Cinéma | LE DIABLE S’HABILLE EN PRADA 2 – 12,5/20

Par Taibbo

De David Frankel
Avec Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt, Stanley Tucci

Chronique : On craignait un peu qu’elle se soit adoucie avec l’âge. Hell no ! Miranda Priestly n’a rien perdu de sa férocité, toujours prompte à dégainer répliques assassines et regards dédaigneux envers ses équipes. Elle n’a donc pas beaucoup changé. Le monde de la mode, lui, un peu plus.
En cela, le film de David Frankel capte plutôt bien l’air du temps : les marques historiques n’appartiennent plus à leurs fondateurs depuis longtemps et ont laissé la place à de grands conglomérats financiers et à quelques milliardaires aux moyens (donc au pouvoir) illimités.
Mais la satire flirte souvent avec la caricature, notamment avec ce personnage de Crésus gentiment benêt, inspiré par Jeff Bezos. Ça ne tape en vérité jamais très fort. D’ailleurs, la dénonciation du cynisme des ultras-riches et des grands groupes de Luxe a bon dos au regard du nombre affolant de placements produits à l’image. Ce qui n’est pas le moindre des paradoxes quand on se souvient que le premier film avait été largement boudé par les grandes marques, devenues ici les principales contributrices de sa suite.
La critique est un peu plus construite lorsqu’il s’agit d’aborder la révolution du monde de l’édition et les dangers qui pèsent sur le journalisme tel qu’on le connaissait : perte d’indépendance, disparition du papier au profit du tout dématérialisé, course aux clics et aux vues davantage qu’à la qualité du contenu…
Cela reste malgré tout globalement assez inoffensif, et il ne faut pas trop en demander à un scénario cousu de fil blanc et bourré d’invraisemblances. Mais on accepte volontiers ces facilités tant elles sont compensées par le plaisir intact de retrouver le flamboyant quatuor : la douceur très girl next door d’Anne Hathaway, la classe et la répartie de Stanley Tucci, l’insolence chic d’Emily Blunt et surtout le style incomparable de Meryl Streep, toujours impériale en grande prêtresse cruelle de la mode.
Côté mise en scène, David Frankel parvient par intermittence à insuffler du glamour et à traduire l’abondance de chic et de luxe à l’écran, notamment lors des Fashion Week. Mais cette suite souffre des mêmes problèmes de rythme que son aîné, avec plusieurs trous d’air qui affaiblissent une intrigue déjà assez mince. On se contente alors de quelques punchlines qui font mouche et des nombreux clins d’œil au premier opus qui raviront les aficionados.
Reste qu’il se dégage du Diable 2 une légèreté et une bonne humeur communicative qui font oublier la paresse d’un scénario pas toujours très inspiré. Certains l’ont comparé à une version upgradée d’Emily in Paris. Cela me semble assez pertinent.
À vous de voir si c’est un compliment ! Personnellement, la série a toujours été un petit plaisir coupable

Synopsis : Miranda, Andy, Emily et Nigel replongent dans l’univers impitoyable et glamour du magazine Runway et des rues new-yorkaises où l’élégance est une arme redoutable.