25ème long métrage, en comptant son premier film "Folle... Folle... Folle me Tim !" (1978) qui est aujourd'hui introuvable et qui n'a pas été commercialisé, de Pedro Almodovar chef de file du cinéma espagnol avec des classiques comme "Femmes au Bord de la Crise de Nerfs" (1988), "Talons Aiguilles" (1991), "En Chair et en Os" (1997) ou "Volver" (2006) sans compter ses derniers films "Madres Paralelas" (2021) et "La Chambre d'à-Côté" (2024). Réalisateur-scénariste, Almodovar a qualifié son film dès 2024 de "tragicomédie sur le genre". Notons que le titre français est une fois de plus à tes antipodes du titre original puisque le titre en V.O. est "Amarga Navidad" qui signifie "Noël amer"... Raul est un cinéaste culte en pleine crise créative. Lorsqu'un drame frappe l'une de ses proches collaboratrices, il s'en inspire pour écrire son prochain film. Peu à peu, il imagine Elsa, une réalisatrice en pleine écriture dont le parcours commence à refléter le sien. Les deux cinéastes deviennent les deux facettes d'un même personnage, dans un jeu de miroirs où l'impudeur de l'autofiction dévoile autant qu'elle détruit...
Le réalisateur Raul est joué par Leonardo Sbaraglia vu dans "Intacto" (2001) de Juan Carlos Fresnadillo ou "Les Nouveaux Sauvages" (2014) de Damian Szifron et qui retrouve son réalisateur après "Douleur et Gloire" (2019), tandis que son alter ego Elsa est incarnée par Barbara Lennie vue dans "Oro, la Cité Perdue" (2017) de Agustin Diaz Yanes, "Everybody Knows" (2018) de Asghar Farhadi, "El Reino" (2019) de Rodrigo Sorogoyen, "El Agua" (2022) de Elena Lopez Riera ou "Les Lignes Courbes de Dieu" (2022) de Oriol Paulo et retrouve également Almodovar après "La Piel que Habito" (2011), les deux acteurs retrouvent entre autre respectivement après "Bird Box Barcelona" (2023) des frères Pastor et après "Las 13 Rosas" (2007) de Emilio Martinez-Lazaro leur partenaire Patrick Criado vu récemment dans "La Vierge Rouge" (2024) de Paula Ortiz, et retrouve aussi après "La Gran Familia Espanola" (2013) de Daniel Sanchez Arevalo l'acteur Quim Gutierrez vu dernièrement en France dans "L'Île Rouge" (2023) de Robin Campillo. Citons ensuite Aitana Sanchez-Gijon vu dans "La Femme de Chambre du Titanic" (1997) de Bigas Luna ou "The Machinist" (2005) de Brad Anderson et qui retrouve Almodovar après "Madres Paralelas" (2021) à l'instar de Milena Smit et surtout de l'inénarrable Rossy De Palma qui joue dans son 9ème film pour son cinéaste fétiche depuis "La Loi du Désir" (1987) et vue récemment surtout en France avec "Carmen" (2022) de Benjamin Millepied ou "Apaches" (2023) de Romain Quirot, elle retrouve donc aussi Carmen Machi qui était dans "Parle avec Elle" (2002) et "Etreintes Brisées" (2009) vue depuis dans "El bar" (2017) de Alex de La Iglesia ou "Veuve Noire" (2025) de Carlos Sedes, puis Gloria Munoz vu également chez Almodovar dans "La Fleur de mon Secret" (1995) et vue plus récemment dans "Yucatan" (2018) de Daniel Monzon ou la série TV "La Terre des Felles" (2024), n'oublions pas Victoria Luengo vue dans "La Chambre d'à-Côté" (2024) et actuellement dans le rôle principal de "L'Être Aimé" (2026) de Rodrigo Sorogoyen, et enfin la chanteuse Amaia Romero dans son premier rôle au cinéma après une apparition dans la série TV "La Mesias" (2023)... On le sait d'emblée, ce Raul/Sbaraglia est un alter ego de Almodovar lui-même, dans une introspection qui rappelle forcément celle de "Douleur et Gloire" (2019), film surestimé. Almodovar se regarde donc le nombril et s'interroge sur l'inspiration et la créativité mais avec un postulat de départ et un enjeu qui va paraître bien mince quand on arrive à la conclusion. La première partie est intéressante, avec ces deux histoires parallèles qui renvoie alors, ironie du sort, au tout récent "Histoires Parallèles" (2026) de Asghar Farhadi sur un sujet pas si éloigné. Le parallèle est malin, avec des similitudes forcément importantes mais avec aussi assez un jeu des sept différences qui permet justement ce prisme autour de l'inspiration où comment la trouver.
En vérité le scénariste Raul n'est pas en panne d'inspiration, il est en cours de création et fait donc appel à ce qui l'entoure, ses proches ou non, les événements dont il peut être témoin ou pas, ... etc... Bref, comme n'importe quel artiste en sommes. Et c'est là que nous commençons à nous ennuyer, quand on comprend que l'enjeu, l'intrigue repose sur ce constat, cette évidence... ATTENTION SPOILERS !... la lectrice et conseillère Monica/Sanchez-Gijon de Raul/Sbaraglia est sa plus proche collaboratrice depuis plus de 20 ans mais là elle fait une crise sur un processus créatif tout ce qu'il y a de plus banal, et on comprend alors que tout le récit repose sur cette crise surréaliste... FIN SPOILERS !... Ainsi le twist arrive comme un cheveu sur la soupe, ou plutôt comme un rebondissement si peu compréhensible de la part du personnage qu'on se dit tout ça pour ça, et ce malgré une toute fin savoureuse. Ensuite reste la forme, le style Almodovar qui ne fonctionne pas toujours. La photographie, les couleurs, la lumière est du pur Almodovar, mais la mise en scène trop théâtrale, trop figée, sans aucun rythme finit par instaurer un récit apathique auquel on n'arrive pas à accrocher, et pire que tout, qui ne nous offre aucune émotion exception faite peut-être du personnage de Patricia/Luengo, seul personnage dont on en apprend assez pour nous émouvoir. Une déception (encore) pour un réalisateur qui semble justement en panne d'inspiration. On est bien loin de son dernier chef d'oeuvre "Volver" (2006)...
Note :