Notre premier film du jour a été le rattrapage de L’Abandon, présenté hier hors compétition.
Le long métrage de Vincent Garencq nous expose l’affaire Samuel Paty, cet enseignant assassiné en pleine rue par un terroriste islamiste, en octobre 2020, alors qu’il sortait de son collège en région parisienne.
Dix jours auparavant, Samuel Paty (Antoine Reinhardt) avait montré à des élèves des caricatures du prophète Mahomet publiées par Charlie Hebdo, dans le cadre d’un cours consacré à la liberté d’expression. Rien d’exceptionnel, le sujet était au programme scolaire et les images montrées faisaient partie des illustrations mises à disposition par l’académie. Deux incidents ont conduit au drame. Il y a déjà eu un malentendu, lors d’un premier cours. Par égard pour ses élèves de confession musulmane, il a proposé à ceux qui le souhaitaient de fermer les yeux ou de sortir de la classe, pour ne pas être choqués par les caricatures. Certains élèves se sont sentis stigmatisés et se sont plaints au proviseur. Le professeur a appelé les parents d’élèves pour expliquer sa démarche, pédagogique, laïque et respectueuse de tout le monde et l’incident a vite été clos. Il y a ensuite eu les mensonges d’une élève qui n’a jamais assisté au cours en question, puisque fréquemment absente ou en retard. Mais, pour éviter d’être réprimandée par ses parents pour sa prochaine expulsion, sans lien avec le cours de Samuel Paty, elle leur a dit avoir été exclue pour s’être opposée à la projection des caricatures en classe. Le père de la gamine, outré, s’est empressé de diffuser sur les réseaux sociaux une vidéo où il racontait le “scandale”, en faisant un enjeu civilisationnel entre une France raciste, islamophobe, et les musulmans de France. Un homme fiché S, connu pour sa radicalisation, mais se présentant comme le représentant des imams de France, est intervenu pour amplifier la diffusion de cette vidéo et favoriser l’émergence de contenus incitant à la haine et au désordre, exposant l’enseignant à la menace d’une fatwa contre lui.
Le film de Vincent Garencq reconstitue patiemment l’enchaînement des faits, s’attachant, comme le défunt professeur, à adopter tous les points de vue, pour ne pas tomber dans la caricature. Il reste constamment à bonne distance, évite tout sensationnalisme, tout effet mélodramatique superflu. Il va à l’essentiel, sans esbroufe, insistant sur l’écheveau de mensonges et de réactions disproportionnées qui a conduit à la tragédie. L’Abandon sera sans doute utile pour éduquer de futures générations d’élèves, les sensibiliser aux dangers de la radicalisation ou aux méfaits des rumeurs sur les réseaux sociaux. Pour les spectateurs d’aujourd’hui, qui connaissent déjà les faits, l’intérêt est déjà plus limité. A la rigueur, peut-on encore être surpris par la rigidité des services de l’État, la lourdeur des démarches administratives auprès d’entités aux acronymes obscurs, le manque d’anticipation des dangers par les autorités ou les disputes politiques locales qui nuisent à l’intérêt général, tout ce qui a pu, d’une certaine façon, faciliter le passage à l’acte du terroriste. Mais cela est surtout évoqué en fin de film, très rapidement, sans véritable exploration du sujet. On peut aussi regretter que ne soit pas davantage évoqué le contexte ayant favorisé le drame : la poussée de xénophobie et d’islamophobie au sein de la population française et le sentiment de vivre dans un pays fragmenté, où les individus sont traités différemment en fonction de leurs origines.
Il y a aussi, face à ce film, une forme de gêne. Fallait-il aussi rapidement porter cette histoire à l’écran, alors que le procès en appel vient à peine de se terminer ? Est-il opportun, alors que le pays se prépare à des élections présidentielles importantes et que les idées extrémistes ont le vent en poupe, de remettre ces questions sur le tapis, au risque d’orienter le débat exclusivement sur elles ? On ne le pense pas…
Cela dit, en France, nous avons la chance d’avoir un régime démocratique. Si nous étions, par exemple en Haïti, nous aurions les pires difficultés à organiser des élections présidentielles ou à garantir la stabilité du pouvoir. La corruption serait monnaie courante et certains quartiers de la capitale seraient en proie à des gangs armés… Autant dire qu’il est très difficile de se sentir libre dans ces conditions, et que réaliser un film dans ce pays relève de la gageure. Pourtant, c’est ce qu’a accompli Géssica Généus avec Marie-Madeleine, film présenté dans la section Cannes Première, et qui s’avère être une belle ode à la liberté.
Elle filme la rencontre de deux êtres que tout oppose : Marie-Madeleine (Géssica Généus) est prostituée dans un bordel à Jacmel, au sud de Port-au-Prince, Joseph (Béonard Monteau) est le fils du pasteur d’une communauté évangélique qui vient d’installer son église juste en face de la maison close. Oui, cette cohabitation est étrange, et crée quelques tensions, mais dans un pays où sorcellerie vaudou et religion coexistent, où gangs criminels, policiers véreux et politiciens font de petits arrangements et où des personnes peuvent être brûlées vives après un procès en loup-garou, rien ne devrait nous étonner encore…
En Marie-Madeleine, Joseph ne trouve pas vraiment une maîtresse ou une accorte amante, mais un modèle de liberté, qui l’encourage à développer sa passion pour la photographie et à s’ouvrir au monde, en toute liberté, plutôt que de vivre constamment selon les règles austères de sa communauté, repliée sur elle-même, fermée au reste de la population. A l’inverse, le bordel est un lieu de solidarité, d’entraide, un endroit accueillant. Sa foi se met à vaciller et il traîne de plus en plus hors de l’église, provoquant la colère de son père et des autres fidèles. Evidemment, tout cela ne peut pas finir de façon très positive… Mais pendant un peu plus d’une heure et demie, on se prend à rêver d’un peu de douceur, d’un vent de liberté, qui se traduit, à l’écran, par de belles séquences de cinéma : moments de transe, comme celui où l’héroïne flotte au-dessus des toits, de danse ou de sensualité. Pour sa deuxième réalisation après Freda, la cinéaste impose un style singulier et se pose en porte-drapeau d’une nouvelle vague du cinéma haïtien, longtemps portée par le seul Raoul Peck.
Dans Fatherland, premier film en compétition du jour, Pawel Pawlikowski nous entraîne dans le passé, à une époque tout aussi sombre, celle de la transition entre la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide, dans une Allemagne dévastée et déjà divisée, entre U.R.S.S. et bloc occidental. Le long métrage se situe en 1949 et narre le retour de l’écrivain Thomas Mann (Hanns Zischler) dans son Allemagne natale, seize ans après avoir fui le régime nazi. Il a accepté de venir commémorer le souvenir de Johann Wolfgang von Goethe, l’un de ses écrivains favoris. Accompagné de sa fille Erika (Sandra Hüller), qui est également sa secrétaire, il se rend d’abord à Francfort, participe à une conférence de presse, puis à une soirée mondaine. Journalistes et officiels lui demandent de se positionner clairement sur le plan politique : soutient-il le bloc de l’Ouest, comme devrait le faire le citoyen américain qu’il est devenu ? Ou bien a-t-il des accointances avec les idées communistes, chères au bloc de l’Est. Mann ne se revendique ni de l’un, ni de l’autre, et encore moins de la politique nazie qui a conduit l’Allemagne et le monde vers le chaos. Il pense qu’aucun des deux systèmes – capitaliste et communiste – ne pourra fonctionner. Il milite davantage, comme Goethe, pour un humanisme conservateur, un développement des individus par la culture, l’expérience, la connaissance de soi et le contact avec les grandes œuvres, et pour une société qui progresserait par maturations successives, sans révolutions brutales et différences de classes trop radicales. Pour ne pas prendre parti, autant que pour rendre hommage à son maître littéraire, il décide d’accepter également l’invitation de la ville de Weimar, à l’est, où Goethe a longtemps vécu. Cette fois-ci, il est mis entre les pattes d’un apparatchik chargé de le gagner aux idées soviétiques.
A chaque fois, Thomas Mann refuse de s’engager et tente de faire valoir ses idées avec des discours brillants. Ceux-ci sont bien dérisoires face à la puissance des deux camps opposés, mais l’écrivain veut encore y croire, en tant que brillant intellectuel et auteur reconnu.
Son fils, Klaus (August Diehl), que l’on voit dans la scène d’introduction, a bien compris, lui, que l’époque qui s’ouvre allait être aussi sombre et désabusée que la précédente et qu’aucun espoir n’était permis. Il a préféré mettre fin à ses jours juste au moment où son père a reposé le pied en Allemagne, laissant Erika dévastée. Comme toujours chez Pawlikowski, le film adopte une forme en parfaite adéquation avec ses thématiques. L’image est au format carré, dans un noir et blanc à la fois austère et sublime, comme dans Ida et Cold War, deux autres films du cinéaste dédiés à la période de la guerre froide. Cela donne une impression d’enfermement, d’étroitesse ou d’aliénation, renforcée par une majorité de scènes en intérieur, dans des chambres d’hôtel feutrées ou des lieux oppressants, capturées en plan fixe. Et dans le même temps, le cinéaste et son chef-opérateur, Łukasz Żal, jouent sur la profondeur de champ de façon magistrale, pour procurer le vertige, comme si l’Allemagne et l’humanité se trouvaient pris dans un étau, tiraillés entre un ancien monde en décrépitude, sur le point de disparaître, et un nouveau monde au potentiel plus vaste, mais menaçant de tout submerger sur son passage. Le décalage entre l’image en avant-plan et la profondeur de champ correspond également à la combinaison de scènes intimistes, autour du drame familial vécu, et de quelque chose de plus grand, de plus politique, qui dépasse les personnages.
Dit comme cela, Fatherland a tout du film austère et déprimant. Il l’est un peu, mais réussit malgré tout à instiller un peu d’espoir, en toute fin de récit. Erika et son père visitent une église Arnstadt où Jean-Sébastien Bach a travaillé. La bâtisse a été épargnée par les bombardements et des ouvriers restaurent l’orgue historique, qui se met à jouer “Jésus, que ma joie demeure”. La clé de la réparation – celle d’un pays, celle des individus – est sans doute là, dans ce patrimoine culturel, les émotions universelles que font naître les oeuvres d’art, les livres, les musiques. C’est ce que Goethe pensait. Et si les systèmes politiques s’entêtent à rendre la vie difficile, ils ne pourront jamais empêcher la beauté d’éclore.
Porté par l’interprétation toute en nuances de Sandra Hüller et Hanns Zischler, ainsi que la mise en scène ultra-précise de Pawlikowski, Fatherland s’impose comme le premier prétendant sérieux à la Palme d’or. Une palme austère, exigeante, a priori peu orientée vers le grand public, même si on se souvient qu’Ida, en son temps, avait été un succès surprise au box-office.
Histoires parallèles, le nouveau long métrage d’Asghar Farhadi, nous semble mieux armé pour toucher un public plus large. Le cinéaste iranien l’a tourné en exil en France, avec un casting français des plus prestigieux : Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney, Adam Bessa, plus India Hair et Catherine Deneuve dans un petit rôle. L’intrigue est une sorte de jeu de piste assez savoureux, qui reprend en partie la trame de Brève histoire d’amour (Décalogue VI) de Krzysztof Kieślowski mais en y greffant des histoires qui font écho les unes aux autres et viennent flouter l’intervalle entre la fiction et la réalité.
La première de ces histoires parallèles est celle de Sylvie (Isabelle Huppert), romancière connue, mais en perte d’inspiration, qui essaie de finaliser péniblement son nouveau livre. Pour stimuler son imagination, elle épie depuis quelque temps une femme blonde qui travaille dans l’immeuble d’en face et lui évoque sa mère. Elle l’a d’ailleurs baptisée Anna (Virginie Efira), comme cette dernière. La romancière observe Anna et ses deux collègues Pierre (Vincent Cassel) et Christophe (Pierre Niney), qui travaillent sur du bruitage de films dans le loft qu’ils louent au dernier étage. Elle s’imagine une sombre histoire d’adultère et de jalousie, qui conduit au drame, avant de se débarrasser du manuscrit.
C’est là qu’un jeune homme entre en scène. Il s’appelle Adam (Adam Bessa). Il a été engagé par la nièce de Sylvie (India Hair) pour aider cette dernière à libérer l’appartement. Tout en faisant les cartons, il observe avec intérêt la méthode de la romancière et ne tarde pas à épier lui-même cette femme blonde fascinante. Quand Sylvie lui dit vouloir se débarrasser de son manuscrit, Adam le récupère et prend contact avec cette femme qui l’obsède, qui s’appelle en fait Nita, pour lui faire lire ce récit.
Cette intervention inattendue occasionne des perturbations dans le groupe formé par Nita, son compagnon et patron Nicolas (Vincent Cassel) et le frère de ce dernier, Théo (Pierre Niney). La troisième histoire, c’est la leur. Elle est à la fois très différente de ce que Sylvie avait imaginé, et assez proche.
Asghar Farhadi semble beaucoup s’amuser à nous perdre dans les différentes strates de son récit. On y trouve des éléments récurrents, des situations similaires, mais inversées, des petits détails évoquant les yeux (la longue-vue, l’oeil au beurre noir,…) ou les oreilles (les micros, les casques, l’appareil auditif de Sylvie…). Les personnages, d’une histoire à l’autre, ont des tempéraments et des personnalités opposées, ce qui permet aux acteurs de montrer toute l’étendue de leur art dramatique. Par exemple, Virginie Efira incarne tour à tour une femme forte, séduisante et manipulatrice, puis une femme ordinaire, avant de se montrer sous un jour plus vulnérable. Il en va de même pour Vincent Cassel et Pierre Niney, qui peuvent décliner leurs personnages sur plusieurs registres. Mais même les personnages qui n’évoluent pas entre réalité et fiction se voient offrir la possibilité de changer. En cohabitant, Adam et Sylvie élargissent leurs horizons. Ils se transforment, unis par la même passion pour l’écriture.
Cette trame donne l’occasion à Asghar Farhadi de rappeler qu’il est un excellent directeur d’acteurs. Certes, il a su s’entourer de la fine fleur du cinéma français, mais il réussit à en tirer le meilleur, dans une langue qui n’est pas la sienne. D’autres noms prestigieux s’y sont cassé les dents. Lui réussit parfaitement son pari, comme il l’avait déjà fait avec Le Passé, sa première expérience française ou Everybody knows, son film espagnol avec Javier Bardem.
Bien sûr, on a le droit de trouver ce nouveau film inférieur à ceux qu’il a pu signer en Iran, qui critiquaient le pouvoir de manière subtile, en contournant la censure. Ici, il n’y a pas cet aspect politique qui donnait à ses oeuvres une tout autre dimension. Cependant, aujourd’hui, le cinéaste ne peut plus tourner en Iran, car il est définitivement dans le collimateur des autorités. Et le conflit actuel rend peu probable un retour prochain au pays. Alors, il faut accepter l’idée que le cinéaste aborde de nouveaux territoires, qu’il sorte de sa routine. Au moins, personne ne pourra dire qu’il fait toujours la même chose. Histoires parallèles n’est clairement pas le film le plus enthousiasmant du cinéaste, mais il n’en demeure pas moins de la belle ouvrage, réalisée avec beaucoup de soin.
En tout cas, on ne s’ennuie pas, malgré la durée de près de 2h20. C’est déjà ça.
Nous voilà rassurés quant au niveau de la compétition, après la journée d’hier plutôt mitigée. Pour autant, on ne peut pas dire que les films présentés brillent par leur légèreté : un assassinat terroriste, une histoire d’amour tragique dans un pays en pleine ébullition, la visite d’un pays dévasté et divisé, au bord du gouffre, des histoires de jalousie et de désirs contrariés,… Ouch ! Heureusement que le temps est au beau fixe sur la Croisette !
Pour nous remettre de tout cela, on aurait bien besoin d’un peu d’humour, de tendresse, d’humanité, voire même de quelques mots d’amour. Cela tombe bien, c’est exactement ce que propose Rudi Rosenberg dans Quelques mots d’amour, un film projeté dans la section Un Certain Regard. Le jeune cinéaste nous entraîne au début des années 1990 et nous accueille au sein de la famille d’Erika (Hafsia Herzi). Une famille de bric et de broc, composée, recomposée et décomposée. Il y a d’abord une fille aînée, Abigaelle (Ella Bedoucha, puis Nour Salam). Le père, Antoine (Stephan Chargeboeuf), n’a jamais voulu la reconnaître. Il est parti avant sa naissance et a rompu tout contact. Il y a aussi un garçon, Yoni (Aïdan Djouadi puis Mateo Danila). Pas un génie, selon l’aveu de sa mère, mais qui compense ses faiblesses par de l’espièglerie et un brin de provocation. Erika essaie de les élever seule, avec beaucoup d’amour, de tendresse et ce qu’il faut de poigne pour les canaliser. Ajoutons à cela Vanille, un chien errant recueilli par la famille, amateur de camembert et de gratouilles sur le dos, et les amis fidèles, Brigitte (Paulette Chetrit) et David (Jacques Sebban).
Leur appartement de Sarcelles abrite ce microcosme où chacun bénéficie de ce qu’il faut pour s’épanouir, malgré les chamailleries, les crises d’adolescence, les coups de fatigue de la mère. Pourtant, il manque parfois un élément essentiel de la vie de famille : l’unité.
Le problème principal, c’est qu’Abigaelle n’arrive pas à se faire à l’idée que son père l’a abandonnée. Elle s’est persuadée qu’il ne se tient à l’écart que par peur d’Erika, dont le tempérament volcanique peut effectivement être intimidant. Alors elle essaie fréquemment de nouer le contact, sans succès. Même lorsqu’elle découvre qu’il a refait sa vie ailleurs, avec une nouvelle épouse et qu’il a eu une fille un peu plus jeune qu’elle, Abigaelle ne renonce pas.
Avec le temps, cette quête d’amour paternel vire à l’obsession. Désormais âgée de quatorze ans, l’adolescente est prête à appeler tout le bottin pour retrouver la trace de son géniteur et obtenir de lui ne serait-ce qu’un mot, un sourire ou même un geste de dédain, qu’elle puisse enfin tourner la page et se construire une identité. Quand elle s’en rend compte, Erika met tout en oeuvre pour l’aider, tout en essayant de la préparer à une issue contraire à ses attentes, un rejet total de la part de son père. Ceci n’est pas sans générer quelques heurts, des difficultés de compréhension. Pour couronner le tout, Yoni sèche les cours pour échapper au harcèlement de ses camarades et Vanille profite de l’inattention d’Abigaelle pour repartir en vadrouille…
Le film utilise cette trame narrative toute simple pour mettre en exergue les liens familiaux : l’amour entre les mères et leurs enfants, la complicité entre frères et soeurs, malgré une cohabitation pas toujours aisée, les moments de tendresse partagés avec les animaux, membres du foyer à part entière, mais aussi les familles que l’on se crée – les amis, les copains…
Après avoir signé un premier film déjà fort sympathique, Le Nouveau, Rudi Rosenberg signe un second long métrage pétillant, drôle et tendre, aux dialogues ciselés, porté par une troupe de comédiens magnifiques. Hafsia Herzi, solaire et irrésistible, comme toujours, est entourée d’acteurs non-professionnels qui apportent à l’oeuvre une fraîcheur et un dynamisme remarquables. Le tout est apprêté avec soin, grâce à de belles images d’Eric Dumont, au montage rythmé de Delphine Genest et Bruno Tracq.
On sort de la salle complètement rassérénés, le moral regonflé à bloc, prêts à affronter des oeuvres plus sombres, plus lourdes. C’est sans doute ce que l’on appelle un “feel-good movie”. Celui-ci est très réussi.
Si on ne bifurque pas vers une histoire parallèle, à demain pour la suite de ces chroniques cannoises.