Michael (2026) de Antoine Fuqua

Le projet est lancé par Graham King, producteur britannique qui a déjà été derrière plusieurs biopic dont "Ali" (2001) de Michael Mann ou "Aviator" (2004) de Martin Scorcese et surtout le surcôté "Bohemian Rhapsody" (2018) de Bryan Singer mais dont le succès public a facilité sans nul doute le producteur a acquérir les droits d'adaptation pour le biopic du King of the Pop Michael Jackson (Tout savoir ICI !). Le producteur a fait appel à un scénariste réputé avec qui il a déjà travaillé justement sur "Aviator" (2004), John Logan qui a écrit pour plusieurs grands films comme "L'Enfer du Dimanche" (1999) de Oliver Stone, "Gladiator" (2000) de Ridley Scott, "Sweeney Todd" (2007) de Tim Burton ou pour 007 (2012-2015) de Sam Mendes. Tandis que la réalisation est confiée à Antoine Fuqua, plus spécialisé dans le film d'action, et c'est encore mieux quand c'ets avec Denzel Washington avec "Training Day" (2001), la saga "Equalizer" (2014-2023) ou le remake "Les Sept Mercenaires" (2016). Le film est un biopic musical qui est un sous-genre en vogue post-Covid surtout, et le budget démontre une grande ambition avec ses 155 millions qui surpasse de loin les récents biopics musicaux comme "Respect" (2021) de Liesl Tommy et ses 55 millions de budget, "Whitney Houston : I Wanna Dance with Somebody" (2022) de Kasi Lemmons et ses 45 millions, "Elvis" (2022) de Baz Luhrmann et ses 85 millions, "Bob Marley : One Love" (2024) de Reinaldo Marcus Green et ses 70 millions ou "Springsteen : Deliver Me from Nowhere" (2025) de Scott Cooper et ses 55 millions. Il est vrai que le statut de Michael Jackson, unique, permet de voir grand... Le film retrace donc le destin hors norme de Michael Jackson, de ses débuts enfants au sein des Jackson 5 jusqu'à son indépendance qui va le mener à la gloire...

Le King of the Pop est incarné par son propre neveu, Jaafar Jackson fils du frère Jermaine Jackson et ex-membre des Jackson 5, et lui-même chanteur souvent en association avec les autres membres de sa famille. Les parents sont joués par Nia Long remarquée dans "Boyz'n the Hood" (1991) de John Singleton et vue dans "Stigmata" (1999) de Rupert Wainwright, "Baadasssss!" (2003) de Mario Van Peebles ou "The Banker" (2020) de George Nolfi, puis Colman Domingo vu récemment dans "Drive-Away Dolls" (2025) de Ethan Coen, "The Electric State" (2025) des frères Russo, "Running Man" (2026) de Edgar Wright et "La Corde au Cou" (2026) de Gus Van Sant. Parmi la famille et les proches citons Jessica Sula remarquée dans la série TV "Skins" (2011-2012) et vue au cinéma dans "Split" (2017) de M. Night Shyamalan, Joseph David-Jones aperçu dans "L'Affaire Roman J." (2017) de Dan Gilroy ou "Detroit" (2017) de Kathryn Bigelow, Teresa Palmer vue notamment dans "Wolf Creek" (2005) de Greg McLean, "Warm Bodies" (2013) de Jonathan Levine, "Message from the King" (2016) de Fabrice Du Welz ou "The Fall Guy" (2024) de David Leitch, Kat Graham apparue dans "Carson Phillips, Détective Privé" (2019) de George Gallo, "Cut Throat City" (2020) de RZA ou "Duplicity" (2025) de Tyler Perry, Larenz Tate remarqué dans "Menace II Society" (1993) des frères Hugues, et vu dans "Collision" (2004) de Paul Haggis et surtout dans "Ray" (2004) de Taylor Hackford un des plus fameux biopic où il jouait Quincy Jones, qu'il délaisse ici pour Berry Gordy tandis que son ancien rôle revient à Kendrick Sampson surtout apparu à la télévision outre le film "Une Colère Noire" (2020) de Kamilah Forbes. Citons ensuite Miles Teller vu dans "Whiplash" (2014) de Damien Chazelle, "War Dogs" (2016) de Todd Phillips, "Top Gun : Maverick" (2022) de Joseph Kosinski ou "The Gorge" (2024) de Scott Derrickson, Laura Harrier vue dans "Spider-Man : Homecoming" (2017) de Jon Watts, "BlacKkKlansman : j'ai infiltré le Ku Klux Klan" (2018) de Spike Lee ou "Finch" (2021) de Miguel Sapochnik, Leigh-Anne Pinnock chanteuse apparue dans "Boxing Day" (2021) de Aml Ameen, puis enfin Derek Luke qui retrouve Colman Domingo après "Miracle à Santa Anna" (2008) de Spike Lee et vu dans les biopics musiciaux "Notorious B.I.G." (2009) de George Tillman Jr. et "Sparkle" (2012) de Salim Akil... Le film est d'ores et déjà un succès, le public est forcément indulgent, fans aveuglés par l'iconographie et la musique forcément envoûtante aide a passé de toute façon un bon moment. Subjectivement ceux qui aiment Michael Jackson auront tendance à aimer le film, mais objectivement ce biopic est tout ce qu'on n'aime pas dans le genre : un service fan-base assuré, aucune zone d'ombre de la star, une B.O. limitée aux 6-7 plus grands tubes. Le soucis est que le titre est réellement symptomatique, car oui le film se focalise à 100% sur la jeune star et occulte toute la fratrie ce qui est problématique car amène à des omissions et/ou des erreurs ; par exemple rappelons que Michael n'était pas seul à écrire ou composer, et que même sur son premier album "On the Wall" certains de ses frères ont écrit et composé pour et avec lui. Pourquoi effacer autant les frères ?! Même la relation réellement fraternelle n'apparaît pas dans le film, toute la fratrie sont comme des ombres négligeables. Par là même le frère Jackie a été le premier à faire un album solo en 1973, tandis que La Toya est inutile alors qu'une allusion aurait été judicieuse sur, par exemple, le fait que son album solo en 1980 ait été produit par Michael. 

Mais le vrai soucis est que le film survole la partie artistique pour insister sur le côté "Peter Pan", mais à force d'insister sur le "Pays Imaginaire" le film fait de Michael non pas un artiste inspiré et mature (à l'exception de deux séquences de 2mn) mais un simplet psychologiquement peu fiable ou un gamin dans un corps d'adulte. Evidemment que non, on ne devient pas la plus grande star du monde en étant simplet... Par contre, la partie la plus réussie repose sur la relation père-fils, un père Joseph/Domingo autoritaire et intransigeant dont nous comprenons toute la complexité et l'ambiguité : oui il est très dur, réussi sa vie par procuration (merci les enfants) mais il aime aussi réellement ses enfants et ne souhaite que leur réussite, il semble sincère quand il cherche à ce que les frères se soutiennent. On peut rester perplexe sur le fait que le film suggère que seul Michael aurait été maltraité (?!). Le film raconte la partie 1968-1988, on peut donc s'étonner que quelques faits soient oubliés comme le rachat du catalogue des Beatles en 1985-1986. Tandis que la fin coupe brutalement la genèse de l'album "Bad"... ATTENTION SPOILERS !... Une fin qui annoncerait par ailleurs un second film, ce qui serait étonnant car il imagine mal que la production ose aborder les accusations d'agressions sexuelles qui arrivent dès 1993, où comment effacé Janet Jackson qui est alors une star planétaire dans les années 90... FIN SPOILERS !... En conclusion un biopic sage, lisse, qui ne raconte rien de neuf, mais heureusement le neveu incarne son oncle à la perfection (merci la génétique), Colman Domingo est énorme en patriarche, et évidemment la B.O. fait le reste même si quelques morceaux en plus n'aurait pas été une sinécure. Note indulgente d'un fan

Note :                 

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12/20