Grand réalisateur italien avec notamment "La Bella Vita" (1994), "Caterina va en Ville" (2003), "La Prima Cosa Bella" (2010), "L'Echappée Belle" (2017) ou "Nuits Magiques" (2018), Paolo Virzi qui annonce un film qu'il a voulu "plus concis et plus rugueux" et précise ainsi : "Le film s'ouvre sur une atmosphère mystérieuse et pesante, et installe une attente en livrant peu d'informations. Nous sommes dans une Toscane hivernale, sauvage, inhospitalière, une campagne laissée à l'abandon, loin du paysage de carte-postale. (...) Adriano Sereni, un homme solitaire et taciturne, vit dans les anciennes écuries d'une villa inhabitées. Toutes ses journées se déroulent de la même manière. Il est incapable de quoi que ce soir, y compris de jardinier, il se laisse aller, se nourrit exclusivement de boîtes de conserve et fuit tout contact humain. Puis soudain, quelque chose se passe." Réalisateur-scénariste, Paolo Virzi collabore à nouveau avec son frère Carlo Virzi qui est cette fois co-scénariste, compositeur de la plupart des films de son frère, lui-même ayant signé son unique film "I Piu Grandi di Tutti" (2012), puis avec Francesco Bruni scénariste de la plupart des films de Paolo Virzi depuis "Ferie d'Agosto" (1995)... Adriano, un homme solitaire, vit dans les anciennes écuries de la Villa Guelfi, une demeure abandonnée. Lorsqu'une communauté de jeunes s'installe sur la propriété pour restaurer les terres et les vignes, il tente d'abord de les chasser. Parmi eux, Matilde, profondément liée à la villa où elle a grandi auprès de son grand-père, ravive la mémoire des lieux. Ils vont devoir apprendre à vivre ensemble...
Adriano est joué par Valerio Mastandrea qui retrouve son réalisateur après "Napoléon (et moi)" (2006), "Tutta la Vita Davanti" (2008) et "La Prima Cosa Bella" (2010) et vu entre autre dans "Fais de Beaux Rêves" (2016) de Marco Bellocchio ou "Adagio" (2023) de Stefano Sollima. Matilde est incarnée par la française Galatéa Bellugi dont le père était un acteur italien, remarquée par le réalisateur dans "Gloria !" (2024) de Margherita Vicario et vue plus récemment dans "La Condition" (2025) de Jérôme Bonnell et "L'Engloutie" (2025) de Louise Hémon. Citons ensuite Valeria Bruni Tedeschi, franco-italienne vue récemment dans "Chien 51" (2025) de Cédric Jimenez et "Eleonora Duse" (2026) de Pietro Marcello, retrouve Paolo Virzi après "Folles de Joie" (2016) et "Les Opportunistes" (2013) dans lequel jouait aussi Anna Lazzeri, les deux actrices se retrouvant aussi après "Les Amandiers" (2022) de Bruni Tedeschi elle-même et "Il n'y a pas d'Ombres dans le Désert" (2023) de Yossi Aviram. Citons encore Ilaria Spada apparu dans "Tout mais pas ça !" (2015) de Edoardo Falcone ou "Vacanze ai Caraibi" (2015) de Neri Parenti, Francesco Maria Dominedo apparu dans "Macho" (1993) de Bigas Luna, "Cover Boy : l'Ultima Rovoluzione" (2006) de Carmine Amoroso ou "Giulia" (2021) de Ciro de Caro, puis Anna Ferraiolo Ravel vue dans "Divine" (2020) de Jan Schomburg, "Scordato" (2023) de Rocco Papaleo ou "Foa" (2023) de Margherita Ferrari... Le film est un drame qui ne dit pas son nom, surtout que la bande-annonce, ou la promo dont un appuie sur l'éventuelle qualité de la photographie nos pousse au contraire à croire à un film plus léger que ce qu'il est en réalité. D'abord on nous prévient que la photographie a été pensée pour caler à l'évolution du récit, au début "l'image est froide et hostile, puis les couleurs deviennent plus chaudes à mesure que les saisons se succèdent et rendent le paysage plus agréable et accueillant." ; ce qui est loin d'être convaincant, Cette évolution "chaleureuse" n'apparaît pas très clairement, et finalement vu le récit et le scénario on ne voit pas bien l'espoir qui y serait perçu. Ensuite la B.A. nous laisse croire à une histoire sur fond de parallèle générationnel plutôt léger entre une "beatnik" 2.0 et un vieil homme qui semble prisonnier d'un secret.
Il y a en fait deux histoires en une dont Adriano/Mastandrea est le fil directeur, on pense alors que le face à face avec le groupe de jeunes marginaux qui veulent réveiller les vignes est le récit central, dont on perçoit une filiation avec la jeune Matilde/Bellugi. Mais il y a le passé de Adriano qui prend de plus en plus de place jusqu'à prendre toute la place. Soudain on comprend que la véritable intrigue et l'enjeu véritable repose sur ce secret qui va nous être dévoilé et que la thématique s'esquisse autour du deuil et de la culpabilité. Les deux parties sont intéressantes, mais le lien entre les deux histoires n'est pas spécialement probant. On a même la sensation peu agréable que Paolo Virzi a collé deux scénarios distincts pour pouvoir atteindre la durée d'un long métrage au lieu d'étoffer l'une ou l'autre histoire. D'ailleurs on s'en rend compte dans la dernière partie où l'opération immobilière devient aussi superflu qu'accessoire. On imagine sans mal que le cinéaste avait deux films en main, deux histoires avec du fond et du potentiel mais, réunis, qui se parasitent mutuellement, dommage... Néanmoins les deux segments restent maîtrisés et touchants, avec deux atouts majeurs, les performances de Galatéa Bellugio surtout, et de Valeria Bruni-Tedeschi. A conseiller.
Note :
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