Second long métrage qui a pris le temps de mûrir après "L'Ordre des Médecins" (2018) pour David Roux avec l'adaptation adapté du roman "Son Nom d'Avant" (1998) de Hélène Lenoir. Le cinéaste précise : "C'est une plongée dans la psyché d'une femme empêchée, dans une famille de la bourgeoisie industrielle catholique de province. C'était d'emblée un défi d'adaptation très excitant. Et j'ai tout de suite vu dans son personnage principal une potentielle héroïne de cinéma, comme pouvaient en proposer les films américains des années 50, qui ont forgé ma cinéphilie." Réalisateur-scénariste David Roux co-écrit son scénario avec une scénariste renommée et expérimentée, Gaëlle Macé qui a écrit pour des films comme "Partir" (2009) de Catherine Corsini, "Grand Central" (2013) de Rebecca Zlotowski, "Elle l'Adore" (2014) de Jeanne Herry ou "Little Jaffna" (2025) de Lawrence Valin... Marianne est l'épouse d'un riche industriel, enviée et admirée comme épouse modèle et comme mère de famille. Elle va avoir 40 ans et est devenue prisonnière de tout un système qui ne sont qu'obligations sociales, familiales et conjugales. Mais quand surgit une ombre du passé, un lueur de liberté s'offre à elle. Mais une autre vie est-elle vraiment possible, et à quel prix ?!...
Marianne est incarnée par Mélanie Thierry vue récemment dans "Captives" (2023) de Arnaud des Pallières, "Connemara" (2025) de Alex Lutz et "La Chambre de Mariana" (2025) de Emmanuel Finkiel, tandis que son époux est joué par Eric Caravaca vu dernièrement dans "Un Monde Violent" (2025) de Maxime Caperan, "Juliette au Printemps" (2024) de Blandine Lenoir et "Trois Amies" (2025) de Emmanuel Mouret. Citons ensuite Arnaud Valois apparu dans "Seize Printemps" (2021) de Suzanne Lindon ou "Méduse" (2022) de Sophie Lévy, Jérémie Renier vu dans "Novembre" (2022) de Cédric Jimenez ou "L'Astronaute" (2022) de et avec Nicolas Giraud et retrouve son réalisateur après "L'Ordre des Médecins" (2018) à l'instar de sa partenaire Jeanne Rosa vue dans "La Bonne Etoile" (2025) de et avec Pascal Elbé et "La Maison des Femmes" (2026) de Mélisa Godet, Jérôme Deschamps apparu dans "Je ne Rêve que de Vous" (2019) de Laurent Heynemann ou "Une Jeune Fille qui va Bien" (2021) de Sandrine Kiberlain, Lila Gueneau révélation de "L'Aventure des Marguerites" (2018) de Pierre Coré et vue dans "Eat the Night" (2024) de Caroline Poggi et Jonathan Vinel, Sarah Le Picard vue dans "Les Cyclades" (2022) de Marc Fitoussi et "Le Beau Rôle" (2024) de Victor Rodenbach, puis enfin Alexandra Stewart remarquée entre autre dans "Le Feu Follet" (1963) de Louis Malle ou "La Nuit Américaine" (1973) de François Truffaut et vue plus récemment dans "Les Secrets de la Princesse de Cardignan" (2023) de et avec Arielle Dombasle ou "Belladone" (2025) de Alanté Kavaïté... Evidemment, le titre nous renvoie irrémédiablement au chef d'oeuvre "Madame de..." (1953) de Max Ophüls, où Danielle Darrieux était épouse d'un aristocrate qui se laisse séduire par un autre homme tout en restant sur une ligne jaune dangereuse. Un titre, l'un comme l'autre, qui renvoie aussi et surtout à la place de l'épouse, d'une femme qui n'existe que par la position confortable du mari, un homme donc, sans qui la femme serait, a priori, invisible voir insignifiant l'important étant qu'elle sache et connaisse sa place. La différence entre les deux films, les deux histoires, est que "Madame de"/Darrieux vit son histoire en 1900, et que "La Femme de"/Thierry vit aujourd'hui, et qu'on constate donc que certaine famille du 21ème siécle ancrée dans une droite catho bon teint sont bel et bien encore dans une lignée très patriarcale. Le réalisateur signe donc une variation autour du film de Ophüls, plus moderne en apparence donc, moins mélodramatico-romanesque mais avec un curseur poussé vers le drame psychologique.
Quand le film commence on devine, on sait, que Marianne/Thierry est déjà une épouse qui a faussement droit à la parole, personne ne l'écoute vraiment et surtout son époux avec qui elle fait chambre à part. Ce dernier n'est pas le pervers narcissique à la mode dans tous les films du genre ces dernières années, il est juste le fruit d'une société traditionnelle engoncée dans ses us et coutumes, ses habitudes jamais remises en question, même pas par Marianne d'ailleurs, qui a sans nul doute baisser les bras il y a des années. Marianne/Thierry est en fait en dépression, une déprime qui elle aussi existe depuis des années. Elle est en train de dépérir et s'en rend compte ce qui la brise encore plus jusqu'à l'arrivée d'un mystérieux photographe... ATTENTION SPOILERS !... Un passé resurgit, elle ne s'en souvient pas vraiment mais a bel et bien existé, si elle craque comme pour revenir à un passé plus heureux, le film prend le contre-pied attendu, et non elle ne part pas pour un homme, non elle ne trompe pas par amour ou désir, mais oui c'est le déclic dont elle avait besoin pour prendre son envol et son indépendance... FIN SPOILERS !... C'est à partir de là que le réalisateur est malin, plus judicieux que la plupart des films "adultérins". Le film reste un drame malgré l'espoir qui se dessine à la fin, mais on sait que l'espoir va être aussi un long chemin de croix ne serait-ce que pour les enfants. Le réalisateur choisit une mise en scène froide et discrète, à l'image de l'austérité de la demeure familiale sorte de mouroir qui tue à petit feu la famille. Mélanie Thierry confirme une fois de plus qu'elle est une des plus belles actrices de sa génération dans un rôle complexe et pleine de nuances. Un très beau drame.
Note :
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