Grand réalisateur avec des titres emblématiques comme "Douze Hommes en Colère" (1957), "La Colline des Hommes Perdus" (1965), "Serpico" (1973) ou "Un Après-Midi de Chien" (1975), Sidney Lumet est un précurseur en s'attaquant à l'univers des requins de la télévision. Le scénario est signé de Paddy Chavelsky oscarisé pour "Marty" (1955) de Delbert Mann, qui a signé ensuite "Les Jeux de l'Amour et de la Guerre" (1964) de Arthur Hiller ou "La Kermesse de l'Ouest" (1969) de Joshua Logan. Vu le sujet plutôt acerbe contre l'univers de la télévision aucune grande chaîne américaine n'accepta d'accueillir le tournage, finalement c'est donc au siège de la major MGM, productrice du film, qui accueilli le tournage dans ses locaux new-yorkais. Le film est un succès public et critique, avec en prime avec 4 Oscars et 4 Golden Globes dont le doublé pour l'actrice principale, le doublé pour le scénariste et le doublé pour l'acteur principal à titre posthume, celui pourra malheureusement peu de temps après la fin du tournage... Au milieu des années 70, les informations à la télévision changent. Le journalisme perd en effet pied face au pouvoir de l'argent et le besoin croissant de divertissement. C'est ainsi qu'une rédaction se bat pour maintenir leur audimat au plus haut...
Les cadres de la chaîne sont incarnés par Faye Dunaway alors au sommet avec "Chinatown" (1974) de Roman Polanski ou "Les Trois Jours du Condor" (1975) de Sydney Pollack et retrouve après "La Tour Infernale" (1974) de John Guillermin son partenaire William Holden vu dans "La Horde Sauvage" (1969) de Sam Peckinpah ou "Breezy" (1973) de Clint Eastwood, Peter Finch vu dans "Le Vol du Phénix" (1965) de Robert Aldrich et "Loin de la Foule déchaînée" (1967) de John Schlesinger, Robert Duvall auréolé du succès de la saga "Le Parrain" (1972-1974) de Francis Ford Coppola qui retrouvera dans "Betsy" (1978) de Daniel Petrie l'acteur Roy Poole vu dans "Mandingo" (1975) de Richard Fleischer, Ned Beatty remarqué dans "Délivrance" (1972) de John Boorman et "Les Hommes du Président" (1976) de Alan J. Pakula, Wesley Addy acteur fétiche de Robert Aldrich sur 8 films entre "En Quatrième Vitesse" (1955) et "Pas d'Orchidées pour Miss Blandish" (1971) et qui retrouvera Sidney Lumet pour "Le Verdict" (1982), Darryl Hickman vu notamment dans "Les Raisins de la Colère" (1940) de John Ford et "Le Désosseur de Cadavres" (1959) de William Castle, Beatrice Straight apparue dans "Appel d'un Inconnu" (1952) de Jean Negulesco ou "Au Risque de se Perdre" (1959) de Fred Zinnemann, William Prince aperçu dans "Aventures en Birmanie" (1945) de Raoul Walsh ou "Complot de Famille" (1976) de Alfred Hitchcock, Conchata Ferrell surtout remarquée plus tard avec entre autre "Edward aux Mains d'Argent" (1990) de Tim Burton, "Entre Ciel et Terre" (1993) de Oliver Stone ou "True Romance" (1993) de Tony Scott, puis enfin Lance Henriksen qui retrouve son réalisateur de "Un Après-Midi de Chien" (1975) avant de marquer les années 80 avec "Terminator" (1984) et "Aliens" (1986) tous deux de James Cameron... Une fois n'est pas coutume, le grand Sidney Lumet signe là sans doute son film le plus surestimé. Film oscarisé et même devenu un grand film au fil du temps il est pourtant un film qui a mal vieilli. Assurément, le projet était dans les années 70 aussi ambitieux que visionnaire, doté d'un casting prestigieux, d'une équipe idéale derrière la caméra, un scénario prometteur pour un résultat solide, parfaitement calibré et au propos tout à fait légitime... Mais alors quoi ?!
Malheureusement, le film est normalement un drame satirique qui dénonce et pointe du doigt la machine à cash que devient la télévision miné par une course à l'audimat qui ne finit pas de vampiriser la créativité et l'originalité. Bref, dès les années 70 on sent que la télévision est sur la piste glissante du "prête à tout" pour gagner le point d'audimat supérieur. Néanmoins, le scénario est limpide et efficace mais dans un rythme très monocorde, très bavard aussi, sans aucune montée en puissance que ce soit via un pseudo-suspense qui ne prend jamais ou via des destins finalement tous assez interchangeables. L'idylle est aussi attendue que convenue et n'apporte rien au récit. Le pire est ce côté satirique trop peu palpable, pas d'humour ou d'ironie, un film trop sérieux et trop sage pour convaincre pleinement. C'est ce qui manque à ce film certe en avance sur son temps sur le fond, mais qui laisse un peu froid sur la forme. Un film qui a marqué son époque, et donc à voir et à conseiller quoi qu'il arrive.
Note :
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