Mauvaise Pioche (2026) de Gérard Jugnot

Nouveau long métrage de notre national Gérard Jugnot en tant que réalisateur après des classiques comme "Pinot Simple Flic" (1984), "Une Epoque Formidable" (1991), "Meilleur Espoir Féminin" (2000) ou "Monsieur Batignole" (2002), mais il faut avouer que ses plus gros échecs, autant artistiquement que commercialement restent ses trois derniers films, le navrant "Rose et Noir" (2009) suivi de "C'est Beau la Vie quand on y pense" (2017) et "Le Petit Piaf" (2021). Pour ce nouveau projet le cinéaste s'inspire du cas de Guy Joao, confondu par erreur en 2019 avec le fameux Xavier Dupont de Ligonnès (Tout savoir ICI !), Jugnot précisant : "L'histoire d'un homme ordinaire balancé dans l'extraordinaire qui va prendre sa revanche. J'ai trouvé que c'était un point de départ formidable pour une comédie." Réalisateur-scénariste-acteur Jugnot co-écrit son scénario avec Serge Lamadie qui a signé auparavant  son film "Tout Schuss"( 2016) et qui retrouve Jugnot après "Le Petit Piaf" (2022)  et "Comme par Magie" (2023) de Christophe Barratier, puis avec Frédéric Hazan qui a co-écrit les films "Bis" (2015) de et avec Dominique Farrugia et "Forte" (2020) de Katia Lewkowicz. Rappelons que l'affaire de Ligonnès avait ausi inspiré le savoureux "Les Pistolets en Plastique" (2024) de Jean-Christophe Meurisse... Arrêté par erreur et confondu avec l'homme le plus recherché de France, Serge Martin, paisible retraité, devient la cible des médias. Pris dans un tourbillon judiciaire qu'il ne maîtrise pas il va tout faire pour s'en sortir et prouver son innocence... 

Le retraité est incarné par Gérard Jugnot lui-même vu tout récemment dans "Les Enfants de la Résistance" (2026) de Christophe Barratier et "Marsupilami" (2026) de et avec Philippe Lacheau qu'il retrouve ainsi, devenu lui-même un invité de la bande à Fifi qu'il a déjà retrouvé sur plusieurs films depuis "Babysitting" (2014), il en profite pour inviter à son tour plusieurs des membres avec Reem Kherici et Charlotte Gabris qui ont donc déjà croisé leur réalisateur-partenaire plusieurs fois à l'instar ègalement de Philippe Duquesne ancien Deschiens qui est également un habitué de la bande à Fifi et qui était aussi dans "Rose et Noir" (2009)  et "Le Petit Piaf" (2021), puis Michèle Laroque qui retrouve Jugnot après  "Une Epoque Formidable" (1991), mais aussi la bande à Philippe Lacheau après "Alibi.Com" (2017) et "3 Jours Max" (2023) mais surtout elle retrouve pour la 8ème fois depuis "Tango" (1992) de Patrice Leconte un certain Thierry Lhermitte, membre du Spendid et donc ami de Jugnot qui reste celui qui a le plus tourné avec son ami pour (tout de même !) leur 30ème long métrage de fiction ensemble à l'affiche depuis leur début dans le film collectif "L'An 01" (1973) !  Citons encore Zabou Breitman vue récemment dans "Alter Ego" (2026) de Nicolas et Bruno et qui retrouve Jugnot également après le méconnu et sous-estimé "Le Beauf" (1986) de Yves Amoureux, Jean-Pierre Darroussin qui, rappelons-le, était la voix au téléphone  durant le réveillon dans "Le Père Noël est une Ordure" (1982) de Jean-Marie Poiré donc à la fois avec et sans ses partenaires Jugnot et Lhermitte, et vu récemment dans "Rapaces" (2025) de Peter Dourountzis, François Morel ex-deschiens également qui retrouve Jugnot après "Grosse Fatigue" (1994) de et avec Michel Blanc et "Faubourg 36" (2008) de Christophe Barratier, vu récemment dans "Finalement" (2024) de Claude Lelouch après lequel il retrouve François Bureloup qui retrouve lui aussi Jugnot après "Jumeaux mais pas Trop" (2022) de Olivier Ducray et Wilfried Meance et "On aurait dû aller en Grèce" (2024) de Nicolas Benamou... L'affaire à l'origine est fait les choux gras de nos commérages et l'humiliation des services de la Police/Gendarmerie et des médias ont été à un niveau sans doute jamais atteint. Jugnot s'y faufile avec jubilation dans une histoire forcément incroyable mais (presque) vraie. Les premières minutes sont un peu laborieuses, un peu fouilli et avec des facilités trop classiques pour nous réveiller mais l'histoire débute vraiment assez vite avec la douane italienne.

Le film se scinde en fait en trois parties assez distinctes, ce qui s'avère plutôt judicieux, amenant l'histoire à travers tout le prisme de cette affaire, le volet médiatique, judiciaire, mais aussi intime, amicale et pénitentiaire. Le scénario est bien construit, le récit bien écrit avec des rebondissements bien amenés et un panel de personnages bien croqués, plus ou moins savoureux. Et pourtant on ne rit pas beaucoup, pour ne pas dire pas du tout ! (une trentaine de spectateurs pas un rire de la séance). On sourit beaucoup, certains passages sont vraiment réussis, de la légèreté et de la fantaisie et de l'émotion un peu. En fait il n'y a que peu de gags réels et effectifs, il manque le côté punch et des dialogues mieux acérés. Néanmoins, Gérard Jugnot signe une comédie avec une petite dose pamphlétaire (sage) qui se moque doucement des médias, des ambitieux, des services de police mais avec tout ce qu'il faut de bons sentiments et d'empathie pour ne faire de mal à personne. Résultat un divertissement un peu trop inoffensif sans aucun doute mais loin d'être déplaisant. Un bon moment.

Note :                 

Mauvaise Pioche (2026) Gérard JugnotMauvaise Pioche (2026) Gérard Jugnot

12/20