Taram et la Chaudron Magique (1985) de Ted Berman et Richard Rich

Après le succès du déjà plutôt dramatique "Rox et Rouky" (1981), la firme aux Grandes Oreilles reprend les mêmes pour adapter librement le second tome des "Chroniques de Prydain" (1964-1970) de Lloyd Chudley Alexander et qui sera donc le 32ème long métrage d'animation et le 25ème Classique d'animation des studios Disney. A la réalisation et scénario on retrouve le duo Richard Rich et Ted Berman, ils co-réalisent et co-signent le scénario avec Art Stevens qui était déjà leur compère pour le film précédent, et surtout qui travaille là sur son dernier film après plus de 40 ans au sein de Disney. Les trois hommes écrivent un scénario qui va passer encore dans plusieurs mains, de nombreux co-scénaristes collaborent dont la plupart étaient aussi sur "Rox et Rouky" (1981), citons entre autre Vance Gerry chez Disney depuis les années 50 et qui poursuivra jusqu'à 'La Ferme se rebelle" (2004), Peter Young, ou Joe Hale mais aussi Melvin Shaw qui est chez Disney depuis les années 30 (!) et tous se retrouveront encore sur le prochain "Basil, Détective Privé" (1986). Ce dernier sera lancé dans une certaine précipitation car malheureusement "Taram..." est un échec retentissant rapportant moins de la moitié de ses 44 millions de dollars du budget, un record à l'époque pour un film d'animation et qui a failli couler Disney. Le style plus "adulte" et surtout plus sombre n'a pas plu au grand public ce qui pousse Disney à revenir à un genre plus léger avec "Basil..."... 

"Il était une fois un roi si cruel et si maléfique que même les dieux le craignaient. Aucune prison ne pouvait le retenir, il fut brûlé vif dans un creuset rempli de métal en fusion où son esprit démoniaque fut à jamais figé sous la forme d'un immense chaudron magique. Durant des siècles, le chaudron magique demeura dans l'ombre patiemment mais des hommes malveillants le recherchaient. Celui d'entre eux qui le découvrirait aurait le pouvoir de ressusciter une armée de guerriers d'outre-tombe grâce auxquels il se rendrait maître du monde."... Au casting V.O. citons le narrateurJohn Huston, grand réalisateur depuis "Le Faucon Maltais" (1941) qui arrive en fin de carrière avec "L'Honneur des Prizzi" (1985) et l'ultime "Gens de Dublin" (1987) et qui fait l'acteur pour lui et parfois pour les autres comme "Chinatown" (1974) de Roman Polanski ou "Le Lion et le Vent" (1975) de Richard Attenborough, et retrouve par ailleurs après son film "Davey des Grands Chemins" (1969) son acteur et partenaire John Hurt alors au sommet après les chefs d'oeuvres successifs "Midnight Express" (1978) de Alan Parker, "Alien le Huitième Passager" (1979) de Ridley Scott et "La Porte du Paradis" (1980) de Michael Cimino sans oublier "Elephant Man" (1980) de David Lynch après lequel il retrouve aussi Freddie Jones qui retrouvera le même réalisateur pour "Dune" (1984) et "Sailor et Lula" (1990), et retrouve également après "Firefox, l'Arme Absolue" (1982) de et avec Clint Eastwood son partenaire Nigel Hawthorne vu dans "Les Griffes du Lion" (1972) et "Ghandi" (1982) tous deux de Richard Attenborough, puis enfin Arthur Malet déjà chez Disney pour "Mary Poppins" (1964) de Robert Stevenson et vu ensuite dans "Dans la Chaleur de la Nuit" (1967) de Norman Jewison ou "Halloween" (1978) de John Carpenter... 

La première chose qu'on remarqué reste le plus important, le graphisme et l'animation, et la déception est grande tant on a l'impression que les artistes de Disney n'ont pas progresser ou évoluer, voir même auront-ils régresser. Le visuel est donc logiquement peu attrayant, alternant avec le huis clos intimiste entre les 3-4 personnages principaux et les séquences "démoniaques" forcément enfumées aux tons et teintes "sataniques". Ne parlons pas de certains personnages "bizarres" sans le vouloir comme Gorki le chien, enfin on suppose que c'est un chien, le héros Taram imaginé semble-t-il comme le grand frère d'un certain "Peter Pan". Si l'histoire est assez sombre ce n'est pourtant pas si terrible, par contre le récit est un fantasy auquel il manque malheureusement tous les ingrédients qui pourraient faire la différence ; ainsi on ne rit pas une seule fois, on a jamais peur ni le moindre frison ou même émotion. La faute à un scénario sans envie ni créativité, avec des ellipses pas toujours logiques ou compréhensibles. Résultat, ce Classique Disney est effectivement l'un des moins réussis. Pas un franc plaisir... 

Note :                 

Taram Chaudron Magique (1985) Berman Richard Rich

06/20