Un jour avec mon père

jour avec pèreUn jour de bascule intime et politique au Nigéria

1993 au Niger, ce récit semi-autobiographique narre une journée passée entre deux fils (8 et 10 ans) et leur père. Alors que Lagos est en ébullition car dans l’attente des résultats d’élections prétendues démocratiques et libres ; cette journée entre enfants et père restera ancrée dans la mémoire des enfants comme un moment suspendu et c’est bien ce que montre le film avec le plus de talent. En effet, ce père peu présent dans leurs vies est une énigme et le film tourné sur pellicule 35 mm et non pas en numérique fait ressortir davantage les souvenirs et le chagrin d’enfants devenus adultes. Le montage aussi avec des vignettes sous forme de flash de mémoire participent à cet effet. Ce premier long métrage de Akinola Davies Jr a reçu la Caméra d’Or à Cannes ; juste récompense pour un premier film à la mise en scène élégante soignant la sensation du souvenir. En se mettant à hauteur d’enfant, c’est bien la perception qu’ils ont de la situation qui est retranscrite au travers de souvenirs flous et peut-être même parfois idéalisés. Par contre pour le spectateur, le contexte politique reste hermétique et pas assez explicité ; dommage, on ne fait que ressentir ou plutôt subir l’inquiétante fébrilité qui pèse sur la ville en ce jour charnière d’élection. Donc cette montée de tension soutenue par des effets d’annonces successives injecte une tension dramatique artificielle. Contextualiser ce moment aurait eu du bon, car ce film est intime mais aussi très politique, et on ne cerne pas du tous les enjeux vis-à-vis des ravages de la dictature nigérienne.

Dans ce road movie urbain, on retiendra surtout l’écriture poétique scénique et le montage permettant un beau voyage intérieur dans la tête de ces enfants qui tentent de graver à jamais dans leur esprit quelques bribes d’image des derniers moments avec un père absent… avant qu’ils ne s’évanouissent. Pour le reste le film reste abscons et trop à distance.

Sorti en 2026

Ma note: 9/20