American Beauty (1999) de Sam Mendes

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Le projet est d'abord celui d'un auteur, Alan Ball, qui s'est inspiré en partie de l'affaire Amy Fisher en 1992, avait commencé à écrire son histoire au début des années 90 pour en faire une pièce de théâtre. Entre temps, après avoir écrit surtout pour la télévision l'auteur relance son scénario en 1997 et va coïncider avec l'envie de cinéma d'un autre homme de théâtre, Sam Mendes directeur artistique de la Donmar Warehouse à Londres. Ainsi le premier obtient que son scénario ne soit pas modifié et le second se voit offrir sa première réalisation de cinéma pour un budget approchant les 15 millions de dollars. Le succès du film va permettre à Alan Ball de percer via la télévision et sa série TV "Six Feet Under" (2001-2005) et de passer lui-même à la réalisation mais avec moins de succès avec ses films "Tabou(s)" (2007) et "Mon Oncle Frank" (2020), tandis que Sam Mendes va devenir l'un des dix meilleurs réalisateurs des trente prochaines années. En effet, le film engrange plus de 356 millions de dollars au box-office Monde  dont plus de 3 millions d'entrées France avec ne prime une collection de prix avec notamment 5 Oscars dont meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario, ce qui sera renouveler aux Golden Globes, BAFTA... etc... Le film est interdit au moins de 17 ans non accompagné aux Etats-Unis, mais il est tous publics en France... Une maison de rêve dans un quartier cossu, une famille qui paraît idéale, c'est la vie de Lester Burnham, son épouse Carolyn et leur fille Jane. Mais bientôt la façade faussement respectable va se fissurer avec le couple qui va entrer dans une guerre conjugale tandis que leur fille se cherche en faisant connaissance avec un voisin énigmatique... 

La famille Burnham est incarnée par Kevin Spacey alors au sommet après ses performances dans "Usual Suspects" (1995) de Bryan Singer, "Seven" (1996) de David Fincher ou "L.A. Confidential" (1997) de Curtis Hanson, Annette Bening vue dans "Valmon" (1989) deMilos Forman, "Le Président et Miss Wade" (1995) de Rob Reiner ou "Mars Attacks !" (1996) de Tim Burton, puis leur fille Thora Birch remarquée comme la fille de Harrison Ford dans "Jeux de Guerre" (1992) et "Danger Immédiat" (1994) tous deux de Phillip Noyce et qui sera une égérie du film indé US avec "The Hole" (2001) de Nick Hamm et "Ghost World" (2001) de Terry Zwigoff. La famille voisine est composée de Chris Cooper qui retrouve Annette Bening après "La Liste Noire" (1991) de Irwin Winkler et vu entre temps dans "Lone Star" (1996) de John Sayles ou "De Grandes Espérances" (1998) de Alfonso Cuaron et qui retrouvera Sam Mendes pour "Jarhead" (2005), Allison Janney vue dans "Ice Storm" (1997) de Ang Lee ou "Primary Colors" (1998) de Mike Nichols et qui retrouvera aussi Sam Mendes dans "Away We Go" (2009), puis leur fils Wes Bentley remarqué juste avant dans "Beloved" (1998) de Jonathan Demme. Citons ensuite évidemment Mena Suvari remarquée dans "Nowhere" (1997) de Gregg Araki, "Le Collectionneur" (1997) de Gary Fletcher et surtout "American Pie" (1999) de Chris et Paul Weitz, Peter Gallaghervu dans "Sexe, Mensonges et Vidéo" (1989) et "A Fleur de Peau" (1996) tous deux de Steven Soderbergh ou "The Player" (1992) et "Short Cuts" (1993) tous deux de Robert Altman, Scott Bakula célèbre pour la série TV "Code Quantum" (1989-1993) qui retrouve après "Le Maître des Illusions" (1995) de Clive Barker son partenaire Barry Del Sherman vu dans "Génération 90" (1994) de Ben Stiller ou "Independance Day" (1996) de Roland Emmerich, Sam Robards (fils de Jason Robards et Lauren Bacall) aperçu dans "Bird" (1988) de Clint Eastwood ou "Outrages" (1989) de Brian De Palma, puis Marissa Jaret Winokur apparue dans les Teen Movies "College Attitude" (1999) de Raja Gosnell, "Mrs Tingle" (1999) de Kevin Williamson ou "Scary Movie" (2000) de Keenen Ivory Wayans avant de connaître la consécration avec le Tony Award 2003 de la meilleure actrice dans la comédie musical of Broadway "Hairspray"... Notons que la magnifique photographie est primée aux Oscars, lauréat un certain Conrad L. Hall qui avait déjà gagné ce prix pour "Butch Cassidy et The Kid" (1969) de George Roy Hill et qui le gagnera aussitôt après avec "Les Sentiers de la Perdition" (2002) de Sam Mendes... Ce film est surprenant avant tout parce qu'il s'attaque au fameux rêve américain, dans une comédie caustique et impolitiquement correct ce qui est particulièrement savoureux. Au départ le film s'ouvre comme de nombreuses comédies "classique", on pense alors "La Guerre des Roses" (1989) de et avec Danny DeVito mais on va vite constater que le conflit conjugal n'est qu'une facette du prisme de l'American Way of Life.

On a donc une famille idéale mais qui se désintègre et ne se comprend plus, une autre famille où le fascisme côtoie le voyeurisme, ajoutez une allumeuse vierge qui fait craquer un homme en crise de la quarantaine, une réflexion sur la libre pensée, un pincée sur le capitalisme et vous avez une histoire qui pourrait avoir comme titre de thèse : "Sens de la vie dans une banlieue américaine". La première partie est jouissive avec une crise conjugale entre sarcasme et ironie, puis ensuite qui va doucement mais sûrement se transformer en un récit beaucoup plus cynique et se terminer comme un thriller social comme rarement on en aura vu d'aussi pertinent et tragiquement acerbe. Le casting est parfait, avec des "adultes" joués par des acteurs au sommet de leu art, et des "jeunes" alors en pleine révélation. La photographie est logiquement oscarisée, avec une lumière qui s'estompe au fur et à mesure du récit, de l'éclat du bonheur des premières minutes aux jeux d'ombres du dernier acte. Sam Mendes signe un premier film parfait, un chef d'oeuvre du genre à voir, revoir et à conseiller.

Note :                 

20/20