Cinéma | DISCLOSURE DAY – 07/20

Par Taibbo

De Steven Spielberg
Avec Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth

Chronique : 20 ans après La Guerre des Mondes, Disclosure Day marque le retour de Steven Spielberg au film d’aliens. Et c’est peu dire que c’est une déception.
Pas grand-chose ne fonctionne dans ce thriller paranoïaque old school, bavard et inconséquent. Et il ne faut pas longtemps avant de s’apercevoir que quelque chose cloche. Les personnages réagissent rarement de manière crédible aux évènements qu’ils vivent, comme s’ils étaient des pantins s’agitant pour tenter désespérément de donner du corps à une intrigue creuse et bancale. Il faut dire que l’enjeu, la révélation ou non de l’existence d’une vie extraterrestre, est faiblard. C’est surtout un sujet qui a déjà été traité maintes et maintes fois, souvent avec bien plus de sens et d’ampleur émotionnelle. Et d’émerveillement, ce dont Disclosure Day est totalement dépourvu. C’est un peu triste quand on pense aux chefs-d’œuvre SF bouleversants de Spielberg (E.T, Rencontres du troisième type).
Le scénario sur-explique un plot ultra simpliste, comme s’il s’agissait d’un film de plateforme qu’on doit pouvoir suivre tout en regardant TikTok sur son téléphone. Il est basique, multiplie les clichés, sans théorie métaphysique, twist surprenant ni concept novateur : Les extraterrestres nous rendent visites depuis un siècle, une société privée – ce sont les méchants – conserve les images de ces rencontres (toutes oui, aucune ne lui échappe), et d’autres individus veulent les divulguer par l’intermédiaire de deux humains « élus » par les aliens quand ils étaient enfants – ce sont les gentils. Les premiers poursuivent naturellement les seconds pour éviter que le commun des mortels ne sache.
Malgré son côté très premier degré, le script parvient à être confus, comme si des pistes narratives avaient été abandonnées en cours de route. Il multiplie les incohérences et les ellipses (pas vraiment volontaires), tout comme les non-sens scénaristiques. Un exemple, le personnage de Colin Firth a le pouvoir de prendre possession du corps de la personne dont il regarde la photo (ne demandez pas pourquoi, ni comment), mais n’en profite pas quand il pourrait justement facilement récupérer ce qu’il cherche depuis le début. On nous présente des artefacts magiques dont il faut accepter les pouvoirs sans plus d’explication (mais qui s’avèreront bien pratiques pour conclure l’histoire), on nous propose quelques flash-backs absurdes et des révélations qui font pschitt. Et entre temps, papy Steven déroule des scènes d’action poussives d’un autre temps et d’un terrible ennui, appuyées par une musique omniprésente et totalement inappropriée.
Difficile dans ces conditions pour les comédiens de défendre des personnages creux et sans consistance. Emily Blunt, Colin Firth et leurs partenaires font ce qu’ils peuvent pour susciter un semblant d’empathie, en vain.
Spielberg livre un blockbuster tristement terne, dénué de magie et déconnecté de son époque.
Disclosure Day est ringard, tout simplement.
Ironiquement, c’est peut-être dans son tout dernier plan que le film devient enfin intrigant.
Un conseil, contentez vous de la bande-annonce, c’est ce qu’il y a de plus d’excitant dans Disclosure Day.

Synopsis : Si tu découvrais que nous ne sommes pas seuls ? Si on te le montrait, te le prouvait, ça te ferait peur ? Les gens ont droit à la vérité. Elle appartient à sept milliards de personnes. Chaque seconde nous rapproche de l’inévitable… Disclosure Day.