Qausi inconnu malgré leur joli succès belge avec leur premier long métrage "Fils de Plouc" (2021), les frères Harpo et Lenny Guit reviennent avec une nouvelle comédie décalée. Notons qu'ils sont des enfants de la balle puisqu'ils sont les enfants du réalisateur Graham Guit notamment connu pour "Les Kidnappeurs" (1998) ou "Le Pacte du Silence" (2003). Volontairement tourné de façon à rendre poreux les notions de documentaire et fiction les deux réalisateurs-scénaristes avouent s'être inspirés des oeuvres des américains Nathan Fielder et John Wilson, mais aussi du film documentaire "Les Glaneurs et les Glaneuses" (2000) de Agnès Varda ainsi que de l'émission TV "Strip-Tease" (1985-2012)... Sans emploi et endettée, Armande, 26 ans, galère à Bruxelles. Malgré tout elle a un gros penchant pour le jeu et flambeuse n'hésite pas à prendre des risques inconsidérés car pour elle tous les paris sont bons. Tous, sauf un, le seul où elle peine à se risquer :le pari de l'amour...
Armande est incarnée par Maria Cavalier-Bazan remarquée dans le court métrage "Les Gorges" (2019) de Elsa Thomas. Elle rencontre Axel Perin qui retrouve la fratrie après "Fils de Plouc" (2021) retrouvant ainsi Claire Bodson vue dernièrement dans "Julie se tait" (2024) de Leonardo Van Diil et "La Nuit se traîne" (2024) de Michiel Blanchart, Michael Zindel remarqué dans "Elle & Lui & le Reste du Monde" (2024) de Emmanuelle Belohradsky et "Le Dernier des Juifs" (2024) de Noé Debré. Citons ensuite une certaine Catherine Ringer dont la carrière ciné reste essentiellement quelques années dans le X mais qui demeure l'éternelle star des Rita Mitsouko, Melvil Poupaud vu récemment dans son propre rôle dans l'excellent "Marcello Mio" (2024) de Christophe Honoré et qui retrouve après "Les Kidnappeurs" (1998) le père Graham Guit qui fait une apparition pour ses fils, Gwladys Lefeuvre et Habib Ben Tanfous se retrouvent également après "Fils de Plouc" (2021) à l'instar de Tom Adjibi vu également dans "Deux Jours, Une Nuit" (2014) des frères Dardennes et "Le Syndrome des Amours Passées" (2023) de Ann Sirot et Raphaël Balboni, puis enfin Sophie Sénécaut vu dans "Entre la Vie et la Mort" (2022) de Giordano Gederlini ou "La Nuit se traîne" (2024) de Michiel Blanchart... D'emblée on remarque le style très docu-fiction, avec un grain épais, avec plusieurs scènes filmées sans prévention dans les rues, ou bien avec des téléphones de mauvais qualités notamment pour la scène de casino pour accentuer le côté "séquence volée". Mais très vite ce choix stylistique dévoile deux facettes du film qui auraient pu s'entremêler mais qui au final se téléscopent pour un film indigeste et vain.
D'abord le style docu-fiction colle à l'immersion dans un milieu social défavorisé où Armande/Cavalier Bazan erre et survît, mais dans le même temps on attends toujours la comédie au bout de chaque scène et qui n'arrive jamais. On est dans "cassosland" et beaucoup trop au premier degré pour passer un bon moment ; en effet, la famille hôte de Armande est digne des Pierrafeu ou des Bidochon mais en version réaliste et crédible, sans oser une dérision nécessaire, sans gags. Mais surtout, le personnage principal de Armande/.Cavalier Bazan est un parasite, littéralement et constamment, qui ment, vole à chaque instant et même ses amis les plus proches sans qu'elle n'évolue jamais, bref comment être touché ou avoir un minimum d'empathie pour ce genre sangsue sociale ?! Elle est si détestable qu'on se demande où ont voulu nous emmener les cinéastes de ce road-trip socialo-urbain. La bulle est évitée grâce au caméo excellent et salvateur de Melvil Poupaud. A oublier...
Note :