La Vénus Electrique (2026) de Pierre Salvadori

Roi de la comédie soft et fantaisiste avec des films comme "Les Apprentis" (1995), "Après Vous" (2003), "Hors de Prix" (2018) ou "La Petite Bande" (2022) Pierre Salvadori revient avec une idée qui lui trottait dans la tête depuis qu'il a fait l'acteur dans "Planétarium" (2016) de Rebecca Zlotowski où il jouait Jean Sevrier un cinéaste : "Pour m'aider, Rebecca m'avait alors résumé un quelques mots le film que Servier était censé réaliser dans le sien : "Une fausse voyante fait croire à un jeune peintre qu'elle peut le mettre en contact avec son épouse défunte. Ce faisant, elle tombe amoureuse de lui et devient porte-parole de sa propre rivale." J'avais adoré cette idée. C'est drôle, dix ans plus tard j'ai écrit et réalisé le film que mon personnage tournait dans celui de Rebecca." Et effectivement, soutenu par ses producteurs historiques depuis ses débuts avec "Cible Emouvante" (1993) de Les Films Pelléas, derrière aussi des films récents comme "Anatomie d'une Chute" (2023) de Justine Triet ou "Marcello Mio" (2024) de Christophe Honoré, le réalisateur-scénariste co-écrit son scénario avec justement Rebecca Zlotowski, qui outre ses propres films écrit parfois pour les autres comme "L'Evénement" (2024) de Audrey Diwan, et retrouve ainsi son co-scénariste de "Planetarium" (2016) Robin Campillo qui a signé surtout ses propres films comme "120 Battements par Minute" (2017) ou "L'Île Rouge" (2023), le trio co-écrit aussi avec Benjamin Charbit scénariste des récents "Les Règles de l'Art" (2024) de Dominique Baumard ou "La Bête" (2024) de Bertrand Bonello, puis enfon Benoît Graffin fidèle collaborateur de Salvadori sur tous ses films depuis "Après Vous" (2003) mais qui écrit aussi pour d'autres comme les récents "Les Rois de la Piste" (2023) de Thierry Klifa et "Avignon" (2025) de Johann Dionnet... 

Paris, 1928, Antoine jeune peintre en vogue n'arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse et désespère Armand, son galeriste. Un soir d'ivresse, Antoine tente d'entrer en contact avec sa femme en allant voir une voyante. En vérité, il parle en fait à Suzanne, modeste foraine mais bientôt secondée par Armand qui s'aperçoit que Antoine se remet à peindre, les fausses séances s'accumulent et tout va bien jusqu'à ce que Suzanne tombe amoureuse de celui qu'elle manipule... Le galeriste est joué par Gilles Lellouche vu récemment dans "Chien 51" (2025) de Cécric Jimenez et "Le Crime du 3ème Etage" (2026) de Rémi Bezançon, et retrouve après "Fumer fait Tousser" (2022) et "Daaaaaali !" (2023) tous de Quentin Dupieux sa partenaire Anaïs Demoustier qui retrouve Rebecca Zlotowski après "Belle Epine" (2010) et retrouve l'acteur Pio Marmaï qui était dans "Daaaaaali !" (2023) et retrouve Salvadori après "Dans la Cour" (2014), "En Liberté !" (2018) et "La Petite Bande" (2022), il retrouve aussi Virmala Pons après "Comment je suis devenu Super-Héros" (2020) de Douglas Attal et "L'Attachement" (2024) de Carine Tardieu. Citons ensuite Gustave Kervern qui retrouve Demoustier après "Cornélius, le Meunier Hurlant" (2018) de Yann Le Quellec puis Marmaï après "Dans la Cour" (2014), Patrice Tepasso qui retrouve aussi Marmaï après "Le Roi Soleil" (2025) de Vincent Mael Cardona, à l'instar de Madeleine Baudot qui le retrouve après "L'Evénement" (2021) de Audrey Diwan, puis enfin Fanny Carbonnel aperçue dans "Les Animaux Fantastiques" (2016) de David Yates ou "Les Enfants de la Résistance" (2026) de Christophe Barratier... Le choix de la période du Paris des années Folles est judicieux, d'abord parce que c'est une période où l'occultisme et les cirques avec les "freaks" étaient en vogue, et surtout le public d'alors étaient sans nul doute plus crédule ce qui était un paramètre nécessaire pour que le peintre Antoine puisse croire assez fort à la médium. Entre "Les Aventures Extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec" (2010) de Luc Besson et "Planétarium" (2016) de Rebecca Zlotowski avec le style fantaisiste propre au cinéma de Pierre Salvadori, on suit donc un petit vaudeville sentimental amusant et pétillant.

Evidemment, le film repose surtout sur cette crédibilité autour de Antoine/Marmaï, qui croit en la médium et donc il faut accepter le concept, il faut forcément adhérer à l'idée pour savourer cette petite comédie. Mais il faut rappeler qu'en 2026 encore beaucoup de monde croit en ce genre de charlatan alors l'imaginer un siècle auparavant c'est d'autant moins surprenant. Outre le comique de situation, entre les quiproquos et les mensonges, l'atout reste le jeu des acteurs en pleine osmose où les défauts des personnages participent à leur empathie (marchand au "grand corps", ambition du peintre qui serait presque superficiel, les femmes qui survivent avec leurs charmes...), et où les acteurs/personnages inversent les possibilités (pour une fois le nu est masculin, l'oeil artistique est celui d'une femme à une époque où elles n'existaient pas vraiment). En prime une reconstitution historique d'épinal qui permet de rester ancrer dans une fantaisie acidulée même si la fin met sans doute un peu de temps et un peu trop de mélo. Un très bon moment.

Note :                 

Vénus Electrique (2026) Pierre SalvadoriVénus Electrique (2026) Pierre Salvadori

14/20