Cinéaste italien notamment connu pour les films "Pain, Tulipes et Comédie" (2000), "Je brûle dans le Vent" (2002) et "Ce que je veux de Plus" (2010), Silvio Soldini revient avec une histoire vraie, celle de Margot Woelk (Tout savoir ICI !). Soldini adapte la biographie éponyme (2018) de Rosella Postorino qui sort donc peu de temps après les révélation de la principale intéressée qui s'est tue durant toute sa vie jusqu'à ses révélations quelques temps après son 95ème anniversaire en 2012. Réalisateur-scénariste Soldini co-écrit son scénario à plusieurs mains dont Doriana Leondeff qu'il retrouve pour leur 7ème collaboration depuis "Les Acrobates" (1997), et elle retrouve après "When the Night" (2011) la réalisatrice Cristina Comencini qui débuta comme scénariste auprès de son père avec "Cuore" (1984) et surtout "La Storia" (1986) de Luigi Comencini, devenue réalisatrice elle retrouve à l'écriture après ses films "La Bête dans le Coeur" (2005) et "Le Train des Enfants" (2024) les deux scénaristes des séries TV "Petra" (2020-2022) et "La Storia" (2024), Ilaroa Macchia qui a signé le script de "L'Attente" (2005) de Piero Messina, puis Giulia Calenda remarquée pour l'écriture de l'un des plus beaux films italiens de ces 3-4 dernières années avec "Il reste encore Demain" (2024) de Paola Cortellesi... Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Rosa est recrutée malgré elle pour devenir une des quinze goûteuses de Adolf Hitler. Deux fois par jour elle doit manger les plats prévus pour le Führer pour s'assurer que les plats ne sont pas empoisonnés...
Rosa est incarnée par Elisa Schlott aperçue sur grand écran dans "La Disparition de Julia" (2009) de Christoph Schaub mais vu ensuite essentiellement à la télévision dont dernièrement dans les séries TV "Nos Années Miraculeuses" (2020) et "L'Impératrice" (2022). Elle est entourée de plusieurs autres jeunes femmes, la plupart dans leur premier rôle comme Esther Gemsch, Emma Falck ou Berit Vander, mais aussi Olga Von Luckwald surtout connue pour la série TV "Die Chefin" (2013-2022), Kriemhild Hamann apparue dans le film "Le Mur qui nous sépare" (2024) de Norbert Lechner et Alma Hasun vue dans "La Mort au Prochain Chapitre" (2018) de Sascha Bigler, "Corsage" (2022) de marie Kreutzer et "Kafka, le Dernier Eté" (2024) de Georg Mass et Judith Kaufmann. Citons ensuite parmi les hommes Max Riemelt acteur fétiche de Dennis Gansel avec "Girls and Sex" (2001), "La Vague" (2008), "Nous sommes la Nuit" (2010) et "Le Quatrième Pouvoir" (2012) et vu dernièrement dans "Matrix 4" (2021) de Lana Wachowski et "La Belle Affaire" (2024) de Natia Brunckhorst, Peter Schorn apparu dans "Downhill" (2020) de Nat Faxon et Jim Rash ou "Une Vie Cachée" (2020) de Terrence Malick, Nicolo Vasetti vu dans "Le Cercle Littéraire de Guernesey" (2018) de Mike Newell ou "Le Dernier Voyage du Demeter" (2022) de André Ovredal, Boris Aljinovic surtout aperçu dans de nombreux épisodes de la série TV "Tatort" (2001-2013) ou dans "Sissi" (2022-2023) puis dans le film "Antboy : la Revanche de Red Fury" (2014) de Ask Hasselbalch, puis Marco Borriero apparu dans "Du Miel dans la Tête" (2019) de Til Schwieger ou "My Name is Vendetta" (2022) de Cosimo Gomez... La goûteuse d'où est partie l'histoire se nomme Margot Woelk, et il semble que tout repose sur ce qu'elle raconte 70 ans après les faits à l'âge canonique de 94 ans, autant dire que les faits manquent cruellement de vérifications historiques. D'ailleurs les historiens ne sont pas d'accord sur le sujet, citons deux historiens allemands, Sven Felix Kellerhoff qui affirme que Hitler n'avait pas de goûteur, tandis que Arnd Bauerkämper confirme l'inverse, et que d'ailleurs les services secrets britanniques auraient abandonner les plans d'empoisonnement soupçonnant l'existence des goûteuses... Donc attention, historiquement rien n'est sûr ! On peut se poser la question de l'authenticité du récit de Margot Woelk donc, surtout quand elle raconte qu'elle serait la seule qui aurait survécu notamment lors d'une exécution dont on se demande bien comment et pourquoi ?!
D'autant plus que le réalisateur italien ne met pas en scène cette femme mais une autre protagoniste nommée Rosa, et que le film occulte de nombreux faits dont les viols qu'elle aurait subi. Sur le fond trop de questions sans réponses, trop de vecteurs inconnus pour donner du crédit à cette histoire. Pourtant, qu'il y ait eu des goûteuses pourquoi pas ?! C'est loin d'être inimaginable, c'est plus que plausible mais alors pourquoi choisir de jeunes allemandes "aryennes" plutôt que des déportées par exemple ?! Si sur le fond tout ça manque de substance, de poids ou d'une réelle validation historique, il n'en demeure pas moins que le film offre un scénario malin et intéressant parce qu'il ne s'appuie pas complètement sur la mission des jeunes femmes mais sur la sororité entre elles et sur la condition des femmes allemandes en cette période. D'un côté les repas "forcés" avec une dimension thriller psychologique trop légère, trop sage mais avec une reconstitution clinique qu'on imagine tout aussi paranoïaque. De l'autre côté les relations entre ces femmes, seules, veuves ou non, avec des questionnements autour de l'avortement, de la fidélité, des enfants, de la famille... etc... Alors que le IIIe Reich s'effondre doucement autour d'elles. D'un point de vue historique il est dommage qu'il n'y ait pas eu d'études plus poussées sur ces goûteuses, et sur les dires de Margot Woelk. Sinon, le film est assez bien fait pour imprégner notre imagination, entre le désarroi des ces jeunes femmes et l'illusion d'une victoire de dernière minute.
Note :
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