La caravane de feu (1967) de Burt Kennedy

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Spécialiste du western et un des derniers représentant du western classique issu de l'Âge d'Or avec entre autre "A l'Ouest du Montana" (1964), "Le Retour des Sept" (1966) ou "Frontière en Flammes" (1967) Burt Kennedy signe presque logiquement un énième western mais cette fois et pour sa première fois en ayant en tête d'affiches deux des plus grandes stars de l'Âge d'Or, deux icônes du western alors en léger déclin. Pour cette nouvelle aventure le réalisateur porte à l'écran une adaptation du roman "Badman" (1958) de Clair Huffaker qui signe lui-même le scénario. Cet auteur a déjà signé plusieurs scénarios de westerns, "Les Rôdeurs de la Plaine" (1960) de Don Siegel et "Rio Conchos" (1964) de Gordon Douglas d'après ses romans, mais aussi des histoires originales avec "Les Comancheros" (1961) de Michael Curtiz ou plus tard "Les 100 Fusils" (1969) de Tom Gries... Taw Jackson sort tout juste de prison et revient dans sa ville où Pierce s'est approprié son ranch et est devenu le maître de la ville. Jackson a bien l'intention de se venger en lui volant son or. Il réunit alors une petite équipe, dont Lomax qui n'est autre que le tueur à gages qui avait été engagé par Pierce pour le mettre hors d'état de nuire plusieurs années auparavant...

Taw Jackson est incarné par John Wayne monstre sacré du western avec les chefs d'oeuvres de John Ford dont "La Chevauchée Fantastique" (1939), "La Prisonnière du Désert" (1956) ou "L'Homme qui tua Liberty Valance" (1962), qui retrouvera Burt Kennedy pour "Les Voleurs de Trains" (1973) et surtout qui retrouve juste après "Première Victoire" (1965) de Otto Preminger et "L'Ombre d'un Géant" (1966) de Melville Shavelson son partenaire Kirk Douglas alias Lomax et non moins star du genre avec entre autre "L'Homme qui n'a pas d'Etoile" (1955) de King Vidor ou "Règlements de Compte à OK Corral" (1957) de John Sturges. Wayne retrouve plusieurs acteurs dont l'antagoniste Bruce Cabot remarqué dans "King Kong" (1933) de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack et surtout vu dans une dizaine de films avec John Wayne de "L'Ange et le Mauvais Garçon" (1947) de James Edward Grant à "Big Jake" (1971) de George Sherman, à l'instar de Frank McGrath qui tourne là son 7ème film avec the Duke depuis "Les Sacrifiés" (1945), Chuck Roberson qui est surtout aussi la doublure de la star sur pas moins 31 films entre  "L'Ange et le Mauvais Garçon" (1947) et "Le Dernier des Géants" (1976) de Don Siegel, Terry Wilson qui était dans "La Prisonnière du Désert" (1956), Hal Needham aperçu auprès de Wayne dans "McLintock !" (1963) et "Les Géants de l'Ouest" (1969) tous deux de Andrew V. McLaglen et futur réalisateur lui-même ce qui va lui permettre de retrouver aussi Kirk Douglas pour "Cactus Jack" (1979), et enfin n'oublions pas Bruce Dern qui retrouvera le trio Kennedy-Wayne-Douglas respectivement dans "Ne Tirez pas sur le Shérif" (1969), "Les Cowboys" (1972) de Mark Rydell et "La Brigade du Texas" (1975). Citons ensuite Howard Keel vu dans les westerns "Au-Delà du Missouri" (1951) de William A. Wellman ou "Vaquero" (1953) de John Farrow et retrouve après "Embrasse-Moi Chérie" (1953) de George Sidney son partenaire Keenan Wynn vu dans "La Soif du Mal" (1958) de et avec Orson Welles, "Docteur Folamour" (1964) de Stanley Kubrick ou "Le Point de Non-Retour" (1967) de John Boorman, Robert Walker Jr. remarqué dans "Un Homme doit Mourir" (1963) de George Seaton, vu ensuite dans "Easy Rider" (1969) de et avec Dennis Hopper et retrouvant Burt Kennedy pour "La Vengeance d'un Shérif" (1969), Joanna Barnesapparue dans "Spartacus" (1960) de Stanley Kubrick ou "La Fiancée de Papa" (1961) de David Swift, Gene Evans qui retrouve Kirk Douglas entre "Le Gouffre aux Chimères" (1951) de Billy Wilder et "Le Reptile" (1970) de J.L. Mankiewicz avant de retrouver son réalisateur Burt Kennedy pour "Ne Tirez pas sur le Shérif" (1969) et "Tueur Malgré Lui" (1971), Sheb Wooley second rôle dans les classiques du genre "Le Train sifflera Trois Fois" (1952) de Fred Zinnemann, "Johnny Guitare" (1954) de Nicholas Ray ou  "L'Homme qui n'a pas d'Etoile" (1955) retrouvant ainsi Kirk Douglas, puis enfin Emilio Fernandez d'abord réalisateur notamment de "L'Ouragan" (1943) ou "La Perle" (1947) avant de faire l'acteur dans "La Nuit de l'Iguane" (1964) de John Huston ou en retrouvant Burt Kennedy pour "Le Retour des Sept" (1966)... Ce western est doté surtout d'un gros défaut et d'une grande qualité. Le gros défaut est que ce western paraît anachronique tant il est composé d'un cahier des charges du western classique des années 40-50 dans une décennie où le spaghetti et le western crépusculaire est désormais roi, il fait ainsi pâle figure entre, par exemple, "Le Bon la Brute et le Truand" (1966) et "Il était une Fois dans l'Ouest" (1968) tous deux de Sergio Leone alors qu'il ferait au contraire très bonne figure en 1950. La grande qualité est évidemment son casting et surtout son face à face entre John Wayne et Kirk Douglas.

Burt Kennedy reste ancré dans un style presque suranné, qui a son charme évidemment surtout bien servi par deux monstres sacrés qui débute alors (quasiment) leur dernière décennie. La première partie est un peu longuette, accumulant les rebondissements plutôt convenus d'une intrigue au canevas qui a fait ses preuves maintes fois. Certains passages rappellent qu'il y avaient encore des relents plus ou moins gênants comme la place de la femme ou le racisme dont on remarquera surtout la caricature du peau-rouge et les deux dames du plaisir asiatiques. Et déjà en 1967 ces clichés sont déjà dépassés. Néanmoins, l'aventure reste efficace, avec des personnages bien croqués et surtout bien interprétés, un face à face savoureux qui tient ses promesse et surtout une seconde partie qui est d'un bien meilleur niveau. Quand l'attaque du fourgon est lancée le récit devient plus rythmé, plus haletant et une fin réussie et bien amenée. Rien de génial donc mais un western à l'ancienne qui fait le job.

Note : 

14/20