Silent friend

Par Dukefleed

Tree of life

« Et si les plantes nous observaient, tout comme nous les observons ? »

Le personnage principal du film est un arbre bicentenaire trônant dans le parc d’un campus universitaire allemand. Témoin de la vie du lieu, à travers lui, on suivra trois personnes à trois époques différentes, mais trois personnes fascinées par le lien entre l’homme et la nature. 1908, Grete la première femme a intégré l’université, passionnée de botanique comme Hannes en 1972 et pour finir par un neurologue de renom enfermé seul dans l’université lors du confinement de 2020 qui creusera à cette occasion les modes de communication avec le monde végétal. La réalisatrice hongroise repartie avec le Lion d’Or à Berlin pour ce film en profite déjà de manière formelle pour jouer avec ces trois époques : netteté froide du numérique (les scènes en 2020), les contrastes du 35mm en noir et blanc (les scènes en 1908) et un 16mm granuleux, strié de teintes chaudes et ensoleillées (les scènes dans les années 70). Et la beauté esthétique qui contamine tout le film ne se limite pas à cela ; par ses plans, on ressent le regard de cet arbre sur ces humains qui grouillent à ses pieds, on adhère au message métaphysique de la communication Homme-Végétaux ; par son fond sonore et musicale, on a bien conscience de vivre une expérience bien particulière ; une sorte de fable animiste et poétique autour de ce qui nous lie. L’Homme ne peut que prendre conscience de son passage éphémère en ce bas monde ; ce film appelle à l’humilité envers d’autres formes de vie et envers notre qualité de mortels à l’existence si courte sur Terre.

Attention tout de même, on peut facilement rester en dehors d’un film contemplatif durant 2h30 et parsemé de théories scientifiques parfois touffus et abscons. Même si la séquence dans l’amphithéâtre avec le professeur de neurologie et la lanterne est d’une écriture stupéfiante mais le film avançant ce n’est pas toujours comme cela et cela peut se révéler conceptuel. J’aurais bien un peu raccourci pour éviter de sortir du film à intervalles réguliers dans sa seconde moitié.

Une expérience sensorielle métaphysique

Sorti en 2026

Ma note: 12/20