Réalisatrice britannique de "Ratcacher" (1999), "Le Voyage de Morvern Callar" (2002), de son chef d'oeuvre "We Need to Talk about Kevin" (2011) et "A Beautiful Day" (2017) Lynne Ramsay continue à explorer les fêlures surtout féminines et familiales, et cette fois en adaptant le roman éponyme, en V.F. 'Crève, mon Amour", (2012) de Ariana Harwicz. La réalisatrice-scénariste c-écrit son scénario avec deux autres femmes, Enda Walsh scénariste des films "Hunger" (2008) de Steve McQueen, "Chatroom" (2010) de Hideo Nakata ou "Tu ne mentiras Point" (2024) de Tim Mielants, puis Alice Birch scénariste de "The Young Lady" (2016) de William Oldroyd, "Entre les Lignes" (2016) de Eva Husson et "The Wonder" (2022) de Sebastian Lelio. Le film est co-produit par sa réalisatrice, bien aidée aussi par ses deux stars tous deux co-producteurs et, aussi un certain Martin Scorcese... Dans une maison isolée du Montana, Grace et Jacks forment un couple fou amoureux. Ils deviennent bientôt parents mais très vite Grace semble perdre pied, elle devient souvent irascible ou ingérable allant jusqu'à mettre sa santé mentale en danger et donc au risque de perdre sa famille...
Le couple est formé par deux stars de la génération ayant émergé dans les années 2008-2010, Jennifer Lawrence vue dernièrement dans "Don't Look Up" (2021) de Adam McKay, "Causeway" (2022) de Lila Neugebaue ou "Le Challenge" (2023) de Gene Stupnitsky, puis Robert Pattinson vu dans "The Batman" (2022) de Matt Reeves et "Mickey 17" (2025) de Bong Joon-Ho. Les parents de Jacks/Pattinson sont joués par deux stars qui se retrouvent des années après "Affliction" (1997) de Paul Schrader, Sissy Spacek particulièrement discrète ces douze dernières années mais vue dernièrement dans "The Old Man and the Gun" (2018) de David Lowery et "Sam & Kate" (2022) de Darren Le Gallo, puis Nick Nolte vu dans "Last Words" (2020) de Jonathan Nossiter et "Blackout" (2022) de Sam Macaroni. Citons ensuite Lakeith Stanfield vu dans "Judas and the Black Messiah" (2021) de Shaka King, "Roofman" (2025) de Derek Cianfrance ou "Play Dirty" (2025) de Shane Black, et enfin Sarah Lind apparue dans "L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford" (2007) de Andrew Dominik ou "Cold Blood Legacy : la Mémoire du Sang" (2019) de Frédéric Petitjean... Le livre est un "long monologue intime, les affres et les couleurs de la maternité vécu par une jeune mère en plein doute", ce qui sous-entend que le film aborde le thème difficile de la dépression post-partum (Tout savoir ICI !), un trouble grave de l'humeur qui concernerait environ 16-17% des jeunes mamans. Mais si on regarde les symptômes pratiquement aucun ne correspond à Grace/Lawrence, et finalement seul la naissance nous oblige et nous pousse à y croire. En effet, par là même, si on s'intéresse et si on se renseigne il apparaît que Grace souffrirait plus de bipolarité ou de trouble de la personnalité borderline, des maladies dont on peut souffrir même sans grossesse ou maternité. Vite fait, en gros, Grace dort très bien, n'a pas de soucis de poids, ne semble pas connaître de fatigue excessive, et surtout ne perd pas sa libido... ATTENTION SPOILERS !... bien au contraire Grace semble n'avoir qu'un symptôme important et omniprésent : la nymphomanie ! Ou en tous cas on a l'impression que c'est le seul symptôme ou paramètre qui intéresse la réalisatrice. L'autre unique symptôme l'excès de violence... FIN SPOILERS !...
Résultat bénéfique on aura jamais vu Jennifer Lawrence aussi dénudée, résultat malheureux, le propos et la crédibilité psychologique devient très superficiel. La dépression post-partum et/ou l'état de dépression ou autre troubles psychiatriques sont des états complexes formés de plusieurs symptômes, il est donc dommage qu'ici deux symptômes monopolisent 90% du récit. Malgré tout on reste obnubilé voir fasciné par la performance de Jennifer Lawrence en une jeune femme en perte de repère, face à un Robert Pattinson parfait bien qu'il soit vampiriser par sa partenaire. Bon point aussi pour le personnage de la grand-mère Sissy Spacek, qui évite l'écueil de la belle-mère mégère, mais a contrario l'omniprésence de la compréhension (sincère ou non) des autres femmes et mères vis à vis de ce qui apparaît comme la dépression post-partum est clairement invraisemblable, la sororité à ce point surtout sur ce domaine tient de la science-fiction. Ainsi le film frôle le hors-sujet et surnage grâce à son duo d'acteurs, le couple Lawrence-Pattinson fonctionne à merveille, au diapason chacun offrant sans doute ce qui est un de leur meilleur rôle.
Note :
![]()
![]()