Cinéma | PLUS FORT QUE MOI – 12/20

De Kirk Jones (II)
Avec Robert Aramayo, Shirley Henderson

Cinéma PLUS FORT 12/20

Chronique : Avec son sujet poignant et profondément humain, son ancrage prolétaire et son traitement alliant humour et émotion sans (trop) de pathos, Plus Fort que Moi s’inscrit dans la grande tradition du cinéma social britannique qui a vu émerger quelques films devenus cultes comme The Full Monty, Les Virtuoses ou Billy Elliot.
Il s’inspire très fidèlement (comme le montrent les images d’archive défilant lors du générique de fin) du parcours heurté et douloureux de John Davidson, qui développa le syndrome de Gilles de la Tourette à l’adolescence avant de devenir le porte-parole des personnes atteintes de la maladie.
Plus Fort que Moi a surtout une puissante portée pédagogique. Le réalisateur s’attache à démontrer à quel point cette maladie désarçonne ceux qui en souffrent, les stigmatise et les isole jusqu’au découragement, encore plus dans les années 90, alors qu’elle était largement méconnue et sous-médiatisée. Kirk Jones (II) parvient ainsi à transmettre au spectateur l’appréhension de John avant chaque nouvelle interaction sociale qui peut potentiellement se terminer en désastre.
Mais Plus fort que moi est aussi l’histoire d’une rencontre, celle entre John et Dottie, ancienne infirmière en psychiatrie atteinte d’un cancer, véritable bombe de gentillesse et de bienveillance, qui va pousser John à dépasser sa condition et à éduquer son entourage pour que lui et les autres malades soient compris et intégrés dans l’espace public.
Le propos est fort et on ne peut que ressentir une profonde empathie pour John, d’autant plus que l’interprétation des deux comédiens qui l’incarnent, adolescent puis adulte, est assez phénoménale (Robert Aramayo a très justement décroché un BAFTA pour le rôle). Et Plus fort que Moi est une comédie sociale britannique : on sourit donc souvent, comme pour mieux désamorcer le malheur qui frappe son héros. Mais la réalisation est un peu trop didactique, trop sage pour dépasser le simple film-témoignage, aussi puissant soit-il. La mise en scène, assez sommaire, peine à capter pleinement l’émotion. Instructif, touchant, mais pas vraiment bouleversant.

Synopsis : Dans les années 1980, John Davidson grandit avec le syndrome de Gilles de la Tourette, une pathologie encore largement méconnue. Entre incompréhension, stigmatisation et détermination, son parcours d’abord semé d’embûches se transforme en combat pour être reconnu tel qu’il est, au-delà des préjugés.