
Ours d’Or à Berlin
Lui, prof à l’Université d’Ankara ; elle, comédienne au théâtre national ; tous deux reçoivent un jour une lettre jaune ; la lettre de révocation immédiate émise de manière arbitraire par le Régime autoritaire turc en place. Erdogan avait usé de ce même process pour faire taire tous les opposants potentiels ; Ilker Catak, le réalisateur allemand d’origine turc remarqué avec « La salle des profs », livre donc ici un pamphlet politique doublé d’un récit intime. Il met à jour les mécanismes insidieux de la dictature, qui viennent empoisonner la société, et les individus, jusque dans les sphères les plus intimes. Dans le couple, on voie de dessiner le dilemme entre eux provoquant des choix opposés ; entre courber l’échine et se révolter, chacun son chemin. L’autoritarisme fait qu’il devient un luxe d’user de sa pleine liberté d’expression, que la vie est faite de renoncement et de compromission ; çà fait froid dans le dos. Une des idées phare du film est de l’avoir délocalisé en Allemagne avec Berlin dans le rôle d’Ankara et Hambourg dans le rôle d’Istanbul. Pour nous occidentaux, c’est aussi l’occasion de prendre conscience que la poussée autoritaire est bien présente aussi chez nous et que ce qui est une critique du régime turc est aussi une dystopie politique à portée de fusil pour nos démocraties.
Après, mon regret dans ce film est qu’il ne sonde pas assez en profondeur les questionnements politiques et qu’il ramène trop souvent le propos à des considérations essentiellement individuelles et conjugales. Les dialogues et les situations sont aussi parfois bien trop explicatives et démonstratives.
Film militant fort utile mais pas indispensable
Sorti en 2026
Ma note: 12/20