Ex-acteur star de la série TV culte "Happy Days" (1974-1980), Ron Howard devient ensuite un des réalisateurs phares durant les années 80 avec "Splash" (1984) ou "Cocoon" (1985) et alors qu'il est en plein succès avec le thriller pyromane "Backdraft" (1991) il se lance dans un nouveau projet dont il a commencé à écrire l'histoire avec Rob Dolman son co-scénariste de son autre succès mondial "Willow" (1988). Ainsi après le heroic fantasy les deux hommes reviennent avec un fresque historico-romanesque de l'Irlande colonisée à l'immigration vers l'Ouest et le rêve américain. Plus tard Rob Dolman signera ses propres films avec "Sex Fans des Sixties" (2002) et "How to Eat Fried Worms" (2005). Le projet est ambitieux, mené par le tout nouveau couple star de Hollywood le production engage un budget alors assez faramineux de 60 millions de dollars, soit pour comparaison un tiers de plus que ses contemporains "Dracula" (1992) de Francis Ford Coppola et "Le Dernier des Mohicans" (1992) de Michael Mann. Le film est plutôt accueilli froidement, mais le public se déplace et le film engrange ainsi près de 138 millions de dollars au box-office Monde... Alors que la famille Donelly enterre le patriarche, les hommes du propriétaire incendie leur ferme. Le fils cadet, Joseph décide de se venger et de tuer le maître, monsieur Christie. Mais rien ne se passe comme prévu, il est blessé par la fille Shannon Christie et est fait prisonnier. Bien malgré lui, Shannon qui rêve de partir aux Etats-Unis fuit la demeure familiale et force plus ou moins Joseph à lui servir de domestique pour le voyage. L'arrivée en Amérique n'est pourtant pas si idyllique et leur rêve d'obtenir une terre gratuite en Oklahoma ne paraît pas si simple...
Joseph est interprété par Tom Cruise, star depuis "Top Gun" (1986) de Tony Scott confirmée par les succès de "Rain Man" (1988) der Barry Levinson ou "Né un 4 Juillet" (1989) de Oliver Stone, puis retrouve après "Jours de Tonnerre" (1990) de Tony Scott son épouse à la ville Nicole Kidman elle-même remarqué dans "Calme Blanc" (1989) de Phillip Noyce ou "Billy Bathgate" (1991) de Robert Benton, tandis que le couple se retrouvera pour le fascinant "Eyes Wide Shut" (1999) de Stanley Kubrick ainsi que leur partenaire Thomas Gibson vu entre temps dans "Le Temps de l'Innocence" (1993) de Martin Scorcese ou "Psycho Beach Party" (2000) de Robert Lee King mais qui sera surtout connu à la télévision avec les futures séries TV "Dharma et Greg" (1997-2002) et "Esprits Criminels" (2005-2016). Citons ensuite Robert Prosky vu dans "Christine" (1983) de John Carpenter ou "Green Card" (1990) de Peter Weir, Barbara Babcock apparue dans "Flics-Frac !" (1980) de Harold Becker ou "Back Roads" (1981) de Martin Ritt, Cyril Cusack apparu dans "L'Evadé de Dartmoor" (1948) de J.L. Mankiewicz, "L'Espion qui venait du Froid" (1965) de Martin Ritt ou "My Left Foot" (1989) de Jim Sheridan, l'irlandais Colm Meaney vu dans "Gens de Dublin" (1987) de John Huston, "Dick Tracy" (1990) de et avec Warren Beatty ou "The Commitments" (1991) de Alan Parker qui retrouve cette même année dans "Le Dernier des Mohicans" (1992) son compatriote Jared Harris fils de Richard Harris qui avait débuté juste avant dans "Le Dossier Rachel" (1989) de son frère Damian Harris. Citons encore Michelle Johnson qui retrouve son réalisateur Ron Howard après "Gung Ho, du Saké dans le Moteur" (1986) et aperçue dans "La Mort vous va si Bien" (1992) de Robert Zemeckis, Wayne Grace vu dans "John McCabe" (1971) de Robert Altman, "Jumeaux" (1988) de Ivan Reitman ou "Danse avec les Loups" (1990) de et avec Kevin Costner... La partie "far-west" a été tourné en fait dans le Montana (en lieu et place de l'Oklahoma donc), tandis que le reste a été tourné" en Irlande, Dublin faisant office de Boston, mais sinon les premières minutes ont été tourné à Dingle, lieu de tournage vingt ans auparavant du chef d'oeuvre "La Fille de Ryan" (1970) de David Lean. Le secteur de Dingle reste d'une grande beauté, et d'emblée la reconstitution d'époque fait son effet pour une immersion dans l'Irlande des années 1880-1890 parfaitement immersive dont les bonnes gueules gaéliques du pub en prime. Le contexte social est posé un peu simplement, un peu vite "fait bien fait" qui va malheureusement être symptomatique du reste du film. Quand le récit commence à prendre son envol, à savoir lors de la rencontre entre le pauvre jeune coq de la basse cour qui rencontre la belle aristo éprise de liberté tout en prenant son petit coq pour le domestique qu'il doti rester... ou pas ! Mais historiquement le film se prend les pieds dans le tapis du manoir... ATTENTION SPOILERS !... un fermier crasseux, voulant se venger, est soigner dans le lit soyeux des maîtres de maison en attendant d'être emmené par la maréchaussée, ben voyons ! On y croit. Il tente de fuir, mais pas de soucis le méchant demande aussi de le porter, pauvre miséreux, dans le lit soyeux, on y croit encore moins... FIN SPOILERS !... Soit cinq minutes de pure connerie, cinq minutes de action-réaction tout simplement pas crédible.
Néanmoins, on se laisse prendre ensuite même dans l'instant à peine croyable de la fuite de la Belle qui se rêve aventurière du Nouveau Monde et de son serviteur dévoué bien malgré lui. Le film est scindé en chapitres (non désignés), l'Irlande, la traversée Atlantique, l'arrivée en Amérique, l'apprentissage du Nouveau Monde avec travail et déconvenues, puis enfin l'Oklahoma. La partie américaine reste plutôt réussie, rappelant que le Rêve Américain c'est un peu comme la Ruée vers l'Or, de nombreux candidats mais peu d'élus. On s'attend évidemment à une passion entre les deux personnages principaux, mais bizarrement la Belle devenue simple pionnière et le petit coq devenu son égal se tourne surtout autour, on s'impatienterait presque. Mais surtout le scénario va trop vite, le récit avance sur un rythme effréné, sans compter les ellipses, on se dit que le film aurait pu gagner en consistance et gagner en souffle avec 20-30mn de plus. Le dernier acte reste le plus spectaculaire avec la course aux territoires (devenu presque mythique voir ICI !), qui a demandé plus de 800 figurants, 900 chevaux, mules et boeufs, 200 chariots et le tout filmé par neuf caméras. Impressionnant sur certains passages mais Ron Howard n'est ni Kevin Costner ni Spielberg et finalement on reste sur notre faim. En conclusion une fresque historico-romanesque dans une petite moyenne, il manque de chair et de sang, ça manque de passion et de souffle époque mais ça reste divertissant pour u petit moment cinoche de base.
Note :