Remarqué et révélé par ses courts métrages avec Laurel et Hardy essentiellement dans les 20, Leo McCarey est devenu un roi de la comédie burlesque notamment grâce au plus célèbre film avec les Marx Brothers, "La Soupe au Canard" (1933), mais aussi avec la fameuse comédie romantique et son auto-remake culte "Elle et Lui" (1939-1957). Pour son avant-dernier film, précédent donc son ultime "Une Histoire de Chine" (1962), mais sa dernière comédie le Producteur-réalisateur-scénariste adapte le roman "Rally Round the Flag, Boyx !" (1957) de Max Schulman, dont le titre reste celui du film en V.O. et signifie "Rassemblez-vous autour du drapeau, les gars !". McCarey co-écrit le scénario avec le prolifique Claude Binyon lui-même spécialiste de la comédie, avec ses propres films comme "Ma Femme et ses Enfants" (1949), "Un Grand Séducteur" (1952) ou "Il y aura Toujours des Femmes" (1953), ou pour les autres notamment avec une quinzaine de films de Wesley Ruggles dans les années 30, et plus tard "La Blonde Incendiaire" (1945) de George Marshall, "Trois Gosses sur les Bras" (1950) de Henry Koster, "Les Femmes mènent le Monde" (1954) de Jean Negulesco et même western "Le Grand Sam" (1960) de Henry Hathaway. Le film est plutôt bien accueilli, d'abord bien servi par un trop d'acteurs alors en pleine ascension, puis par un traitement de la relation homme-femme qui se détache nettement d'un certain Code Hays (tout savoir ICI !) qui reste encore bien présent... Harry Bannerman vit avec son adorable épouse et leurs deux enfants. Tout va pour le mieux ou presque, sa femme Grace est tellement occupée par ses nombreuses activités qu'il se sent délaissé. Désirant remettre un peu de piment dans leur couple il organise tant bien que mal un week-end en amoureux, mais c'était sans compter sur un projet de base militaire qu'il faut combattre et sur de leur voisine mariée Angela qui tente de séduire Harry avec toute son assiduité...
Le couple Bannerman est logiquement incarné par un couple à la ville, fraîchement marié et déjà un des couples les plus glamour de Hollywood, Joanne Woodward remarquée dans "L'Etreinte du Destin" (1955) de George Sherman et oscarisée pour "Les Trois Visages d'Eve" (1957) de Nunnally Johnson et qui retrouve aussitôt après "Les Feux de l'Eté" (1958) de Martin Ritt son époux Paul Newman nouvelle coqueluche de Hollywood après "Marqué par la Haine" (1956) de Robert Wise et surtout alors en pleine reconnaissance avec la même année "Le Gaucher" (1958) de Arthur Penn et surtout "La Chatte sur un Toit Brûlant" (1958) de Richard Brooks dans lequel il retrouve son partenaire Jack Carson apparu auparavant dans plusieurs classiques comme "J'ai le Droit de Vivre" (1937) de Fritz Lang, "L'Impossible Monsieur Bébé" (1938) de Howard Hawks ou "Une Etoile est Née" (1954) de George Cukor. Citons ensuite la belle vénéneuse incarnée par Joan Collins alors au sommet après "La Terre des Pharaons" (1954) de Howard Hawks, "La Fille sur la Balançoire" (1955) de Richard Fleischer ou "Bravados" (1958) de Henry King, tandis que son époux peu regardant est joué par Murvyn Vye aperçu dans "Le Port de la Drogue" (1953) de Samuel Fuller, "Rivière sans Retour" (1954) de Otto Preminger ou "Cette Nuit ou Jamais" (1957) de Robert Wise. Citons ensuite la toute jeune Tuesday Weld révélée dans "Rock, Rock, Rock !" (1956) de Will Price et qui deviendra une magnifique vedette à partir de "Le Kid de Cincinnati" (1965) de Norman Jewison avec des films comme "A la Recherche de Mister Goodbar" (1977) de Richard Brooks, "Il était une Fois en Amérique" (1984) de Sergio Leone ou "Chute Libre" (1993) de Joel Schumacher, Dwayne Hickman vu apparu dans "Le Garçon aux Cheveux Verts" (1948) de Joseph Losey ou "Années de Jeunesse" (1950) de William A. Wellman, Gale Gordon aperçu dans "Here We Go Again" (1942) de Allan Dwan ou "Suzy... Dis-Moi Oui" (1950) de Edward Buzzell, O.Z. Whitehead vu dans "Les Raisins de la Colère" (1940) de John Ford, "La Femme aux Cigarettes" (1948) de Jean Negulesco ou "Le Pirate" (1948) de Vincente Minnelli, Jack Ging surtout remarqué plus tard pour ses apparitions aux côtés de Clint Eastwood dans "Pendez-Les Haut et Court" (1968) de Ted Post, "Un Frisson dans la Nuit" (1971) et "L'Homme des Hautes Plaines" (1973), David Hedison aperçu dans "Torpilles sous l'Atlantique" (1957) de Dick Powell ou "La Mouche Noire" (1958) de Kurt Neumann, Percy Helton vu dans "Pour Toi j'ai Tué" (1949) de Robert Siodmak, "En Quatrième Vitesse" (1955) de Robert Aldrich ou "Le Rock du Bagne" (1957) de Richard Thorpe, puis enfin Jon Lormer remarqué cette même année faste dans "La Meneuse de Jeu" (1958) de Joseph Anthony, "Je Veux Vivre !" (1958) de Robert Wise et "La Fureur des Hommes" (1958) de Henry Hathaway... Fin des années 50, et voilà qu'un homme marié et une femme mariée qui se connaissent se mettent soudain à flirter gentiment, sans réelles arrières-pensées a priori, juste parce que parfois ça fait du bien de savoir qu'on peut encore plaire. Petites allusions, sourire charmeur et oeil-de-biche se suffisent ainsi le temps de quelques minutes. Puis on s'aperçoit que monsieur Bannerman/Newman est en fait peu satisfait de sa vie conjugale, madame est constamment prise par ses activités communautaires et on perçoit un sérieux manque de libido au sein du couple. Idem, madame Hoffa/Collins se permet d'optimiser son sex-appeal pour séduire à tout va puisque son époux est apparemment trop prit pas son travail.
Si monsieur Bannerman aime sa femme et tente de "réveiller" son couple, peu aider par une épouse aveugle dont le quotidien de bonne mère américaine lui convient parfaitement, madame Hoffa est elle prête à assouvir ses désirs avec un autre s'il le faut. S'ensuit alors un jeu de séduction à sens unique, l'une cherchant un amant idéal en la personne de Bannerman, l'autre tentant de rester fidèle mais que les quiproquos et la malchance va bousculer un temps soit peu. On s'étonne des dialogues, certe plutôt subtils aujourd'hui mais qui en 1958 on dû en faire sursauter plus d'un, remplis de sous-entendus ouvertement sexuels mais souvent particulièrement bien amenés et savoureux.Les charmes de Paul Newman et de Joan Collins font le reste, cette dernière volant la vedette sans sourciller à madame Bannerman/Newman la trop sage Joanne Woodward. La partie camps militaire est très sympathique aussi même si elle sert de contexte social, qui amène à un jeu de rôle aussi burlesque que loufoque, un délire réjouissant mais peut-être un peu trop délirant comparé au reste du film, plus fin et plus conjugal. Néanmoins, les situations cocasses ne manquent pas comme ces intermèdes "fantasmagoriques" ou la danse éthylique. C'est très drôle souvent et d'une acuité plus que certaine sur le fond. Parfois il y a quelques longueurs (la trop longue discussion du couple Bannerman au début par exemple, le "jeu") mais dans l'ensemble c'est une comédie pleine de vitalité agrémentée, une fois n'ets pas coutume, d'une voix Off satirique qui ne manque pas de sel. Un très bon moment.
Note :
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