Ce qu'il reste de nous

qu'il reste nousQui sème la violence récolte la tempête

Au travers 4 dates symbolisant 4 moments phare de l’histoire palestinienne ; ce sont bien 75 ans d’histoire qui sont balayés par ce film. Sur trois générations, on va suivre une famille palestinienne expulsée de Jaffa en 1948 pour laisser la place au nouvel Etat sioniste ; et suivre aussi la dureté de l’exil. De la Nakba, l’exil forcé du paradis, à l’éternel espoir d’un retour à la révolte ; ce film montre le trajet des palestiniens génération après génération. Pour ceux qui auraient encore des doutes sur le juste combat et les légitimes revendications de ce peuple, ce film très partisan et politique ne laisse pas de champ à une position tiède. Leur révolte est bel et bien légitime, le film le martèle ; peut-être trop fort, car ne proposant jamais le contrepoint israélien ; ceux-ci sont peu nombreux et toujours des salauds. La réalisatrice Cherien Dabis (la réalisatrice) a conté en promo sa première expérience palestinienne à 8 ans et elle se rapproche beaucoup d’une scène d’humiliation d’un père devant son fils par les soldats israéliens. Comment le peuple victime de la Shoah peu de temps avant ait réellement pu être aussi dur envers un autre peuple en position de faiblesse ? Pour bien comprendre le problème palestinien, on ne peut cependant se contenter de l’émotion, de l’empathie et de l’admiration ressentie pour cette famille au cœur du film. La réalisatrice vient de la série et elle ne parvient à s’en départir aussi bien dans sa narration quelque fois pauvre, dans sa mise en scène très académique et dans son montage simpliste. L’objectif est trop souvent de vouloir livrer un film romanesque. Heureusement que le dernière heure et l’histoire de Noor sur les 2h30 de film éclaire son contenu d’une réflexion intéressante. Cette longue séquence présente deux des trois scènes les plus fortes du film : un entretien avec un imam d’une intelligence et d’une humanité rare (loin du piètre entretien avec l’imam dans « La petite dernière » pourtant encensé) et la rencontre avec un greffé. Cette partie pose des questions profondes sur notre humanité. Et dans la première partie du film, il y a la scène d’humiliation d’un père devant son fils qui montre au combien les oppresseurs sèment les graines de la violence qui va se retourner contre eux plus tard. Et oui, Noor est né dans ce état de fait, d’une Palestine occupée. Cette génération n’éprouve pas la nostalgie de leurs ainés pour ce paradis perdu, mais une colère cristallisée par la violence subie et le spectacle de leurs parents et grands-parents maltraités. Le film ne nous épargne rien : spoliation des maisons et des terres, exode, arrachement, humiliations, violence, privation de libertés et d’accès à l’enseignement,…

Un film militant fort utile, mais trop longtemps réduit à sa forme romanesque et politique pour aboutir enfin à une dernière heure qui vaut au film d’être vu pour d’autres raisons que le plaisir de voir une saga familiale tragique.

Sorti en 2026

Ma note: 12/20