The Convert (2023) de Lee Tamahori

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Remarqué avec son cultissime "L'Âme des Guerriers" (1994) Lee Tamahori s'était peu à peu laisser happé par la machine hollywoodienne de "Les Hommes de l'Ombre" (1996) à "Next" (2007) en passant par la 007 "Meurs un Autre Jour" (2002). Le réalisateur néo-zélandais revient chez lui avec "Le Patriarche" (2016) qui passe complètement inaperçu, un énième échec qui va compliqué le prochain projet. Des années passent donc avant que le cinéaste puisse financer son adaptation du roman "Wulf" (2012) de Hamish Clayton. Le scénario est co-écrit par le réalisateur-scénariste et Shane Danielsen scénariste des films "Errors of the Human Body" (2012) de Eron Sheean, "The World Made Straight" (2015) de David Burris et plus tard "Kid Snow" (2024) de Paul Goldman. Le film est présenté au Festival du film de Toronto 2023 mais il semble que la production et la promo du film ait été maladroit voir inexistant ce qui n'a pas aidé la diffusion du film. Le film sortira bien dans quelques pays mais rencontrera pas le succès. Malheureusement ce film reste le dernier film du cinéaste avant sa mort en 2025... Nouvelle-Zélande en 1830, pour chercher à fuir un passé sombre Thomas Munro est devenu prêcheur chrétien et a accepté une mission au coeur d'un territoire maori ravagé par les guerres tribales, Entre les conflits de territoire, les croyances et les ambitions coloniales Munro tente de se faire une place. Il parvient à sauver une jeune maorie d'une mort certaine et la prend sous son aile mais un nouveau drame va l'obliger à faire des choix... 

Thomas Munro est incarné par l'acteur australien Guy Pearce star de films comme "L.A. Confidential" (1997) de Curtis Hanson, "Memento" (2000) de Christopher Nolan, "Animal Kingdom" (2010) de David Michôd ou "Brimstone" (2017) de Martin Koolhoven, et vu depuis dans "The Brutalist" (2024) de Brady Corbet ou "La Disparue de la Cabine 10" (2025) de Simon Stone. Citons ensuite sa compatriote Jacqueline McKenzie remarquée dans "Romper Stomper" (1992) de Geoffrey Wright aux côtés de Russell Crowe qu'elle retrouvera pour les propres films de ce dernier dans "La Promesse d'une Vie" (2014) et "Poker Face" (2022), puis les maoris Tioreore Ngatai-Melbourne vue dans "A la Poursuite de Ricky Baker" (2016) de Taika Waititi, "Cousins" (2021) de Ainsley Gardiner et Briar Grace Smith ou "Whina" (2022) de James Napier Robertson et Paula Whetu Jones, Te Kohe Tuhaka qui retrouve son réalisateur après "Le Patriarche" (2016), vu dans "A War Story" (2018) de John Laing ou "Love and Monsters" (2020) de Michael Matthews, puis retrouve après "The Dead Lands, la Terre des Guerriers" (2014) de Toa Fraser et "Waru" (2017) film collectif dont les cinéastes Ainsley Gardiner, Briar Grace Smith et Paula Whetu Jones son partenaire Antonio Te Maioha et Lawrence Makoare pour de "The Dead Lands...", ce dernier retrouve aussi Lee Tamahori après "Meurs un Autre Jour" (2022), vu également dans "Napa Nui" (1994) de Kevin Reynolds, dans la saga "La Seigneur des Anneaux" (2001-2003) ainsi que dans la trilogie "Le Hobbit" (2013-2014) après laquelle il retrouve l'acteur Dean O'Gorman vu dans "Kawa" (2010) de Katie Wolfe ou "Dalton Trumbo" (2015) de Jay Roach, puis enfin Madeleine McCarthy apparue dans "Don't Make me Go" (2022) de Hannah Marks, et Duane Evans Jr. aperçu dans "Fantail" (2013) de Curtis Vowell ou "The Legend of Baron To'a" (2020) de Kiel McNaughton ainsi que dans les blockbusters "Avatar : la Voie de l'Eau" (2022) et "Avatar : de Feu et de Cendres" (2025) tous deux de James Cameron... Pour son dernier film Lee Tamahori revient aux sources, chez les maoris donc, et sur les sujets des guerres tribales comme de la colonisation les films sont rares on pense donc forcément au maître étalon du genre avec "Utu" (1983) de Geoff Murphy. On retrouve cette reconstitution très réaliste, immersive avec les paysages sublimes de la Nouvelle-Zélande, avec des acteurs maoris mais aussi des figurants amateurs maoris qui donnent autant de crédibilité que de légitimité, la violence également inhérente à ces guerres fratricides qui existent partout dans le monde malheureusement, dont le côté primitif ici peut faire écho aux guerres amérindiennes.

On peut y voit un parallèle avec "Danse avec les Loups" (1990) de et avec Kevin Costner mais avec moins de souffle épique. Le plus gros défaut du film réside dans ce personnage de prêtre, certe magnifiquement incarné par Guy Pearce, mais il méritait d'être moins convenu, son passé trouble et surtout son côté rédemption est galvaudé, on aurait préféré un soldat façon John Smith et Pocahontas qui choisit son camps ou un véritable prêtre pieux et non violent qui se confronte à la violence qu'il ne peut éviter. Le récit est tourne autour de lui mais on aurait une plongée plus viscéral dans la culture maorie qui est finalement plutôt sous-exploitée ou survolée. Il manque surtout ce qui fait sa différence notable avec le film de Costner, du souffle, du panache aussi et un traitement plus fouillé des relations maories. Néanmoins, Lee Tamahori signe un bon film qui mérite le détour.

Note :                 

13/20