Projet dernière chance

Projet dernière chance

Quand Rocky rencontre Grace

Alors qu’Hollywood se meurt après avoir fait semblant de survivre avec une production famélique tournant essentiellement autour de franchises Marvel ; ce film apporte un peu de lumière et nous rappelle tout ce qui nous a fait rêver dans le cinéma US de mon enfance et de mon adolescence. Et ici, c’est clair que tout une partie de film lorgne sur « E.T. » dont enfant j’étais sorti en larmes après avoir vu des enfants sortir les yeux rougis par l’émotion avant que  moi-même j’entre dans la salle.

Là, quelle est l’histoire ? Un gars se réveille dans un vaisseau spatial, ces deux co équipiers sont décédés lors du coma artificiel dans lequel ils ont été plongés. Il comprend aussi qu’il est aux confins de la galaxie ; mais pour y faire quoi, quelle est sa mission ?

Le film va à partir de ce moment-là conter deux histoires en parallèle. On va suivre Grace, joué par le gendre idéal mais néanmoins à la partition sans faille tant il fait le job pour ne pas tomber dans le pathos, poursuivre sa mission dans l’espace. J’ai nommé le talentueux Ryan Gosling. Et en parallèle, par la mémoire retrouvée progressivement par le bonhomme ; des flash backs vont nous permettre de comprendre comment et pourquoi il s’est retrouvé à des années-lumière de chez lui, la Terre. Les deux histoires sont donc montées en parallèle et une des deux mérite un film et est passionnante alors que l’autre aurait mérité d’être réduite à sa plus simple expression tant elle est guère intéressante ; et c’est bien la partie terrestre qui revêt le moins d’intérêt. A part un grand moment, le karaoké de Sandra Huller (mais que fait Sandra Huller dans un blockbuster US !?!?!) chantant « Sign of the times » de Harry Styles est un instant magique tant la chanson colle à ce moment précis de l’histoire ; une jolie trouvaille. Et l’œil de Huller fait naitre l’émotion.

Donc passons à la partie enthousiasmante de l’histoire ; la rencontre du 3ème type. Et oui, car il a beau ressembler à « Seul sur Mars » (tiré d’un roman du même auteur que ce film ci) ; il lorgne franchement du côté d’ « E.T. ». Parvenir à se hisser à ce niveau de comparaison, car c’est la référence ultime en extraterrestre gentil (Alien est son pendant en méchant) à part bien sur Alf, était une gageure ; et le challenge est gagné. Et pour réussir ce pari, à bat le numérique, Rocky l’extraterrestre copain, artiste et bricoleur, constitué de roche, parvient, sans visage et sans yeux, à nous émouvoir, sans doute parce qu'il est animé par un marionnettiste. Ça lui donne toute son humanité, alors que, chose intelligente, il n’a pas apparence humaine ; le défi était donc encore plus compliqué à relever. « E.T. » avec ses deux bras, deux jambes, deux grands yeux avait tout pour nous émouvoir : alors que les aliens ne nous ressemblent probablement pas.

Donc cette rencontre fait tout le sel du film. Chacun d’entre eux ont été envoyés loin de chez eux vers le seul soleil en vie de la galaxie pour sauver la leur. Et entre eux, au-delà de la coopération pour relever le même défi va se nouer une histoire d’amitié en laquelle on croit à 100%. Tout est éloge de l’amitié et de l’humanité pour parler des relations avec l’autre, ce qu’il faut sacrifier, ou garder, pour avancer ensemble. Leur relation est touchante.

Après avec ses plans souvent serrés, le film n’a pas l’ampleur visuel d’un « Interstellar » ; mais il partage avec celui-ci surtout dans la partie terrestre ce prêchi prêcha scientifique qui n’a guère d’intérêt et auxquels on ne comprend rien. Pas grave le récit avance sans encombre. Par contre là où « E.T. » parvenait à faire consensus familial ; ici, à vouloir attraper séparément enfants et adultes ; les deux parties du film ont du mal à s’emboiter et ne satisferont par tous les publics. Les enfants vont vite se retrouver perdu dans ce long film de 2h40.

Une belle histoire en mode feel good movie, humaniste ; et çà fait du bien en ce moment.

Sorti en 2026

Ma note: 14/20