au-delà de la pure comédie, De La Comédie Française célèbre aussi l’esprit collectif qui anime la troupe et transcende les individualités. Quels que soient les conditions, les avaries rencontrées, les problèmes personnels de chacun, la pièce doit aller au bout, on n’annule pas au Français. Chaque minute du film crie son amour du théâtre et du spectacle vivant. Il peut pour cela compter sur des comédiens issus de la Maison de Molière créée il y a plus de quatre siècles. Ils ne jouent pas leur propre rôle, mais sans doute ceux de comédiens ou de techniciens qu’ils ont côtoyés. L’homogénéité et l’excellence des performances sautent aux yeux, leur complicité est évidente. Ils s’amusent autant qu’ils font honneur à la qualité d’écriture du scénario. On peut citer Marina Hands, Laurent Stocker, Julien Frison, Adeline D’Hermy ou les participations remarquées de Guillaume Gallienne et Benjamin Lavernhe, mais c’est Pauline Clément qui marque véritablement les esprits. Dans le costume de cette metteuse en scène à l’apparente fragilité, débordée par les catastrophes qui s’abattent sur son Macbeth à quelques heures de l’ouverture du rideau, elle crève l’écran et prend son autonomie après avoir longtemps été la sidekick d’Usclat. César worthy.
À sa manière, De La Comédie Française dévoile un peu des secrets de l’institution tout en la désacralisant malicieusement. Un irrésistible bonbon qui vous laissera le sourire aux lèvres.
Synopsis : Dans 3 heures, Nina dévoile sa première mise en scène à la Comédie-Française. Mais dans l’agitation des dernières répétitions, rien ne se passe comme prévu : retards, coups de stress, problèmes techniques et problèmes d’égo secouent la troupe. Pourtant, Nina n’a pas d’autre choix que d’aller jusqu’au bout car s’il y a bien une règle d’or à la Comédie-Française, c’est qu’on n’annule pas. Commence alors une course contre la montre pour sauver la représentation.