Vivaldi et Moi (2026) de Damiano Michieletto

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Premier long métrage sur le tard pourrait-on dire, Damiano Michieletto est en fait déjà metteur en scène mais spécialiste de l'opéra mondialement connu et reconnu pour son originalité unanimement saluée à travers le monde. Pour ce projet le cinéaste a décidé d'adapter le roman "Stabat Mater" (2009) de Tiziano Scarpa lauréat du prestigieux prix italien le prix Strega. Le scénario est signé par Ludovica Rampoldi qui a pris la plume pour des films comme "L'Heure du Crime" (2010) de Giuseppo Capotondi, "Le Traître" (2019) de Marco Bellocchio ou "Il Maestro" (2026) de Andrea Di Stefano... Au début du 18ème siècle, L'Ospedale dela Pieta à Venise recueille et forme de jeunes orphelines à la musique. Dissimulées au public, souvent masquées ou derrière une grille l'orchestre de jeunes filles se produit pour les riches mécènes de l'institution. Cecilia, 20 ans, y excelle en tant que violoniste et est remarquée par le nouveau maître des lieux, Antonio Vivaldi... 

La jeune violoniste est jouée par Tecla Insolia, jeune chanteuse depuis son premier titre en 2020 déjà vue au cinéma dans "Addio al Nubilato" (2021) de Francesco Apolloni, "Familia" (2024) de Francesco Costabile ou "L'Albero" (2024) mais aussi la série TV "L'Art de la Joie" (2024), tandis que le compositeur et musicien Vivaldi est incarné par Michele Riondino vu dans "Fortapàsc" (2009) de Marco Risi, "La Belle Endormie" (2012) de Marco Bellochio ou "L'Affranchie" (2016) de Marco Danieli et retrouve après "Contes Italiens" (2015) des frères Taviani sa partenaire Valentina Bellè vue ensuite dans "Ferrari" (2023) de Michael Mann, "Lubo" (2024) de Griorgio Diritti ou "Il Maestro" (2025). Citons ensuite Fabrizia Sacchi vue dans "The Protagonist" (1999), "Melissa P." (2005) ou "Suspiria" (2018) tous trois de Luca Guadagnino, Andrea Pennacchi vu dans "La Petite Venise" (2012) de Andrea Segre, "Suburra" (2015) de Stefano Sollima ou "La Bête" (2025) de Ludovico De Martino, Stefano Accorsi vu dans "Capitaines d'Avril" (2001) de Maria De Medeiros, "Romanzo Criminale" (2006) de Michele Placido ou récemment "Diamanti" (2025) de Ferzan Özpetek, Miko Jarry apparu dans la série TV "Patria" (2020) ou le film "Un An, Une Nuit" (2023) de Isaki Lacuesta, puis Hildegard De Stefano remarqué dans la série TV "Ripley" (2026)... Vu le sujet on pense beaucoup à l'excellent "Gloria !" (2024) de Margherita Vicario, qui reprend le même sujet (l'orphelinat de jeunes filles musiciennes) quelques décennies après. Dans ce nouveau film, la grande différence reste que le rôle principal masculin n'est pas n'importe qui mais le grand Vivaldi (Tout savoir ICI !) connu essentiellement pour "Les Quatre Saisons". Vis à vis du roman, une intrigue a été ajouté avec quelques personnages et scènes supplémentaires, mais une recherche pointilleuse a été faite aussi sur la réalité du quotidien de ces jeunes filles dans ces institutions. Outre la relation Vivaldi et Cecilia, la reconstitution historique reste réaliste et authentique. Précisons que la musique a été assurée par le Choeur du Teatro La Fenice un des plus célèbre opéra de Venise.

Visuellement le film est sublime, magnifique photographie mais aussi un travail soigné sur les décors (authentiques)  et des costumes, le tout en lumière naturelle, ce qui accentue le réalisme dans un procédé que Stanley Kubrick a par exemple utilisé sur le fameux "Barry Lyndon" (1975). Le film est surtout une immersion dans une institution qui apprend aux jeunes filles à devenir artiste en attendant surtout de trouver un mari assez fortuné pour payer la dot à l'orphelinat ; une version sans doute plus douce et envieuse que les fameuses maisons vues dans "The Magdelene Sisters" (2002) de Peter Mullan dont le scénario est très similaire... ATTENTION SPOILERS !... dont une fin qui paraît pour l'époque et les possibilités "féministes" très surréalist, mais laisse aussi un peu de rêve et d'espoir... FIN SPOILERS !... Elever à être une musicienne plus ou moins accomplie, et préparer à devenir une épouse soumise, le tout est donc de savoir si Cecilia/Insolia va accepter son destin ou si l'émancipation va devenir une option. 

Note :                 

14/20