Cinéaste documentariste durant une douzaine d'années à la télévision, Vincent Garenq est arrivé au cinéma avec le même intérêt pour les sujets politico-judiciaires. Ainsi après l'affaire d'Outreau avec "Présumé Coupable" (2011), l'affaire Clearstream avec "L'Enquête" (2015) ou l'affaire Krombach avec "Au Nom de ma Fille" (2016), pas étonnant que le cinéaste se soit intéressé à l'affaire Samuel Paty (Tout savoir ICI !), une des tragédies les plus marquantes et effroyables des ces dernières années en France. Vincent Garenq explique : "J'ai vécu le choc et l'effet de sidération à l'annonce de son assassinat. Beaucoup de tristesse et de désarroi aussi. En échangeant avec Outisde Films, les producteurs 'rejoints par Les Films du Kiosque), je me suis rendu compte que derrière l'effroi collectif, il y avait une histoire et que cette histoire, une véritable tragédie jusque dans ses ressorts, devait être racontée..." Réalisateur-scénariste il co-écrit le scénario avec Alexis Kebbas créateur de la série TV "Le Négociateur" (2025) en adaptant du livre "Les Derniers Jours de Samuel Paty" (2023) de Stephane Simon qui fut d'ailleurs suivi d'un documentaire télé, et avec le soutien de Mickaëlle Paty, soeur du professeur d'Histoire-Géo qui prenait la parole aussi dans le documentaire. Le film a été tourné dans le secret, notamment pour éviter de parasiter les procès. La sortie du film a été annoncée après le verdict en appel pour ne pas gêner le processus judiciaire... Il s'agit du récit des 11 derniers jours de Samuel Paty, professeur d'histoire-géo qui va mourir assassiné pour avoir fait son travail, victime de l'obscurantisme et du terrorisme islmamique, et surtout le film retrace l'engrenage qui a conduit à sa mort tragique...
Samuel Paty est incarné par Antoine Reinartz qui avait déjà joué un professeur mais dans des circonstances plus heureuses dans "La Vie Scolaire" (2019) de Mehdi Idir et Grand Corps Malade, et vu aussi du côté de la loi dans "Roubaix, une Lumière" (2019) de Arnaud Desplechin ou "Anatomie d'une Chute" (2023) de Justine Triet. Sa directrice d'école est jouée par Emmanuelle Bercot réalisatrice qui n'a pas réalisé depuis son film "De son Vivant" (2021) et vue en tant qu'actrice encore récemment dans "Les Trois Fantastiques" (2024) de Michaël Dichter, "L'Esprit Coubertin" (2024) de Jérémie Sein ou "Badh" (2025) de Guillaume de Fontenay. Citons ensuite Nedjim Bouizzoul aperçu dans "Barbès, Little Algérie" (2024) de Hassan Guerrar, Emma Bourmali remarquée dans un autre drame scolaire avec "Pas de Vagues" (2024) de Teddy Lussi-Modeste, Azize Kabouche aperçu dans "J'ai vu tuer Ben Barka" (2005) de Serge Le Péron et "Un Conte de Noël" (2008) de Arnaud Desplechin et apparu surtout depuis dans diverses séries TV, Marie-Sohna Condé vue dans "Je ne suis pas un Héros" (2023) de Rudy Milstein ou "Petites Mains" (2024) de Nessim Chikhaoui et qui retrouve après "Notre tout Petit Petit Mariage" (2023) de Frédéric Quiring sa partenaire Barbara Bolotner vue récemment dans "Natacha (presque) Hôtesse de l'Air" (2025) de Noémie Saglio et "L'Arnaqueuse" (2026) de Wilfried Méance, Eric Génovèse apparu dans "Guermantes" (2021) de Christophe Honoré ou "L'Homme à la Cave" (2021) de Philippe Le Guay, Jean-Michel Lahmi apparu entre autre dans "Présidents" (2021) de Anne Fontaine ou "Juste Ciel !" (2023) de Laurent Tirard, puis François Pérache vu dans "C'était mieux Demain" (2025) de Vinciane Millereau ou "L'Affaire Bojarski" (2026) de Jean-Paul Salomé... L'encart au début du film le dit, le film est une histoire vraie, qui s'appuie sur les témoignages et les procès, il est donc difficile de remettre en cause un tel projet surtout quand la portée du message est aussi nécessaire qu'essentiel. C'est aussi pour ça qu'on peut s'interroger sur cette tirade qui ouvre le film, en voix Off où le cinéaste fait parler Samuel Paty sur un dialogue qui n'a jamais existé. Il est dommage d'inclure une création aussi personnelle et à la fois qui n'a jamais existé, ça éreinte forcément l'authenticité du film même si le cinéaste a reçu l'aval de la soeur de la victime.
Néanmoins, le scénario déroule un récit désormais connu et avéré, dans un style aussi méticuleux que soigné, trop sans doute. En effet, le poids de cette tragédie se ressent dès le départ, pourtant je jour J -11 il n'y a encore aucun soucis. On perçoit quelques passages qui sonnent parfois faux car on ressent le texte trop écrit et/ou le jeu des acteurs pas toujours sûr ou trop théâtralisé. Mais quand le premier mensonge arrive la tension s'installe pour ne plus lâcher, l'abandon est alors un titre qui s'inscrit en gras et nous marque de plus en plus fort tant la machine devient rouleur-compresseur ; dans le genre on pense aux rumeurs dans les drames autour des fausses accusations de viol, des accusations si énormes que le présumé innocent s'efface aussitôt pour devenir coupable quoi qu'il arrive. Les dysfonctionnements se mêlent aux quiproquos, la lâcheté reste sans doute le pire au point qu'on aurait aimé traversé l'écran pour claquer le collègue prof d'Histoire qui a tout du traître autant institutionnel que moral. Pourtant le film reste sobre, dans la forme, mais aussi dans le fond qui ne cherche pas à trouver de responsables ou de bouc-émissaires pour rester focaliser sur les faits en assumant d'ailleurs montrer les caricatures de Charlie Hebdo comme pour rappeler que Samuel Paty ne faisait effectivement que son devoir. Un film pédagogique qui devrait être montrer dans les collèges et les lycées, car assez scolaire dans le style pour servir en classe, assez direct dans les faits et indirects dans les images pour être tout public même si moralement ce film raconte une tragédie effroyable et effrayante sur la gangrène islamique. A voir et à conseiller.
Note :
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