La Poupée (2026) de Sophie Beaulieu

Premier long métrage de Sophie Beaulieu après quelques courts métrages entre "Whiskied Out" (2012) et "Salem" (2020). Réalisatrice-scénariste, elle aurait eu l'idée suite à un reportage télé sur des hommes qui possédaient des poupées en silicone très réalistes comme objet sexuel. La cinéaste se serait alors souvenu de l'oeuvre "Les Métamorphoses" (an 1 ?!) de Ovide et du mythe de Pygmalion qui tombait amoureux de sa statue. Pour créer son film la cinéaste cite comme référence le cinéma des frères Farrelly connu pour leurs films à l'humour déjantés comme "Dumb et Dumber" (1994), "Mary à Tout Prix" (1998) ou "Fou d'Irène" (2000). Malgré ce qu'avance la réalisatrice, le sujet a déjà été abordé et avec délectation, nous conseillons donc "Monique" (2002) de Valérie Guignabodet, "Love Object" (2004) de Robert Parigi, "Une Fiancée pas comme les Autres" (2008) de Craig Gillepsie ou encore "Air Doll" (2010) de Hirokazu Kore-Eda... Rémi ne s'est jamais remis de sa séparation. Depuis il a acquis une poupée en silicone sur mesure, Audrey, avec qui il a refaits sa vie. Mais le jour où Patricia, une nouvelle collègue arrive dans l'entreprise, Audrey va mystérieusement prendre vie... 

Rémi est joué par Vincent Macaigne vu récemment dans "Muganga - Celui qui Soigne" (2025) de Marie-Hélène Roux et "Furcy, Né Libre" (2025) de Abd Al Malik, et retrouve après "Bonnard, Pierre et Marthe" (2023) de Martin Provost et "La Venue de l'Avenir" (2025) de Cédric Klapisch sa partenaire Cécile De France vue dans "Dalloway" (2025) de Yann Gozlan et "Louise" (2025) de Nicolas Keitel. La poupée est incarnée par la fille de Olivier Marchal, Zoé Marchal vue dernièrement dans "Mercato" (2025) de Tristan Séguéla, "Coka Chicas" (2025) de Roxine Helberg et "Bagarre" (2026) de Julien Royal. Citons ensuite Adèle Journeaux apparue dans la série TV "Les Bracelets Rouges" (2018-2024), Gilbert Melki populaire depuis la franchise "La Vérité si je Mens !" (1997-2019) de Thomas Gilou et rappelons nous de la trilogie "Un Couple Epatant", "Cavale", "Après la Vie" (2002) de Lucas Belvaux, Marianne Basler vue récemment dans "Jeanne du Barry" (2023) de et avec Maïwenn, "Aux Jours qui viennent" (2025) de Nathalie Najem et "Une Place pour Pierrot" (2025) de Hélène Médigue, Victor Bonnel vu dans "L'Heure de la Sortie" (2018) de Sébastien Marnier, "La Nuée" (2020) de Just Philippot ou "L'Epreuve du Feu" (2025) de Aurélien Peyre, Souleymane Sylla aperçu dans "Tolo Tolo" (2020) de Checco Zalone et "Ils sont Vivants" (2021) de Jérémie Elkaïm, Guillaume Clerice apparu dans "Première Année" (2018) de Thomas Lilti, "L'homme Debout" (2023) de Florence Vignon ou "Avignon" (2025) de Johann Dionnet, puis Gina Jimenez vue dans "La Maison" (2022) de Anissa Bonnefont ou "Comme un Fils" (2024) de Nicolas Boukhrief... Le postulat de départ est forcément intéressant, les poupées sexuelles haut de gamme font un carton, c'est un fait, et si on regarde un documentaire sur le sujet on constate que les hommes veulent une femme soumise, qui ne gueule pas et dit oui à tous leurs désirs (en résumé) mais le film ne s'attache pas du tout au soucis des hommes et prend la chose à l'envers, pour en faire une sorte de film féministe plutôt maladroit que vraiment probant. D'abord on s'étonne que Rémi/Macaigne ne s'aperçoive pas aussitôt que sa poupée est devenue réelle ne serait-ce qu'au touché. 

Ensuite on s'étonne que la poupée Audrey ait à la fois autant de connaissance et autant de bêtise, il aurait fallu choisir : soit elle a appris durant sa période poupée comme le suggère plusieurs passages, soit elle a tout à apprendre. Ce n'est pas très cohérent sur ce point. Plus subjectivement, s'extasier devant la beauté Audrey/Marchal c'est un peu fort, (nuances svp), tandis que sa voix comme le ton ou l'intonation de ses dialogues en font tout sauf une femme grâcieuse. Et rien de féministe ou de machiste à éviter de parler de choses intimes comme les règles ou "chier" à n'importe quel moment. Les messages ou plutôt les répliques très écrites pour marteler quelques réflexion féministes sont à-propos mais trop "placées" ou trop "donneuses de leçon" pour créer un dialogue naturel, et surtout ce n'est jamais drôle, on sent le sérieux dans l'écriture et donc le côté moralisateur plutôt que de chercher à faire rire. Il manque à ce film une réelle fantaisie, une réelle légèreté. Pourtant quelques passages sont réussis (les meilleures sont sur le décalage entre les dialogues de Audrey vis à vis des interactions avec les autres que Rémi), Macaigne et De France sont parfaits. En conclusion une petite comédie qui se fait trop sérieuse, dans une comédie sans prise de risque (sortir des évidences féministes 2.0 aujourd'hui est une valeur sûre), à laquelle il manque un réel choix de genre et on aurait aimé par exemple une Rom Com plus caustique. Néanmoins ce n'est pas désagréable... 

Note :                 

Poupée (2026) Sophie BeaulieuPoupée (2026) Sophie Beaulieu

12/20